La mission lunaire Artémis II franchit une étape décisive. Le 7 avril 2026, les quatre astronautes à bord ont battu le record absolu de distance jamais atteint par des êtres humains, avant d’entamer une phase d’observation rapprochée de la Lune. Christina Koch, Victor Glover, Reid Wiseman et Jeremy Hansen inscrivent leurs noms dans l’histoire de l’exploration spatiale.
La mission lunaire Artémis II bat le record absolu de distance
Lundi 7 avril 2026, l’équipage d’Artémis II a dépassé les 400 171 kilomètres parcourus par Apollo 13 en 1970. Ce record vieux de plus d’un demi-siècle est tombé devant quatre hommes et femmes qui ont mesuré l’événement en direct depuis leur vaisseau.
Le Canadien Jeremy Hansen a pris la parole au moment de ce dépassement. « Nous choisissons ce moment pour lancer un défi à notre génération et à la suivante », a-t-il déclaré, avant d’ajouter que ce record devait être « de courte durée ».
L’équipage a également formulé une demande symbolique : nommer deux cratères lunaires. Le premier porterait le nom de leur vaisseau, baptisé « Integrity » — que l’on traduit par « intégrité ». Le second rendrait hommage à Carroll Taylor Wiseman, l’épouse décédée du commandant Reid Wiseman. Cette annonce a ému l’ensemble de l’équipage aux larmes.
La journée avait débuté sur une note tout aussi chargée. Les quatre astronautes ont reçu au réveil un message enregistré de Jim Lovell, pionnier d’Apollo 8 et d’Apollo 13, décédé en 2025. « N’oubliez pas de profiter de la vue », leur avait-il confié dans cet ultime enregistrement.
Un survol de la Lune à 6 500 kilomètres d’altitude
Après le record de distance, la mission lunaire Artémis II a entamé sa phase d’observation rapprochée de la Lune. Le vaisseau se situe à environ 6 500 kilomètres de la surface au point le plus proche. À cette altitude, la Lune leur apparaît visuellement comme un ballon de basket tenu à bout de bras.
Cette distance contraste fortement avec celle des missions Apollo. Les équipages des années 1968 à 1972 passaient à environ 110 kilomètres du sol lunaire. L’équipage d’Artémis II évolue donc bien plus haut, ce qui lui offre un panorama inaccessible à leurs prédécesseurs.
Si les astronautes d’Apollo avaient survolé la face cachée de la Lune, leur faible altitude ne leur en permettait qu’une vision partielle. L’équipage actuel distingue des régions entières que l’Homme n’a jamais directement observées.
La phase d’observation dure en tout près de sept heures. La Nasa a installé des caméras GoPro à l’extérieur du vaisseau et retransmet l’événement en direct sur Netflix et YouTube. À 18 h 45 GMT, plus de 703 000 internautes suivaient la mission sur YouTube.
Vers 22 h 44 GMT, le vaisseau a basculé derrière la Lune, hors de portée des signaux terrestres, coupant tout contact pendant quarante minutes. Ce silence a été suivi d’un coucher de Terre, d’un lever de Terre, puis d’une éclipse du Soleil par la Lune. La Nasa espère capturer et diffuser ces séquences.
Artémis II ouvre une nouvelle ère après les missions Apollo
Le programme Apollo n’avait embarqué que des hommes blancs américains. La mission lunaire Artémis II marque une rupture nette avec cet héritage. Une femme survole la Lune pour la première fois. Un astronaute noir accomplit cette mission inédite. Un non-Américain participe, lui aussi pour la première fois, à un survol lunaire habité.
Christina Koch entre dans les livres d’histoire comme la première femme à franchir cette étape. Victor Glover devient le premier astronaute noir à prendre part à une mission lunaire. Jeremy Hansen, citoyen canadien, est le premier non-Américain à accomplir ce voyage.
Les quatre membres de l’équipage se sont préparés pendant plus de deux ans. Cet entraînement incluait la reconnaissance de formations géologiques lunaires et leur description précise à destination des scientifiques sur Terre. Reliefs, couleurs et structures observés depuis le vaisseau alimentent directement la recherche spatiale.
Des astronautes saisis par le spectacle lunaire
Les descriptions transmises depuis la mission lunaire Artémis II frappent par leur précision et leur vivacité. Christina Koch a relevé « tous ces cratères récents qui sont vraiment brillants », une observation qu’elle dit n’avoir jamais faite sur des photographies. Elle a complété cette description : « On dirait un abat-jour percé de minuscules trous par lesquels la lumière passe. »
Victor Glover n’a pas dissimulé son émerveillement. « Waow, j’aimerais avoir un peu plus de temps pour rester assis ici et décrire ce que je vois », a-t-il dit. Glover a ensuite observé le pôle Sud lunaire, région que l’Homme n’a jamais foulée. Il y distinguait « des dénivelés assez importants » et ce qui lui apparaissait comme « une paroi très haute ou un canyon très profond juste à l’ouest ».
Jeremy Hansen a signalé des ombres vertes et marron à la surface de la Lune. Ces relevés visuels pourraient aider les scientifiques à mieux comprendre la géologie et l’histoire de l’astre.
Vers un alunissage prévu en 2028
La mission lunaire Artémis II s’inscrit dans un calendrier progressif. Si cette mission et la suivante — attendue en 2027 — se déroulent sans incident, la Nasa prévoit de faire alunir des astronautes sur la Lune en 2028.
L’agence spatiale américaine ambitionne également de construire une base au pôle Sud lunaire dans les prochaines années. Cette région, directement observée lors du survol par Glover, présente des reliefs qui suscitent un intérêt scientifique particulier.
Depuis l’espace, Hansen a lancé un appel à la jeunesse mondiale. Son défi : dépasser les records que son équipage vient d’établir. Le message de Jim Lovell, enregistré avant sa mort, résonnait ce jour-là comme un passage de relais entre deux générations d’explorateurs.
Source : Agence France-Presse
















