La première audience en référé opposant le MRC à trois dissidents s’est tenue le 7 juillet 2026 à Yaoundé-Ekounou. Annoncée comme une urgence absolue par les plaignants. L’action a subi un coup d’arrêt technique dès l’ouverture. En cause, l’absence de deux requérants et des vices majeurs d’organisation.
La requête avait été introduite par trois militants. Willy Mengue, récemment exclu du parti. Laure Noutchang et Mbala Wouria II. Avec pour objectif initial, de placer le MRC sous tutelle judiciaire. Pour ce faire, les plaignants réclamaient l’annulation de plusieurs décisions du parti.
De plus, ils contestaient la régularité de la Convention de décembre 2025. Et voulaient interdire à Maurice Kamto d’agir au nom de la formation politique.
Pourtant, la procédure de référé d’heure à heure impose une urgence absolue. Malgré cela, seul Willy Mengue s’est présenté à la barre, sans aucun avocat. En revanche, Laure Noutchang et Mbala Wouria II étaient totalement absents et non représentés.
Ensuite, un incident majeur est survenu durant l’audience. Willy Mengue a tenté de produire un bordereau de pièces. Selon lui, ces documents servaient aussi les intérêts des absents. Aussitôt, la défense du MRC a exigé la preuve d’un mandat écrit.
Finalement, Willy Mengue a dû admettre devant le juge qu’il n’en possédait aucun. Par conséquent, les pièces ne concernaient que sa propre démarche, ce qui a brisé le caractère collectif de l’action.
Un net déséquilibre des forces à la barre
Face à l’improvisation du requérant isolé, le MRC a réagi fermement. Le parti a déployé un collectif solide de six avocats. De son côté, la défense est arrivée avec un dossier très complet.
Ce dernier compile deux années de vie administrative et politique interne. On y retrouve des résolutions datées, des procès-verbaux d’assemblées et des décisions disciplinaires. Enfin, des récépissés de dépôts conformes auprès du MINAT complètent le dossier.
Sur le fond, la défense s’appuie sur la hiérarchie des textes du parti. En effet, l’article 19 alinéa (a) des statuts donne les pleins pouvoirs au Conseil National entre deux Conventions.
Cet organe peut valider un intérim en cas d’urgence. Ainsi, cette disposition légitime la direction actuelle, même sans la Convention contestée.
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Par ailleurs, les avocats reprochent aux plaignants de ne pas avoir épuisé les recours internes avant de saisir la justice d’État.
L’urgence balayée par un renvoi
Après ces échanges, les avocats du MRC ont demandé un report d’audience. Leur but était d’examiner les pièces et de préparer des conclusions écrites.
Auparavant, ils ont fait consigner l’absence des deux autres plaignants et le défaut de mandat de Willy Mengue. Par la suite, le juge des référés a accédé à cette demande. C’est la raison du renvoie de l’affaire au jeudi 16 juillet 2026.
Or, ce délai de neuf jours fragilise l’argument de l’urgence absolue. Désormais, les deux camps ont rendez-vous à la mi-juillet pour la suite de ce feuilleton.











