Quelques jours après la collision entre deux navires au port de Douala-Bonabéri, le trafic maritime a repris normalement. Le Port autonome de Douala a indiqué que les opérations de dégagement menées ont permis de lever l’obstruction. Et de rétablir la navigation sur cette voie stratégique par laquelle transite l’essentiel du commerce extérieur du Cameroun.
La collision est survenue dans la nuit du 11 au 12 juillet 2026 aux environs de 3 h du matin. L’incident survenu au port de Douala entre le MV Sea Honor et le MV Black Rhino est important. Cette situation, loin d’être un simple fait divers, illustre des enjeux majeurs pour l’économie du Cameroun et de la sous-région.
Les 15 membres d’équipage sains et saufs
Avant de pousser l’analyse des implications de l’incident, il faut certainement rappeler les faits. Alors, l’accident s’est produit au niveau de la bouée nᵒ 20. Le MV Sea Honor sortait du port tandis que le MV Black Rhino s’apprêtait à y entrer. Aucun décès n’a été signalé. Selon, nos sources, les 15 membres d’équipage du MV Black Rhino ont été évacués sains et saufs.
Et comme mesures d’urgence, le MV Sea Honor a été remorqué vers une zone de mouillage. Tandis que le MV Black Rhino a été échoué de manière contrôlée le long du chenal. Pour éviter qu’il ne coule et n’obstrue complètement le passage.
Comme on le sait tous, le port de Douala-Bonabéri est le véritable poumon économique du Cameroun. C’est plus de 70 % de fret maritime. Avec un trafic de plus de 13 millions de tonnes de marchandises franchi il y a quelque temps. Également, c’est l’unique porte d’entrée maritime critique pour les pays de la Cemac. Notamment le Tchad et la République centrafricaine.
Rupture immédiate des chaînes d’approvisionnement
Ainsi donc l’on a frôlé la catastrophe. On peut imaginer un scénario. Par exemple, si l’un des navires avait sombré au beau milieu du chenal d’accès. Le port allait être paralysé pendant plusieurs jours, voire des semaines. Et comme conséquences directes : une rupture immédiate des chaînes d’approvisionnement en produits de première nécessité et en hydrocarbures.
Des pénalités financières colossales, notamment des surestaries pour les navires contraints d’attendre au large. Une perte de confiance des armateurs internationaux vis-à-vis de la sécurité de la plateforme portuaire de Douala.
En effet, la réactivité des équipes techniques du Port autonome de Douala a permis de dégager le chenal. Et à rétablir la navigation dès le dimanche 12 juillet 2026, désamorçant ainsi, une crise économique régionale de grande ampleur.
L’étroitesse et la configuration du chenal
Au lendemain de cet incident, cet incident met en lumière des vulnérabilités physiques et opérationnelles. Et là, trois problématiques structurelles majeures peuvent être évoquées. D’abord l’étroitesse et la configuration du chenal du Wouri.
Ce dernier, selon les experts, « est caractérisé par un envasement constant. Une situation qui nécessite des campagnes de dragage permanentes pour maintenir un tirant d’eau suffisant. C’est une voie étroite. Où le croisement de deux navires de taille commerciale à des heures de visibilité réduite représente une opération de précision. La collision pose la question de la gestion des fenêtres de navigation. Et de la coordination des mouvements par la capitainerie », explique Edouard Koulla Mandengue, logisticien.
Ensuite le fonctionnement des systèmes d’aide à la navigation. Ici les experts de la sécurité portuaire sont précis. « L’enquête doit déterminer si les systèmes d’aide à la navigation, donc radars, balisage lumineux des bouées. Communication radio VHF entre navires et capitainerie, présence ou non de pilotes à bord. Ont fonctionné de manière optimale au moment critique de l’approche de la bouée n°20 », dit Molla Ngomé.
Un seul chenal d’accès
Enfin, la dépendance excessive à un seul chenal d’accès. Pour Emile Kongue Komtou, « cet incident rappelle la fragilité du modèle logistique camerounais. Bien que le Port en eau profonde de Kribi au Sud offre des infrastructures modernes. Et un accès direct sans chenal fluvial complexe, le Port de Douala reste le pivot central de la distribution locale. Sécuriser son accès est donc une priorité absolue de sécurité nationale », va déclarer l’expert en logistique.












