Selon des informations publiées par Jeune Afrique, les luttes d’influence autour de la Direction générale de la recherche extérieure révèlent les fractures grandissantes du pouvoir à Etoudi. Le directeur de la DGRE, Jean-Pierre Robins Ghoumo, apparaît désormais fragilisé face aux manœuvres du clan proche de Franck Biya.
La Direction générale de la recherche extérieure (DGRE) traverse une nouvelle zone de turbulence. À peine installé à la tête des renseignements camerounais, Jean-Pierre Robins Ghoumo doit déjà faire face à de fortes contestations au sommet de l’État. Nommé fin 2023 après l’arrestation de Léopold Maxime Eko Eko dans l’affaire Martinez Zogo, l’actuel patron de la DGRE peine encore à asseoir son autorité. En interne, plusieurs cadres restent loyaux à son prédécesseur et critiquent ouvertement sa gestion. Mais la pression la plus sensible viendrait désormais du premier cercle présidentiel.
D’après Jeune Afrique, Franck Biya aurait adressé une note au chef de l’État dès le mois de février afin de réclamer le départ de Jean-Pierre Robins Ghoumo. Dans ce document, le fils du président proposerait également un remplaçant : le colonel à la retraite Joël Émile Bamkoui, ancien responsable de la Sécurité militaire.
Fortes tensions au palais d’Etoudi
Cette offensive s’expliquerait par les liens supposés entre le directeur de la DGRE et Ferdinand Ngoh Ngoh, secrétaire général de la présidence. Franck Biya considérerait en effet que les rapports des services de renseignement transitent principalement par ce dernier avant d’arriver au président Paul Biya. Une situation qui nourrirait de fortes tensions au palais d’Etoudi.
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Le climat s’est encore durci avec les nombreuses fuites relayées dans certains médias et sur les réseaux sociaux de la diaspora. L’entourage de Franck Biya accuse les services de ne pas protéger suffisamment les informations sensibles concernant sa vie privée et ses activités politiques.
Par ailleurs, les spéculations autour d’un éventuel poste de vice-président de la République alimentent davantage les rivalités de clans. Franck Biya est régulièrement cité pour cette fonction, malgré les réserves attribuées au camp de Chantal Biya.
Pour l’heure, Paul Biya semble privilégier l’équilibre. Le chef de l’État n’aurait pas cédé aux demandes de remplacement visant Jean-Pierre Robins Ghoumo. Toutefois, toujours selon Jeune Afrique, il solliciterait davantage les services de renseignement américains afin de renforcer certains dispositifs sécuritaires.
Dans le même temps, la sécurité autour de la résidence de Franck Biya aurait été renforcée. Le fils du président poursuivrait aussi la consolidation de ses réseaux d’influence, avec le soutien de plusieurs personnalités politiques et administratives proches du pouvoir.
















