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Cancer du col de l’utérus : 1 000  femmes se dépistent

Une campagne gratuite de dépistage du cancer du col de l’utérus a été organisée du jeudi 25 au samedi 27 juin 2026. Par l’Hôpital Général de Douala. Une activité menée par le service gynécologie.

Des centaines de femmes ont répondu présentes à ce rendez-vous. Elles ont couru pour connaitre, chacune leur état de santé. Ainsi donc, deux grandes bâches installées ont accueilli ces femmes. Jeunes et adultes.

Nombre important des femmes

Le jeudi 25 juin, première journée, les chiffres donnaient 250 noms enregistrés autour de 10 h 30. «Cette affluence nous a obligés à limiter ce nombre pour mieux servir. Là on a arrêté les enregistrements pour aujourd’hui », nous informe la major en second dudit service.

Une participation massive qui ne surprend guère. « Il faut noter que l’année dernière, on a dépisté environ 600 femmes. Et cette année, nous comptons faire plus que ça », va déclarer le Dr Watchung.

Autres raisons évoquées pour justifier le nombre important des femmes venues faire le dépistage. C’est le message lancé depuis l’année dernière. «Nous n’avons cessé de dire  aux femmes que le cancer du col est totalement évitable. C’est-à-dire qu’on veut que la population s’habitue à cet exercice de se faire dépister ».

« Parce que quand on se fait dépister, on trouve les lésions précancéreuses qu’on peut traiter et après le traitement. On est guéri et on n’aura jamais le cancer du col. Et donc on voit que le message passe ».

Beaucoup de femmes sont arrivées

« C’est pour ça que depuis à peu près 6 ans, on s’attèle à faire cette campagne-là tous les ans. Et on espère qu’au fur et à mesure le message passe. La raison pour laquelle vous avez beaucoup de femmes qui sont arrivées depuis 6 heures, on a même dû bloquer. Depuis à peu près une heure de temps, on a déjà bloqué à la guérite. Et les femmes viennent un peu de partout », a laissé entendre le Pr Charlotte Tchente.

Berthe a été renvoyée au jour suivant, « je suis venue me faire consulter. Mais on ne donne plus les numéros. On me demande de revenir plus tard demain. J’ai essayé de forcer. Je n’ai pas pu. Je vais seulement faire un effort supplémentaire pour revenir demain », va nous raconter la jeune dame.

Céline Mapa a été enregistrée. « On nous a expliqué qu’il y a une campagne qui commence jeudi et se termine samedi. Raison pour laquelle j’ai trouvé mieux de venir me faire dépister. Parce qu’on ne sait jamais. Je n’ai pas peur ».

La recherche du human papillomavirus

« Plus on se fait dépister à temps, plus on a aussi plusieurs chances de te faire soigner. Je conseillerai à toutes les femmes de toujours se faire dépister à temps. Parce qu’on ne sait jamais. Tout bien portant est un malade qui s’ignore. Et on ne nous a rien demandé, rien du tout », dit-elle.

Et à chaque campagne sa spécificité : « L’année dernière, on s’est limité à faire des frottis cervico-utérins, qui est une autre forme de dépistage. Mais cette année exclusivement, on ne fera que des tests de HPV. C’est-à-dire la recherche du human papillomavirus, qui est le virus responsable de ce cancer. Il faut noter que c’est un cancer qui est sexuellement transmissible. Donc il peut être totalement évité », va encore expliquer le Dr Watchung K.

1 066 femmes enrôlées

Sur les lieux, trois tables accueillent à tour de rôle les femmes qu’on fait venir par ordre. Et qui par la suite vont faire des examens appropriés. D’autres attendent sous les bâches suivant les conseils du Pr. Tchente Nguefack, gynécologue-obstétricienne.

Le médecin est resté très proche des femmes. Un grand moment de partage, pour  leur permettre de mieux comprendre les facteurs de risque. Les moyens de prévention, l’importance du dépistage régulier. Et le rôle essentiel de la vaccination contre le papillomavirus humain (HPV).

consultations en toute gratuité

Au terme de trois jours de consultations en toute gratuité, les statistiques parlent d’elles-mêmes :1 066 femmes enrôlées. 996 femmes enregistrées et prises en charge. 950 tests d’anémie réalisés.

Environ 500 tests HPV effectués (en attente de confirmation définitive du laboratoire). 33 cas de lésions mammaires détectés sur 894 examens mammaires documentés. 62 anomalies et lésions cervicales visibles au spéculum identifiées et orientées pour une prise en charge appropriée.

« Prévenir aujourd’hui pour protéger demain »

Alors, la détection de plusieurs cas nécessitant un suivi médical illustre l’importance de telles campagnes. Dans la lutte contre les cancers féminins. Alors, chaque examen réalisé, représente une opportunité de diagnostic précoce. De prise en charge rapide et, potentiellement, une vie sauvée.

Ladite campagne s’est achevée par un message répété. Les médecins soutiennent  que, «le cancer du col de l’utérus peut être prévenu. Et traité efficacement lorsqu’il est détecté à temps. Le dépistage régulier reste l’un des gestes les plus importants pour préserver la santé des femmes ». Et que, « prévenir aujourd’hui pour protéger demain »,  pour indiquer le chemin à suivre.

Et il faut bien le préciser, cette opération de santé publique a bénéficié de l’accompagnement des partenaires. Notamment Innotech International, MacLeods et Pierre Fabre pour le succès de cette initiative.

Pr. Charlotte Tchente Nguefack

Pr. Charlotte Tchente Nguefack

« Le cancer, c’est des cellules d’un organe qui, à un moment donné, commencent à se multiplier de manière désordonnée »

 Le Pr. Charlotte Tchente Nguefack est agrégée de gynécologie-obstétrique en service à l’Hôpital général de Douala. C’est le chef du service gynécologie à ladite formation. Nous l’avons approchée pour mieux comprendre le mal et avoir une idée sur la prise en charge.  

Vous êtes toujours en campagne pour sensibiliser les femmes contre le cancer du col de l’utérus. Alors, qu’est-ce que vous allez encore leur dire aujourd’hui?

Ce que je vais  leur dire aujourd’hui, c’est que le cancer du col est totalement évitable. C’est-à-dire qu’on veut que la population s’habitue à cet exercice de se faire dépister. Parce que quand on se fait dépister, on trouve les lésions précancéreuses qu’on peut traiter. Et après le traitement, on est guéri et on n’aura jamais le cancer du col.

Donc c’est la chance d’avoir une pathologie comme ça qu’on maîtrise et on veut que le message passe. C’est pour ça que depuis à peu près 6 ans, on s’attèle à faire cette campagne-là tous les ans et on espère qu’au fur et à mesure le message passe.

C’est tout le plaisir de l’Hôpital Général avec son top management. Qui ne s’attèle pas seulement à faire les traitements des maladies. Mais surtout à prévenir pour avoir une population camerounaise en bonne santé.

Est-ce qu’on peut guérir du cancer du col de l’utérus?

Bien évidemment, on peut guérir de n’importe quel cancer. Tout est dans le moment du diagnostic. Lorsqu’un cancer est diagnostiqué tôt, pour la plupart, on peut guérir. Et donc pour dépister tôt, pour diagnostiquer tôt, il faut aussi aller chercher. Parce qu’il y a des femmes ici, probablement quand on va aller les examiner. On va voir qu’il y a peut-être un petit cancer qui a déjà commencé et qu’elle n’était pas au courant.

Et là, ça leur donne aussi la chance de guérir parce que quand c’est dépisté tôt. Le cancer, c’est des cellules d’un organe qui, à un moment donné, commencent à se multiplier de manière désordonnée. Et acquiert les capacités de quitter là où ils ont commencé pour aller attaquer les organes à distance. Dès le début, ce n’est pas comme ça. Au début, c’est d’abord local.

Et donc si on trouve le cancer, quand il est en train de démarrer son processus. On sait traiter l’organe et puis c’est bon. S’il n’y a pas de métastase à distance, le malade a 100% de chance de guérir. Maintenant, lorsqu’il existe déjà des métastases, on peut aussi guérir certaines métastases.

Jusque-là, la proportion de guérir est toujours présente. Et dans tous les cas, on peut guérir du cancer du col, on peut guérir du cancer du sein. On peut guérir de la plupart des cancers.

Professeure, avec autant de femmes que nous en voyons. Comment êtes-vous organisés pour prendre tout ce monde en charge?

C’est très facile parce que toutes les femmes qui sont là ne sont pas malades. La majorité, peut-être à la fin, va se retrouver avec 10-15 % qui ont des lésions qu’on va traiter. Ça devient aisé, donc on dépiste celles qui ont des anomalies.

On leur donne maintenant le rendez-vous pour une prise en charge. Et ce n’est pas tout le monde qui est là qui a des anomalies. En général, la fréquence des lésions précancéreuses, on tourne autour de 7-10 %, maximum 15 %, donc ça va.

Et l’Hôpital général a mis des mécanismes pour réduire les coûts après ces consultations?

Pour cette campagne, c’est totalement gratuit, c’est-à-dire que le top management a encore mieux fait. Alors, habituellement, on fait les frottis du col. Mais cette fois-ci, on va faire une campagne par une méthode. Un dépistage par une méthode qui est encore plus sensible, qui est le test HPV, Human Papillomavirus. Qui est ce virus-là même qui cause le cancer du col.

Donc, lorsqu’on valide, une fois qu’on l’identifie, à ce moment-là, on suit. C’est un test qui coûte dans les 35-60 000 Fcfa en ville. Mais les patients l’auront gratuitement ce matin et durant les 3 jours que va durer la campagne. Maintenant, lorsque l’anomalie, lorsqu’on trouve une lésion, oui, effectivement, la prise en charge du cancer. D’une manière globale, bénéficie d’une certaine réduction ici à l’hôpital général.

Par exemple, dans les bilans, dans les examens, si une numération coûte peut-être 10 000 Fcfa. Le malade cancéreux paye entre 7 et 8 000, si mes souvenirs sont exacts. Donc, il y a une réduction des coûts. Quand on les dépiste, on va les soigner. Et dans leur prise en charge, il y a une réduction des coûts.

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