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Retour humain vers Lune : Artémis 2 décolle, 54 ans après la fin d’Apollo

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Le retour humain vers Lune est en marche depuis mercredi 2 avril. Quatre astronautes de la Nasa ont quitté la Floride à bord de la fusée SLS pour un voyage de dix jours en orbite lunaire. C’est le premier vol habité en direction de la Lune depuis la fin des missions Apollo, en 1972.

Décollage ponctuel depuis le centre spatial Kennedy

La fusée Space Launch System a quitté la rampe de lancement mercredi à 18h35 heure locale, soit 22h35 GMT. Le tir s’est déroulé exactement à l’heure fixée depuis le centre spatial Kennedy, en Floride. Les équipes au sol ont salué l’envol par des ovations et des cris de joie dans un ciel radieux.

La capsule Orion s’est séparée du premier étage huit minutes après le décollage, conformément au plan de vol. Elle a rejoint une orbite terrestre à une vitesse d’environ 27 000 km/h. Le commandant américain Reid Wiseman a exprimé sa satisfaction presque immédiatement : « Nous voyons un beau lever de Lune », a-t-il lancé depuis la capsule, quelques minutes à peine après la séparation.

L’histoire de la conquête spatiale a rapidement été convoquée par les responsables américains. Jared Isaacman, administrateur de la Nasa nommé par Donald Trump, a pris la parole lors d’une conférence de presse suivant le lancement. « Après une brève interruption de 54 ans, la Nasa reprend sa mission d’envoyer des astronautes vers la Lune », a-t-il déclaré. L’équipage a décollé du même pas de lancement légendaire qu’avaient emprunté les astronautes d’Apollo, un détail qui n’a pas manqué d’alimenter les discours.

Retour humain vers Lune : un équipage inédit

Les quatre membres de l’équipage d’Artémis 2 marquent une rupture avec l’ère Apollo. Le commandant Reid Wiseman dirige la mission. À ses côtés embarquent le Canadien Jeremy Hansen, ainsi que les Américains Victor Glover et Christina Koch.

Cet équipage est le premier à rassembler une femme, un homme noir et un astronaute non américain dans le cadre d’une mission lunaire. Les pionniers de l’époque d’Apollo, entre 1968 et 1972, étaient tous des hommes américains blancs. Artémis 2 entend incarner un changement délibéré de symboles.

Dix minutes avant le décollage, Jeremy Hansen avait résumé l’esprit de la mission en quelques mots : « Nous partons pour l’humanité tout entière », avait-il déclaré. Le programme Artémis a été conçu dès l’origine pour symboliser un nouvel esprit de collaboration internationale et d’inclusion.

Manœuvres en orbite avant le cap définitif

Depuis leur départ, les astronautes ont passé plus de 14 heures en orbite terrestre. Ils ont procédé à de nombreuses vérifications techniques à bord d’Orion. Une poussée intermédiaire d’une minute, dite « apogee raise burn », a été exécutée avec succès vers 12h00 GMT.

Cette manœuvre les a progressivement éloignés de la Terre. Elle prépare l’étape décisive : jeudi vers 23h30 GMT, les moteurs s’allumeront pour orienter définitivement la capsule vers la Lune.

Passé ce point, aucun retour n’est possible. Si l’équipage devait rentrer sur Terre, il lui faudrait attendre d’avoir contourné la Lune, passage prévu lundi prochain. Le voyage complet représente 6 à 8 jours de vol.

Victor Glover a également pris les commandes d’Orion pour simuler un amarrage avec un autre appareil spatial. Cette manœuvre de précision s’est déroulée sans accroc. Elle constitue l’une des vérifications clés de la mission.

Premiers incidents techniques, mission préservée

Les premières heures à bord ont généré plusieurs imprévus techniques, gérés depuis le centre de contrôle de la Nasa à Houston. La communication entre l’équipage et le sol a brièvement été interrompue. Les toilettes n’ont pas fonctionné immédiatement. La température dans la capsule est en outre apparue trop basse.

Ces incidents, mineurs, ont mobilisé les équipes techniques sans compromettre la poursuite de la mission. La simulation d’amarrage menée par Victor Glover s’est déroulée avec succès dans ce même contexte.

Retour humain vers Lune dans un programme sous pression

Artémis 2 s’inscrit dans un vaste programme spatial qui a mobilisé des dizaines de milliards de dollars et accumulé plusieurs années de retard. Le chemin jusqu’au décollage de mercredi a été long et coûteux.

La Nasa traverse actuellement une période difficile. « La Nasa a vraiment besoin que cela marche », a confié à l’AFP Casey Dreier, analyste à The Planetary Society. Il souligne que le moral au sein de l’agence est en berne, à cause de problèmes budgétaires et de départs en masse, notamment de chercheurs spécialisés dans les sciences du climat.

Jared Isaacman a néanmoins voulu placer ce lancement sous le signe de la continuité historique. « Artémis 2 est le premier acte, c’est la mission test, elle va préparer le terrain pour les missions suivantes », a-t-il expliqué. La suite du programme prévoit un alunissage en 2028, avant la fin du mandat de Donald Trump.

Les Européens face à une négociation ouverte

L’Agence spatiale européenne est partie prenante d’Artémis depuis le début. Elle a fabriqué le module de service qui propulse la capsule Orion. Des astronautes européens devaient participer à de futures missions, y compris un alunissage sur la surface lunaire.

Mais la Nasa a profondément remanié la suite du programme ces derniers mois. Elle a annulé le projet de station spatiale en orbite lunaire. Elle ne s’est pas clairement exprimée sur le maintien de la participation européenne aux missions à venir.

Josef Aschbacher, directeur général de l’ESA, était présent au centre Kennedy lors du lancement. Il a confirmé à l’AFP qu’il allait devoir « s’asseoir avec l’administrateur, Jared Isaacman, et la Nasa, pour négocier » les conditions et les places réservées aux Européens.

2028 : l’alunissage reste incertain

Artémis 2 n’a pas pour mission d’atterrir sur la Lune. Son rôle est de valider la fusée SLS dans son ensemble : haute de 98 mètres et non réutilisable, elle doit prouver qu’elle peut acheminer un équipage humain en sécurité autour de la Lune. L’objectif final reste un alunissage prévu en 2028.

Des doutes persistent pourtant sur ce calendrier. Pour se poser sur la Lune, les astronautes auront besoin d’un alunisseur, encore en cours de développement. Deux entreprises en ont la responsabilité : SpaceX, fondée par le milliardaire Elon Musk, et Blue Origin, celle de Jeff Bezos. Ni l’une ni l’autre n’ont finalisé leur appareil.

Avant cet horizon de 2028, l’équipage d’Artémis 2 vise d’abord un autre record. Lundi prochain, les quatre astronautes devraient dépasser la distance maximale jamais atteinte par un équipage humain depuis la Terre. Un jalon en soi, qui illustre l’ambition retrouvée du retour humain vers Lune.

Source : Agence France-Presse

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