L’Ong Greenpeace Afrique demande aux autorités du Cameroun de suspendre la délivrance de nouveaux permis d’exploitation minière. Et pour cause, le pays a perdu 2000 milliards Fcfa entre 2021 et 2025. Du fait de la sous-estimation des quantités.
Le Cameroun doit cesser de délivrer des permis d’exploitation des sites miniers à l’Est et dans l’Adamaoua. Cette interpellation est faite par l’organisation non gouvernementale Greenpeace Afrique. En effet, l’Ong estime que le Cameroun ne tire pas profit de ses ressources aurifères en particulier.
« Vol » de l’or camerounais
Les statistiques des quantités déclarées entre 2021 et 2025 en sont une illustration. Selon l’Ong, préoccupée par des questions de gouvernance, les services des Douanes camerounaises n’ont déclaré que 44 tonnes. Soit 44 000 kg au cours de cette période.
Ces quantités « auraient quitté le Cameroun pour Dubaï. Alors que les douanes camerounaises n’ont déclaré que 148 kg à l’exportation », s’alarme l’organisation.
Le 25 mai dernier, le directeur général de la Sonamines confirmait ces données. Confirmant celles déjà documentées en 2023 par l’Initiative pour la transparence dans l’industrie minière (Itié). Pour la seule année 2026, « la Douane camerounaise déclarait 22 kg exportés. Pendant que la base internationale UN Comtrade, 15 194 kg d’or d’origine camerounaise à l’exportation. Principalement vers les Émirats arabes unis ».
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Améliorer la gouvernance
La chargée de campagne Forêts chez Greenpeace Afrique, Stella Tchoukep, déclare à ce propos : « L’Etat camerounais ne perd pas de l’or, on le lui vole. Et le système légal d’attribution des titres miniers est l’une des portes d’entrée de ce vol. Continuer à délivrer des titres sans réformer le cadre et améliorer la gouvernance, c’est perpétuer le pillage. »
Or, plus de 200 sociétés opèrent illégalement dans les régions de l’Est et de l’Adamaoua. C’est ce qu’a révélé le ministère de l’Industrie, des Mines et du Développement technologique le 13 mai 2026. 95 % de ces entreprises sont étrangères.
Corruption
« La corruption est le principal carburant de ce système. Des acteurs privés, nationaux et étrangers, s’enrichissent massivement. » Or, pendant ce temps, déplore Greenpeace Afrique, le Camerounais moyen perçoit un Smig encore inférieur à 50 000 Fcfa.
Le volet environnemental n’est pas en reste. En effet, la superficie des sites est passée de 82 hectares en 2010 à plus de 4600 hectares en 2024. C’est ce que relève l’Ong Foder dans un rapport daté d’avril 2026. Or cette superficie concerne les seules zones de Batouri, Kette et Kenzou.
« Les terres agricoles des communautés riveraines sont détruites et les cours d’eau dégradés », déplore Greenpeace Africa. Citant le rapport de Foder. Greenpeace exhorte le gouvernement à cesser d’attribuer de nouveaux titres d’exploitation minière. Et surtout à poursuivre la réforme amorcée pour assainir le secteur.











