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Zimbabwe : le Sénat valide la prolongation du mandat présidentiel

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Le Sénat au  Zimbabwe a approuvé, mercredi, une réforme constitutionnelle controversée. Qui prolonge de deux ans le mandat présidentiel. Ce qui ouvre la voie à un maintien au pouvoir d’Emmerson Mnangagwa jusqu’en 2030.

Un autre amendement,  préalablement voté par la chambre basse du Parlement. Supprime l’élection présidentielle au suffrage universel direct. Introduite en 1987, sept ans après l’indépendance de ce pays d’Afrique australe.

« 75 sénateurs ont voté en faveur (…) du projet de loi. Et quatre se sont prononcés contre », a déclaré à la télévision nationale. La présidente du Sénat, Mabel Chinomona.

Avec cette révision constitutionnelle d’ampleur, très controversée. La durée du mandat du chef de l’Etat et de celui des parlementaires  passera de cinq à sept ans.

La Constitution limitant à deux le nombre de mandats présidentiels. M. Mnangagwa, qui a été élu en 2018 et 2023, pourrait ainsi continuer à occuper ses fonctions jusqu’en 2030.

Jugé plus autocratique que son prédécesseur par certains analystes. Celui qui est surnommé « le Crocodile » a accédé au pouvoir en 2017. A la faveur d’un coup de force soutenu par l’armée, qui a renversé Robert Mugabe alors âgé de 93 ans. Après 37 ans de règne.

Ces amendements avaient été approuvés sans difficulté par l’Assemblée nationale le 18 juin. Avec 216 voix pour et 42 contre.

Le texte devra toutefois retourner devant la chambre basse. Pour valider des ajustements techniques avant d’être promulgué par M. Mnangagwa, a précisé un responsable.

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Lorsque le gouvernement a approuvé, en février, le projet de prolongation de son mandat. M. Mnangagwa a fait valoir que cette mesure permettrait de. « Renforcer la stabilité politique et la continuité de l’action publique. Afin de mener à leur terme les programmes de développement ».

Une opposition  en perte de vitesse

Cette révision constitutionnelle est très controversée au Zimbabwe. Où le parti Zanu-PF de M. Mnangagwa dispose d’une majorité écrasante au Parlement.

Selon ses détracteurs, ce « coup d’État constitutionnel » renforce l’emprise du tout puissant Zanu-PF . Du défunt président Mugabe (au pouvoir de 1987 à 2017), qui dirige depuis l’indépendance en 1980 ce pays . Riche en matières premières mais frappé par de graves crises économiques. Une corruption à grande échelle et la répression de l’opposition.

L’opposition zimbabwéenne, affaiblie par des années de répression et des élections entachées d’irrégularités. Dénonce des mesures destinées à consolider l’emprise de la Zanu-PF sur le pouvoir.

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Des militants ayant tenté d’organiser une résistance ont fait état d’actes d’intimidation et de violences. Notamment d’arrestations et d’agressions attribuées à des agents présumés de l’Etat.

« violation effective » des dispositions constitutionnelles

Des personnalités de l’opposition ont promis de continuer à contester devant les tribunaux ces amendements.  Car ils constituent, selon elles, une « violation effective » des dispositions constitutionnelles. En particulier de celles relatives au droit d’élire les responsables publics. Et devraient donc faire l’objet d’un référendum national, a déclaré David Coltart. Une figure de proue de l’opposition et ancien sénateur.

« La seule façon d’obtenir un référendum est que la Cour constitutionnelle ordonne qu’il soit organisé. Comme l’exige la loi », a-t-il toutefois souligné.

Or, cette juridiction a rejeté le 17 juin une précédente tentative de contestation du projet de révision de la loi fondamentale. Estimant qu’elle était dépourvue de fondements juridiques.

Le vote du projet de loi « consolidera davantage l’emprise de la Zanu-PF sur le pouvoir. Et réduira les chances de voir un président issue d’un autre parti. Que celui au pouvoir au Zimbabwe dans un avenir prévisible », a estimé sur X le journaliste de renom Hopewell Chin’ono.

Rejetant la nécessité d’un référendum. Les autorités ont affirmé qu’un processus de consultation publique, comprenant des auditions . Et des contributions écrites, avait montré un soutien massif à la mesure.

En mars, l’ONG Human Rights Watch avait déclaré le recours à la violence. Et à l’intimidation par les autorités à la rencontre des opposants à ces amendements.

« Ces derniers mois, la police et des hommes armés non identifiés ont menacé. Harcelé et passé à tabac plusieurs personnes opposées » à cette révision constitutionnelle. A-t-elle assuré dans un communiqué.

 

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