L’affaire Redhac joue les prolongations. Pour la énième fois, le représentant de l’Etat, pourtant plaignant, ne s’est pas présenté au tribunal lundi. Ce alors qu’il annonce depuis quelques mois ses réquisitions. La cause renvoyée au 7 septembre prochain.
Les deux principales responsables du Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale étaient à nouveau devant la barre. C’était le lundi 6 juillet 2026. Alice Nkom et Maximilienne Ngo Mbe, respectivement présidente du Conseil d’administration et directrice exécutive du Redhac, étaient accompagnées par le collectif des avocats commis pour leur défense.
Absence du préfet du Wouri
Me Fabien Kengne a dénoncé la énième absence du préfet du Wouri et du ministère public, pourtant constitués comme plaignants dans cette affaire. C’est depuis plusieurs mois que le représentant de l’Etat du Cameroun a annoncé vouloir présenter ses réquisitions.
Depuis lors, ni le parquet, ni le préfet du Wouri et encore moins son représentant, n’ont été aperçus dans la salle des audiences du tribunal de première instance de Douala Bonanjo, où se tiennent les audiences de ce procès. Une absence interprétée par la partie défenderesse comme synonyme de l’absence de preuves des poursuites. Et donc, de procédure vide.
« Nous avons toujours brillé par notre présence ainsi que celle de nos clients. Il se trouve que le ministère public n’a pas suffisamment de moyens, je suppose, pour soutenir son accusation », a déclaré maître Fabien Kengne.
Prochaine audience le 7 septembre
Sa consœur Clémence Mafetgo, elle aussi membre du Collectif de la défense, formule les mêmes récriminations. « Nous ne savons pas si ce représentant (du ministère public, Ndlr) avait vent de ce que l’affaire n’allait pas être retenue. Et, de façon subite et bizarre, ils sont obligés de repartir », s’offusque la femme en robe noire.
Elle espère que le ministère public brisera enfin ce cycle d’absences en se présentant au Tpi le 07 septembre 2026, date de la prochaine audience.
Alice Nkom et Maximilienne Ngo Mbe comparaissaient dans le cadre du procès qui les oppose au préfet du Wouri et au ministère public. Les deux femmes sont accusées de bris de scellés. L’affaire remonte à fin 2024. Soit quelques mois avant la convocation du corps électoral en vue des élections présidentielles du 12 octobre 2025 au Cameroun.
Financements non déclarés
Le ministre de l’Administration territoriale était alors monté au créneau pour dénoncer des financements non déclarés obtenus par le Redhac. Paul Atanga Nji soupçonnait l’organisation de la société civile d’utiliser ces ressources financières à d’autres fins.
Comme pour le financement des activités de déstabilisation de l’Etat par exemple. C’est dans ce contexte que le Minat avait ordonné la pose de scellés au siège du Redhac. Mais l’organisation de défense des droits humains en Afrique centrale ne s’était pas laissé conter.
Alice Nkom avait procédé au bris desdits scellés sans attendre l’autorisation préalable des autorités. Ce qui avait été perçu par celles-ci comme une défiance. Entre-temps, les scellés ont été levés après la tenue de l’élection présidentielle. Mais le procès se poursuit.












