Maurice Kamto, président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc), a publié une déclaration incisive ce 13 juillet 2026. Il dresse un tableau plutôt sombre de la situation politique, économique et sociale du pays. Ce dernier appelant à un sursaut et à une prise de conscience collective des citoyens.
« Nul ne viendra pleurer sur notre triste sort. Nos mensonges répétés, nos jalousies maladives, notre refus obstiné de la vérité. Nos haines recuites – ferments de nos divisions – ont fait grandir l’ogre qui a tout dévoré et détruit le pays. Il ne sert à rien d’attendre la fin d’un incendie pour venir se lamenter sur ses ravages. Un incendie, on le sait, est toujours un désastre ».
« Nous voici donc dans le brasier à attendre, impuissants, que le feu nous consume. Ceux qui ont nié et continuent de nier, dans l’arrogance et une violence inouïes, l’incendie qui se propage sont pourtant. Je le crains, les moins bien préparés à supporter les ravages », dixit Maurice Kamto.
Faillite morale collective
En effet, dans ce constat d’échec, il y a comme une sorte de tentative de réarmement moral et idéologique. Pour un opposant qui a vécu les moments sombres de l’histoire politique du Cameroun. On se souvient que sa candidature avait été invalidée par le Conseil constitutionnel en août 2025 contre toute attente.
Et le choix des mots du Pr. Kamto traduit une urgence face au drame social. Il va faire recours au symbole d’un incendie qui consume la maison Cameroun sous les yeux de ses fils et filles. Et là l’homme de droit sort de la politique habituelle pour parler d’une faillite morale collective.
On peut donc alors chercher les racines du mal. En critiquant la gouvernance sur le volet économique et technique. Kamto s’attaque en même temps aux comportements sociopolitiques. «Nos mensonges répétés, nos jalousies maladives, notre refus obstiné de la vérité. « Nos haines recuites, ferments de nos divisions », écrit Kamto. Il soutient mordicus que, ce sont ces dynamiques délétères qui alimentent les fractures et empêchent toute cohésion nationale.
Maurice Kamto s’exprime… et se tait : une épreuve politique pour ses militants
L’incendie qui se propage
Kamto ou la critique de la contestation, c’est du moins ce qu’il faut dire. Ses propos visent à mots voilés les cadres du Rdpc et les partisans du statu quo. « Ceux qui ont nié et continuent de nier, dans l’arrogance et une violence inouïes, l’incendie qui se propage. Sont pourtant les moins bien préparés à supporter les ravages », soutient-il.
Une bonne manière de rappeler que la crise multisectorielle, à savoir les crises sécuritaires persistantes, la vie chère, les tensions de succession. Tout cela va finir par rattraper tout le monde. « Un incendie, on le sait, est toujours un désastre », insiste-t-il.
Alors, certains analystes voient en cette sortie, « Le prolongement d’une bataille institutionnelle acharnée ». Pour Gaston Mpah, « comprendre le ton de ce texte qui vient d’être publié. Revient à le replacer dans le sillage des récents affrontements juridiques. Et politiques menés par le Mrc ces derniers mois », explique le politologue. Et avec raison. Puisqu’en suivant le cours de l’histoire, on va tomber sur la démarche de Kamto. Celle de faire sauter le verrou de la rétroactivité.
En juin 2026, Maurice Kamto avait formellement attaqué devant le Conseil constitutionnel le décret présidentiel du 4 mai 2026. Celui qui prorogeait le mandat des conseillers municipaux. Il avait alors dénoncé une violation flagrante du principe de non-rétroactivité de la loi. Faisant suite à la modification du code électoral en avril 2026. Il va alors fustiger « l’empiètement du pouvoir exécutif sur le domaine législatif ».
L’inertie des élites
Autre fait et pas des moindres. En avril 2026, Maurice Kamto s’en est pris ardemment à ce qu’il a baptisé « l’intellectualisme aérien ». Une véritable guerre ouverte contre l’inertie des élites. Pour lui encore, le rôle des penseurs est de s’engager dans « l’action collective assumée », pour reprendre ses mots.
De la dissidence au martyre politique : Maurice Kamto dénonce une dérive du pouvoir
En schématisant les mots du président Kamto, l’image qui vient est celle de mobiliser. Et acter l’impuissance des populations, le laxisme des politiques et briser les ardeurs du régime. Aux citoyens, il faut provoquer un sursaut de conscience, briser l’apathie face aux crises. Il faut surtout craindre le risque de lassitude d’une population concentrée sur la survie économique quotidienne.
Casser les fractures qui persistent
Aux politiques, il faut positionner le Mrc comme le point focal de la contestation intellectuelle et politique. L’objectif ici est de casser les fractures qui persistent au sein de l’opposition. Elle qui peine à bâtir un front uni ou une alternative homogène.
Pour ce qui est du régime de Yaoundé, Maurice Kamto veut pousser le pouvoir dans ses retranchements moraux. Et exposer ses contradictions juridiques. Il faut combattre l’hégémonie institutionnelle forte, puisque le pouvoir de Yaoundé a verrouillé le calendrier électoral.
La sortie de Maurice Kamto, un véritable cri d’alarme. En affirmant « nul ne viendra pleurer sur notre triste sort », le président du Mrc rejette toute forme de victimisation. Ou tout au moins d’espoir naïf en une intervention extérieure.












