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Artémis 2 face cachée : pour la première fois, des humains contemplent l’hémisphère invisible de la Lune

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Artémis 2 face cachée de la Lune : les quatre astronautes du vaisseau Orion ont observé dimanche des reliefs lunaires qu’aucun être humain n’avait jamais vus directement depuis l’espace. La mission de la Nasa a atteint les deux tiers de son trajet. Elle doit effectuer son survol de la Lune lundi, une première en plus d’un demi-siècle.

Artémis 2 face cachée : une observation sans précédent dans l’histoire spatiale

La mission Artémis 2 a franchi dimanche un cap historique dans l’exploration humaine. Les quatre astronautes à bord du vaisseau Orion ont contemplé directement l’hémisphère lunaire en permanence opposé à la Terre. Avant ce dimanche, aucun être humain n’avait posé les yeux sur ces reliefs depuis l’espace.

« Nous avons pu voir pour la première fois la face cachée de la Lune et c’était tout simplement spectaculaire », a déclaré l’astronaute américaine Christina Koch lors d’une interview télévisée depuis Orion. L’astre leur est apparu « différent » de celui qu’ils connaissent depuis la Terre. La Lune visible depuis le hublot ne ressemblait pas à celle que l’humanité observe chaque nuit.

L’équipage a sorti ses données de repérage lunaire pour identifier ce qu’il voyait. Koch a décrit le moment : « Nous avons fait correspondre les images et nous nous sommes dit : voilà la face cachée. C’est quelque chose que nous n’avons jamais vu auparavant. »

Une formation géologique a particulièrement retenu l’attention de l’astronaute : un cratère « parfois surnommé le Grand Canyon de la Lune ». « Aucun œil humain n’avait vraiment vu ce cratère jusqu’à aujourd’hui, quand nous avons eu le privilège de le voir », a-t-elle précisé lors d’un échange vidéo organisé dimanche par l’Agence spatiale canadienne. Koch a confirmé que l’équipage entend partager davantage d’images lors du survol de lundi.

John Honeycutt, haut responsable de la Nasa, a mesuré la portée de la journée lors d’une conférence de presse depuis Houston. L’équipage a « immortalisé des reliefs lunaires que l’œil humain n’avait jamais vus jusqu’à hier ». Seules des images prises par des robots avaient jusqu’ici documenté cette région de la Lune.

À 6 400 km d’altitude, un panorama que les missions Apollo n’ont jamais eu

Le positionnement du vaisseau Orion offre à l’équipage une perspective sans équivalent. Artémis 2 maintient une altitude d’environ 6 400 kilomètres au-dessus du sol lunaire. Les missions Apollo des années 1960 et 1970 passaient à seulement 110 kilomètres de la surface.

Ce recul considérable produit un champ de vision circulaire couvrant la totalité de la surface de la Lune. Les régions polaires, impossibles à observer depuis les orbites basses, entrent pleinement dans ce panorama. Les équipages Apollo n’ont jamais bénéficié d’une telle vue sur notre satellite naturel.

La Nasa a indiqué sur le réseau X que la mission a atteint « les deux tiers » de son trajet vers la Lune. La distance séparant la Terre de la Lune est d’environ 400 000 kilomètres. Ce chiffre représente 1 000 fois la distance jusqu’à la Station spatiale internationale.

L’équipage réunit trois Américains et un Canadien. Parti de Floride mercredi, il doit rentrer sur Terre le 10 avril. Le vaisseau ne se posera pas sur la Lune : il en fera le tour avant de reprendre la route vers la Terre.

Le survol de lundi offrira l’occasion d’observer de nouvelles zones encore jamais vues directement par l’Homme. La trajectoire passera derrière la face cachée, exposant l’équipage à des régions que seules des sondes robotisées ont documentées jusqu’ici.

Un équipage formé deux ans pour observer et décrire la géologie lunaire

Les quatre membres de l’équipage ont suivi plus de deux ans de formation spécifique à la géologie lunaire. Ils ont appris à identifier les formations, à les nommer et à les décrire avec précision scientifique. Leurs observations, leurs notes et leurs photographies doivent enrichir les connaissances sur la géologie et l’histoire de notre satellite naturel.

Le survol de la Lune, prévu lundi, constituera l’apogée de la mission. Pendant plusieurs heures, les astronautes devraient observer des portions supplémentaires de la surface lunaire que l’Homme n’a jamais vues directement. Leurs données compléteront celles déjà collectées depuis le début du vol.

Le survol sera retransmis en direct par la Nasa. Une coupure de 40 minutes interviendra toutefois lorsque le vaisseau se trouvera derrière la Lune. Durant cette fenêtre, les communications avec la Terre seront interrompues.

« Nous avons hâte d’en montrer davantage lorsque nous nous rapprocherons de la Lune », a déclaré Koch dimanche. L’astronaute s’est dite impatiente de partager les images captées lors du passage au plus près de l’astre. Ces prochains jours promettent de nouvelles découvertes visuelles.

Réactions de l’équipage : émerveillement scientifique et moments personnels

L’astronaute canadien Jeremy Hansen a décrit la progression du voyage avec précision. « Ce matin, on voyait la Terre à moitié, on l’a ensuite vue en entier puis elle a disparu », tandis que « la Lune grandit », a-t-il relaté. « C’est exaltant. C’est notre destination », a-t-il ajouté.

Christina Koch inscrit son nom dans l’histoire lors de ce vol. Elle devient la femme ayant voyagé le plus loin dans l’espace. Son enthousiasme face aux formations géologiques de la face cachée a marqué les échanges de dimanche.

Le commandant Reid Wiseman a vécu samedi un moment d’une tout autre nature. Il a pu s’entretenir depuis l’espace avec ses filles, qu’il élève seul depuis le décès de sa femme en 2020. « On est là-haut, on est si loin et pourtant l’espace d’un instant j’ai retrouvé ma petite famille, et ça a été le plus beau moment de toute ma vie », a-t-il confié avec émotion.

La Nasa capitalise sur ce lien direct avec le public pour associer le monde à la mission. Entre diffusions YouTube en direct, photos prises à l’iPhone et interviews accordées depuis l’espace, l’agence diversifie ses formats de communication. Ce dispositif représente, selon le commandant, un vrai miracle technologique.

Le monde a ainsi suivi en temps réel les problèmes d’emails et de toilettes rencontrés par l’équipage. Les séances de sport, les réveils en musique et les repas partagés font également partie du récit diffusé au grand public. Cette transparence inédite rapproche l’exploration spatiale de chaque téléspectateur.

Artémis 2 face cachée, répétition générale avant un alunissage visé en 2028

Ce vol test vise à confirmer que tout est en ordre avant un retour humain sur le sol lunaire. La Nasa ambitionne un alunissage en 2028, avant la fin du mandat de Donald Trump. Cette échéance correspond aussi à la date affichée par la Chine pour ses propres astronautes sur la Lune.

Les experts s’attendent pourtant à de nouveaux reports. Les alunisseurs développés par les entreprises d’Elon Musk et de Jeff Bezos ne sont toujours pas prêts. L’objectif à long terme dépasse la seule Lune : établir une base lunaire permanente, puis préparer de futures missions vers Mars.

Artémis 2 face cachée marque une rupture après plus d’un demi-siècle d’absence humaine autour de la Lune. Les équipages Apollo restent les derniers humains à avoir voyagé aussi loin dans l’espace. Cette mission prépare un retour durable, avec des ambitions qui dépassent largement le simple survol.

Source : Agence France-Presse

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