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Cameroun : 75% des PME disparaissent avant 5 ans

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Le ministère des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Économie Sociale et de l’Artisanat (Minpmeesa) affiche une expansion continue du tissu entrepreneurial. Avec plus de 472 000 PME actives recensées dans son dernier annuaire statistique. Un dynamisme apparent qui, cache une fragilité structurelle profonde.

Selon une récente étude du Centre d’analyse et de recherche sur les politiques économiques et sociales du Cameroun (Camercap), 75% des TPE et PME camerounaises ferment avant leur cinquième anniversaire.

Le Cameroun possède une dynamique de création d’entreprises indéniable. Porté par le secteur informel, l’auto-emploi et les réformes administratives de facilitation.

Le compteur du Minpmeesa ne cesse de grimper. Qu’il s’agisse de l’agrobusiness, du commerce de détail ou des services numériques. L’initiative privée s’impose comme le principal moteur d’activité du pays.

Pourtant, si la naissance d’une structure est devenue plus accessible. Sa survie à moyen terme relève du miracle. Les conclusions issues des travaux du Camercap mettent en lumière une hécatombe silencieuse.

Trois entreprises sur quatre s’effondrent avant d’atteindre 5 ans d’existence. Ce taux de mortalité de 75% interroge directement la viabilité de l’environnement des affaires et la solidité des structures d’accompagnement.

Les verrous structurels de la « malédiction des 5 ans »

Pour les analystes économiques. Cette vulnérabilité précoce n’est pas le fruit du hasard. Elle résulte de la combinaison de trois facteurs bloquants bien identifiés sur le plan macro-économique.

Forum des PME du Gecam: la problématique du financement au coeur des débats

Le pari risqué de la transition fiscale est l’un des principaux points d’achoppement pour les jeunes promoteurs. Après une phase initiale souvent caractérisée par des régimes de faveur. Ou une tolérance administrative, le passage au régime fiscal de droit commun s’avère brutal.

Face à une pression fiscale globale jugée lourde par les groupements patronaux. Et à la multiplicité des contrôles administratifs. La trésorerie des jeunes entreprises souvent non consolidée, se retrouve immédiatement asphyxiée.

L’obstacle du financement bancaire et de l’accès au crédit est également un obstacle majeur. Ce paradoxe financier camerounais reste entier. Bien que le système bancaire national affiche régulièrement de fortes surliquidités. L’accès au crédit pour les petites structures demeure marginal.

Moins de 15% bénéficient directement aux PME

Moins de 15 % des concours bancaires de la place bénéficient directement aux PME. Alors que celles-ci représentent la quasi-totalité du tissu économique formel.

Les exigences en matière de garanties réelles (titres fonciers, hypothèques). Excluent d’office la majorité des jeunes entrepreneurs. Faute de capital-risque développé, les promoteurs se rabattent sur les fonds propres ou les tontines. Des mécanismes limités qui ne permettent pas de financer des investissements d’envergure. Ni de soutenir des phases de croissance critique.

Le déficit d’infrastructures constitut également un facteur d’alourdissement des coûts. Une PME camerounaise doit assumer des coûts de fonctionnement structurellement plus élevés. Que la moyenne pour compenser les défaillances de son environnement.

Les ruptures de la chaîne d’approvisionnement électrique. L’instabilité de la connexion internet. Les difficultés d’accès à l’eau potable dans les zones d’activité. Et l’état du réseau routier pèsent lourdement sur les bilans financiers.

Pour rester compétitives. De nombreuses structures doivent investir de manière précoce dans des groupes électrogènes. Des multiples sources de connexion ou des forages. Grevant ainsi leur rentabilité initiale.

WorKUp Cameroun 2026 : Le Cameroun à son sommet de l’emploi

Un défi majeur pour la stratégie d’import-substitution (SND30)

Cette fragilité du maillon intermédiaire de l’économie camerounaise constitue un défi direct. Pour les ambitions de développement du pays.

La Stratégie Nationale de Développement (SND30), qui met un accent particulier sur la transformation locale et la réduction de la dépendance aux importations. Repose intrinsèquement sur la capacité des PME à densifier le tissu industriel national.

Si les entreprises locales meurent au berceau. La substitution des produits importés par une offre locale compétitive restera difficile à pérenniser.

L’enjeu ne se situe plus au niveau des formalités d’enregistrement. Ou de la simplification des procédures au sein des Centres de Formalités de Création d’Entreprises (CFCE). Mais bien dans le suivi et le soutien post-création.

Pour inverser la courbe de mortalité établie par le Camercap. Les acteurs économiques plaident pour une accélération des réformes d’accompagnement. Notamment l’opérationnalisation complète des mécanismes de garantie publique.  Les incitations fiscales progressives étalées sur les cinq premières années. Et intégration effective des PME locales dans la commande publique.

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