L’Hôpital Général de Douala vient de franchir un palier dans le souci de garantir une santé de qualité aux patients. Un capteur de surveillance d’air et de qualité y fonctionne désormais.
Il s’agit du « Fidas® Smart 100 ». Le tout premier capteur de référence destiné à la surveillance continue de la qualité de l’air installé au Cameroun. Il a été inauguré officiellement ce mercredi 24 juin 2026.
Savoir ce que nous respirons
C’est en principe, un appareil de précision obtenu grâce au soutien de l’EPIC Air Quality Fund. Une initiative portée par « Energy Policy Institute de l’Université de Chicago (EPIC) ». Ce capteur d’air rentre dans « la dynamique des activités de l’hôpital. Qui ne se limite pas seulement à apporter des soins. Mais à prévenir les maladies et savoir ce que nous respirons comme air a une importance particulière dans la prévention de la maladie ».
Et « c’est dans ce cadre que nous soutenons l’équipe de recherche de l’unité de pneumologie de l’Hôpital Général. Qui est derrière ce projet », nous fait savoir le conseiller technique N°1 de l’Hôpital Général de Douala. Ce dernier voit en cela l’autre mission de cette formation sanitaire.
Il faut dire que, « l’Hôpital Général dans ses missions a mis un accent particulier sur la recherche. Et la coopération, donc ce projet est ouvert à tous les chercheurs de la ville de Douala et du Cameroun. Pour essayer d’avoir les précisions les plus utiles pour le bien de nos populations », nous informe Jean Bertin Soua. Le représentant du Directeur Général, empêché.
Avoir des données probantes
Le Pr Bertrand Hugo Mbatchou, revenant sur la mission de recherche, va donner des précisions. « Dans les travaux de recherche, ce capteur va permettre d’avoir des données probantes. Sur la pollution de l’air dans notre ville, et par extension même dans notre pays ».
« Ces données pourront être utilisées pour les recherches et les résultats de ces recherches sont utilisés. Et présentées aux décideurs politiques à qui finalement revient l’honneur de prendre des décisions. Pour le fonctionnement de notre pays », a dit le pneumologue et par ailleurs directeur médical de l’Hôpital Général.
D’ailleurs, il va présenter le mauvais état de notre environnement immédiat. Ainsi que les conséquences de la mauvaise qualité de l’air que nous respirons. « Quand vous arpentez les rues de notre ville. Vous pouvez voir quelques fois le ciel chargé en saison sèche, notamment le ciel qui est lourd. Et le rôle du chercheur, des scientifiques, c’est de montrer les évidences », dit-il.
9/10 personnes exposées à des niveaux de pollution élevés
Aussi, « l’Organisation mondiale de la santé a déterminé les normes, les limites acceptables du niveau de pollution de l’air. Pour les différents polluants. Et ces mesures, qui sont faites dans la plupart des pays, ont montré pour l’ensemble du globe terrestre. Que plus de neuf personnes sur dix sont exposées à des niveaux de pollution élevés ».
Si, « je m’en tiens à la norme de l’Organisation mondiale de la santé. Ça veut dire que plus de neuf personnes présentent des risques. De développer des maladies liées à la pollution de l’air. Et 8 millions de décès sont liés à la pollution de l’air dans le monde ».
« La pollution de l’air est le deuxième facteur de risque de ces 8 millions de décès. Après l’hypertension artérielle, avant le tabagisme. Maintenant cela va nous permettre de pouvoir estimer avec exactitude le nombre de décès locaux. Au Cameroun liés à la pollution de l’air », va relever le Pr Mbatchou.
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Des soins hautement spécialisés
L’homme de sciences pense que la recherche est là pour accompagner le Minsanté dans les programmes de prévention. «La mission d’une formation sanitaire, c’est d’administrer les soins aux patients. Et de façon spécifique, l’Hôpital général, dans sa position d’hôpital de référence, dispose de plusieurs missions».
« Nous avons parlé des soins hautement spécialisés, de l’enseignement, de l’encadrement des étudiants, et des élèves en formation. Mais aussi la recherche et la coopération, donc dans le cadre de l’hôpital général. Je l’ai dit, la mission de soins hautement spécialisés à côté, nous accompagnons le ministère de la Santé publique. Dans les sous-programmes appelés « sous-programmes prévention de la maladie ».
Le niveau de pollution de Douala
Pour Didier Yimkoua : « Le niveau de pollution de Douala a déjà dépassé des limites requises. La situation est simplement alarmante », a déclaré le précurseur du Mouvement écologie en marche.
Facile donc de comprendre l’utilité et les capacités réelles du dispositif qui vient d’être mis en service. « L’appareil que vient d’acquérir l’Hôpital général est un appareil de référence. C’est-à-dire que quand vous voulez tracer une droite, vous avez le point de départ. C’est à partir de là que vous pouvez apprécier la distance que vous avez mesurée ».
« Si les autres appareils qu’on appelle les loco-sensors, font des mesures. Il faudrait qu’on soit sûr que les mesures qui sont effectuées par ces appareils sont de l’ordre de grandeur de la réalité, c’est-à-dire acceptables. Vous pouvez mesurer n’importe quoi. Cet appareil de référence, par sa technique de mesure, nous donne une valeur très proche de la réalité ».
Donc, « vous qui mesurez peut-être à Douala, à Yaoundé, à Bonabéri, vous obtenez des valeurs. Et vous comparez avec une marge d’erreur. Par exemple, vous verrez que la pollution à Bonabéri, vu la densité des activités, n’est pas la même qu’à Bonapriso. Donc vous comprenez qu’on ne doit pas dire que vous trouvez exactement la même grandeur ».
« Vous êtes dans l’ordre de grandeur. Vous mesurez par exemple ici 30, si vous avez 100 à Bonabéri, il y a problème. Donc vous voyez que c’est un appareil très important. Dans la qualité des données qu’on aura désormais à Douala », va expliquer amplement le Pr Robert Biake.
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Remédier à la situation
Et répondant aux préoccupations des chercheurs en rapport à l’accessibilité aux données. Melissa Kwenkeu, chargée de communication de « The RADAR Network » a été précise. «Les données sont ouvertes et accessibles à tout le monde. Les données sont disponibles sur le site internet de l’Hôpital général. Donc les chercheurs ont la possibilité d’aller télécharger ces données. Pour pouvoir eux-mêmes faire leurs analyses ». C’est ailleurs ce qui constitue « la plus-value du projet », dit-elle.
Le capteur est comme un miroir de la qualité de l’air. On peut remédier à la situation. « C’est un peu comme si vous mettiez le feu dans une salle et toutes les fenêtres sont fermées. Vous pouvez remédier en ouvrant les fenêtres. Mais si la source du feu est toujours là, ça va toujours produire les effets ».
« Ça sera différent, tamisé, et va toujours produire. Donc la remédiation, c’est la source, c’est pour ça qu’il faut déjà savoir la qualité de l’air. Puisqu’on ne voit pas bien avec nos yeux. Maintenant si c’est pollué, puisqu’on a les chiffres standards. Et, en fonction de la source, on agit », va-t-elle encore expliquer.












