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MATGENIE : 1,8 milliard suffira-t-elle à éviter le naufrage ?

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Poussé dans ses retranchements au Sénat face à la paralysie du MATGENIE. Le gouvernement débloque en urgence 1,8 milliard de FCFA. Si ce pare-feu politique vise à éteindre l’incendie. L’analyse des chiffres sème le doute

Il aura fallu que le feu couve au Parlement pour que l’exécutif accélère le pas. Confronté aux questions directes et sans concession des sénateurs. Le gouvernement a dû abattre ses cartes. L’annonce de cette enveloppe de 1,8 milliard de FCFA sonne d’abord comme une victoire pour le contrôle parlementaire. Trop souvent perçu comme une chambre d’enregistrement.

Sur le plan de la communication. Le timing est parfait. Il s’agit de rassurer l’opinion publique. De calmer la grogne sociale des employés qui accumulent les arriérés de salaires. Et d’envoyer un signal de reprise aux collectivités territoriales décentralisées (CTD).

Mais en coulisses. Cette promptitude ressemble fort à un pare-feu politique. Qui, est destiné à masquer une agonie managériale qui dure depuis des années.

Une illusion de la cagnotte

Sur les plateformes numériques et dans les communiqués officiels. Le chiffre de « 1,8 milliard » impressionne le citoyen lambda. Pourtant, passée au crible de la réalité économique du génie civil. La somme fond comme neige au soleil.

Le secteur des infrastructures lourdes répond à des impératifs financiers colossaux. À titre comparatif, l’acquisition d’un seul engin lourd neuf de qualité. Qu’il s’agisse d’un bouteur (bulldozer), d’une niveleuse ou d’un compacteur de grande capacité. Se chiffre régulièrement en centaines de millions de FCFA.

Si l’on y ajoute le coût exorbitant des pièces de rechange d’origine. Et la logistique de maintenance. L’enveloppe allouée permet à peine de reconstituer une flotte squelettique.

Plus grave encore, le passif de l’entreprise s’invite au banquet. Avant même de visser le premier boulon d’un engin en panne. Il faudra régler la note sociale : apurer les mois de salaires impayés.

Endettement : Le Cameroun veut plus d’argent entre 2026 et 2028

Gérer les dettes fiscales et rassurer les fournisseurs stratégiques. Qui réclament leur dû. En faisant la soustraction de ces charges compressibles. Quelle somme restera-t-il réellement pour la relance technique sur le terrain ? Le constat est amer.  Nous sommes face à un sous-dimensionnement financier flagrant vis-à-vis du passif abyssal de la structure.

Changer l’argent ne suffit pas

L’erreur fondamentale des plans de sauvetage successifs au Cameroun réside dans la croyance qu’une crise structurelle se règle à coups de décrets et de subventions. Le mal qui ronge le MATGENIE n’est pas uniquement d’ordre budgétaire. Il est profondément managérial.

Autrefois fleuron incontournable bénéficiant d’un monopole de fait. L’entreprise a été percutée de plein fouet par l’ouverture à la concurrence du secteur privé. Plus agile et agressif.

Incapable de moderniser son modèle économique. Plombé par des lourdeurs bureaucratiques et un organigramme pléthorique. Le MATGENIE s’est transformé en un colosse aux pieds d’argile.

Impôts communaux : L’État reprend la main

Injecter de l’argent frais dans une structure aux mécanismes de contrôle défaillants. Revient à jeter de l’eau dans un panier percé. Sans une refonte globale de la gouvernance, les mêmes causes produiront inéluctablement les mêmes effets.

Au pied du mur

Le gouvernement a réussi à acheter du temps et à desserrer l’étau parlementaire pour cette fois. Toutefois. Le sursis sera de courte durée.

Si le MATGENIE veut survivre à l’horizon 2026 et au-delà. Cette enveloppe ne doit pas être un énième chèque en blanc.

La suite logique de ce feuilleton économique devra obligatoirement passer par des réformes courageuses. Un contrat de performance strict avec des objectifs chiffrés. Un audit transparent de l’utilisation de chaque franc CFA injecté.

Voire l’ouverture d’une réflexion sérieuse sur un partenariat public-privé (PPP). Le contribuable camerounais regarde désormais le compteur tourner.

 

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