Déféré devant la justice ivoirienne après son interpellation, l’influenceur camerounais Élysée le Snieper voit son affaire prendre une tournure plus sérieuse. Dans une plaidoirie publique adressée au procureur d’Abidjan, l’avocat camerounais Christian Ntimbane Bomo appelle à tenir compte du contexte dans lequel les propos reprochés ont été tenus.
L’affaire Élysée le Snieper prend une tournure plus sérieuse en Côte d’Ivoire. Selon un communiqué attribué à Police Secours, une plateforme d’information ivoirienne, l’influenceur camerounais a été présenté aux autorités judiciaires après son interpellation.
Face à cette évolution, l’avocat et homme politique camerounais Christian Ntimbane Bomo a adressé une plaidoirie publique au procureur d’Abidjan pour demander que le contexte des faits soit pris en compte.
Dans sa prise de position, Christian Ntimbane Bomo dit vouloir attirer l’attention de la justice ivoirienne sur les circonstances dans lesquelles les propos reprochés auraient été tenus. Il précise d’abord qu’il ne connaît pas personnellement Élysée le Snieper.
Ntimbane reconnaît cependant la gravité des faits.
« Dans l’impossibilité de me déplacer pour Abidjan pour assister amicus curiae, ami de la Cour, mon jeune compatriote camerounais, influenceur des réseaux sociaux Élysée le Sniper, que je ne connais ni d’Adam ni d’Ève, et qui est déféré ce jour devant vous, je vous adresse cette plaidoirie« , écrit-il.
Christian Ntimbane Bomo reconnaît cependant la gravité des faits reprochés à l’influenceur. Selon lui, les propos visant le président de la République de Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara, ne peuvent pas être banalisés.
« Sous réserve d’autres éléments contenus dans son dossier, j’ai appris qu’il serait poursuivi pour avoir outragé le président de la République de Côte d’Ivoire, S. E. Alassane Ouattara, dans une vidéo. Ce qui est, de go, totalement inadmissible », affirme-t-il.
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Mais l’avocat camerounais demande aussi que le dossier soit analysé en tenant compte du contexte. Pour Christian Ntimbane Bomo, les propos reprochés à Élysée le Snieper ne devraient pas être examinés sans tenir compte de la période pendant laquelle ils auraient été tenus. Il rappelle que ces propos remonteraient à plus de trois ans, dans un climat marqué par de fortes tensions entre internautes camerounais et ivoiriens.
« Je voudrais appeler votre attention sur le contexte… »
« Sans vouloir rentrer dans le débat de la prescription de ce délit, qui aurait été commis il y a plus de trois ans, je voudrais surtout appeler votre pertinente attention sur le contexte des propos outranciers tenus par ce jeune Camerounais, afin de leur enlever leur caractère prémédité « , écrit-il.
« Il s’agissait visiblement de la période relative à l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations au Cameroun, au cours de laquelle de nombreux internautes camerounais et ivoiriens se sont livrés à des défiances appelées, dans le jargon des réseaux sociaux, des clashs. Bref, des joutes verbales« , explique Christian Ntimbane Bomo.
Pour lui, l’affaire doit donc être replacée dans ce climat d’affrontements verbaux entre internautes des deux pays, notamment autour du football.
Dans sa plaidoirie, Christian Ntimbane Bomo évoque également ce qu’il présente comme « l’excuse de provocation ». Selon Ntimbane Bomo, si une personne tient des propos graves pendant une dispute ou un clash, la justice peut parfois tenir compte du contexte. Si cette personne a parlé après avoir été provoquée ou blessée par d’autres propos, cela peut réduire la gravité de l’intention.
« En droit, les propos injurieux, diffamatoires ou outranciers tenus lors d’un échange houleux ou au cours de querelles bénéficient souvent et régulièrement de l’excuse de provocation« , soutient-il. Il poursuit : « On part de l’idée selon laquelle une partie a été emportée à la suite des propos blessants d’une autre. »
Ainsi, à travers cette plaidoirie, Christian Ntimbane Bomo ne cherche pas à nier la gravité des propos reprochés à Élysée le Snieper. Il demande plutôt à la justice ivoirienne de regarder les circonstances dans lesquelles ces propos auraient été tenus.
Interpellé après la diffusion de contenus…
Pour rappel, Élysée le Snieper a été interpellé après la diffusion de contenus jugés offensants envers les institutions ivoiriennes. Selon le communiqué attribué à Police Secours, l’influenceur camerounais se trouvait, le dimanche 21 juin 2026, dans un hôtel à Grand-Bassam, où il séjournait dans le cadre d’une collaboration publicitaire.
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C’est dans cet établissement que les forces de l’ordre ont procédé à son interpellation. L’opération se serait déroulée sans difficulté. Après son arrestation, il a été transféré vers les services compétents pour les besoins de l’enquête.
Après les auditions menées par les enquêteurs, le dossier suit désormais son cours devant les autorités judiciaires ivoiriennes. Cette étape confirme que l’affaire ne se limite plus aux débats sur les réseaux sociaux. Elle entre désormais dans une phase judiciaire.
Depuis l’annonce de son interpellation, les réactions se multiplient sur les réseaux sociaux, aussi bien du côté des influenceurs camerounais que des influenceurs ivoiriens.
Du côté camerounais, plusieurs internautes, notamment des influenceurs, dénoncent ce qu’ils considèrent comme un traitement trop sévère de l’affaire par les autorités ivoiriennes. Pour eux, les clashs et les propos provocateurs sont fréquents sur les réseaux sociaux, y compris entre internautes ivoiriens et camerounais. Ils estiment donc que le cas d’Élysée le Snieper devrait être examiné avec plus de recul et d’apaisement.
Plusieurs internautes ivoiriens estiment, quant à eux, que les propos reprochés à l’influenceur ne peuvent pas rester sans conséquence, surtout lorsqu’ils touchent à l’image d’un pays, de ses institutions et de ses dirigeants.
Au-delà du cas d’Élysée le Snieper, cette affaire relance le débat sur la responsabilité des créateurs de contenus. Les propos tenus en ligne peuvent avoir de lourdes conséquences, même plusieurs années après leur publication.












