L’affaire du faux remaniement à la Crtv reste un feuilleton qui secoue les médias et la classe politique au Cameroun. En effet, un individu identifié sous le nom de John Kuate a tenté de faire diffuser sur les antennes de la télévision nationale un décret présidentiel portant sur la nomination d’un vice-président et d’un nouveau gouvernement.
Alors, la réticence et la vigilance des équipes de la Crtv ont permis d’éviter la diffusion de ces documents. Selon les dires, ce monsieur est entré au poste national de la Crtv le vendredi 12 juin 2026. Avec entre ces mains un pli fermé. Le document était à première vue irréprochable.
Vérification auprès de la Présidence
Avec notamment les sceaux officiels, la signature comme celle du président Paul Biya. Aimé Robert Bihina, en poste, reçoit et découvre qu’il s’agit du nouveau gouvernement et la vice-présidence de la République. Ce dernier va référer au directeur général Charles Ndongo.
Et dans un sursaut de vigilance, va procéder à la vérification auprès de la Présidence qui va confirmer la falsification. « On veniat là de sauver de justesse le Cameroun », a laissé entendre Joseph Emmanuel Mbongah, journaliste.
Et maintenant des questions à quatre sous, pour reprendre l’expression de Soulé Onohiolo. « Qui est-ce que la Crtv a contacté et qui lui aurait dit que ce n’était pas de bons DOCUMENTS ? Qu’ils étaient faux? On peut être sûr que ce n’est pas le chef de l’État Paul Biya qui a été contacté. Il faut être naïf, candide pour penser que le Nnom-Ngui a signé le démenti ».
« A savoir que les documents querellés n’étaient pas signés de lui-même. C’est connu de tous. Le président Paul Biya n’appelle personne au téléphone. Le Patriarche, Nnom-Ngui ne prend plus personne au téléphone », a écrit le journaliste sur sa page Facebook.
La vulnérabilité des institutions
En fait, pour les observateurs, ce document souligne la vulnérabilité des institutions face aux falsifications. Ainsi donc, « l’affaire du « faux remaniement » à la Crtv révèle une tentative sophistiquée de manipulation politique. Et médiatique au Cameroun. Grâce à la vigilance des responsables de la chaîne publique, la diffusion d’un faux décret présidentiel a été évitée. Ce qui va empêcher une crise institutionnelle majeure », explique Édouard Ekoualla.
Encore que pour le politologue , « si le faux décret avait été lu à l’antenne. Le Cameroun se serait retrouvé avec un gouvernement fictif. Et un vice-président autoproclamé ». Aussi, « l’affaire montre comment un média d’État peut être ciblé pour légitimer une fausse information ».
Pourtant, « Le document était visuellement irréprochable, ce qui souligne la vulnérabilité des institutions face aux falsifications », dit-il. Pour parler à la fois d’une crise institutionnelle, de la manipulation médiatique et surtout de la fragilité des institutions étatiques.
Les conséquences en quatre niveaux
Moumi Nestor, voit les conséquences en quatre niveaux. D’abord, les conséquences institutionnelles avec notamment la fragilisation de l’autorité présidentielle. Avec en fond de toile, la tentative de faire passer un faux décret qui remet en cause la sacralité de la parole présidentielle.
« Même si l’acte a été déjoué, il montre que l’image du chef de l’État peut être instrumentalisée », explique-t-il. Il en est de même du renforcement des protocoles de sécurité. « L’incident oblige la Présidence et les médias publics. A revoir leurs procédures de vérification des documents officiels pour éviter de nouvelles infiltrations », relève l’analyste politique.
Ensuite, on voit les conséquences institutionnelles avec comme conséquence, la fragilisation de l’autorité présidentielle. Et la leçon est vite tirée. « La tentative de faire passer un faux décret remet en cause la sacralité de la parole présidentielle. Même si l’acte a été déjoué, il montre que l’image du chef de l’État peut être instrumentalisée », soulève M. Moumi.
Éviter de nouvelles infiltrations
L’autre volet des conséquences sur les institutions, c’est le renforcement des protocoles de sécurité. Et donc, « l’incident oblige la présidence de la République. Et les médias publics à revoir leurs procédures de vérification des documents officiels pour éviter de nouvelles infiltrations ».
Poursuivant dans le même registre. L’on ajoute les conséquences médiatiques avec comme socle, la crise de confiance éventuelle. Et là encore, « si le faux décret avait été diffusé, la Crtv aurait perdu une partie de sa crédibilité auprès du public. On voit que même sans diffusion, l’affaire alimente les débats sur la fiabilité des médias d’État ».
D’où la question du renforcement du rôle des journalistes. « L’attitude d’Aimé Robert Bihina, qui a refusé de diffuser le document, devrait être perçue comme un acte de professionnalisme. Et de patriotisme, ce qui met en valeur la responsabilité journalistique », nous fait-on comprendre.
On peut ajouter à cette liste, les conséquences politiques. Avec entre autres l’instrumentalisation possible par l’opposition. La suspicion de réseaux occultes. On le voit, le profil de John Kuate et ses liens avec une secte religieuse alimentent des spéculations. Sur l’existence de groupes cherchant à déstabiliser le régime.
Affecter la réputation du Cameroun
Alors, en y allant, le gouvernement peut s’appuyer sur cet incident pour justifier un contrôle accru des médias. Et des communications, tout cela au nom de la stabilité nationale.
En évoquant les conséquences sur le plan international, cette affaire peut être perçue comme un signe de vulnérabilité institutionnelle. Ce qui risque d’affecter la réputation du Cameroun sur la scène internationale.
Il faut surtout craindre le risque de désinformation sur le plan mondial. Surtout dans un contexte où les fake news circulent rapidement. Et du coup, un tel faux décret aurait pu être repris par des médias étrangers, amplifiant la confusion.
En effet, cette affaire est un signal d’alarme pour les institutions camerounaises. Il est question pour le pays de « renforcer les protocoles de vérification des documents officiels. Et sécuriser les médias publics pour éviter de futures manipulations. Cette affaire illustre à souhait la puissance du média public dans la légitimation des actes politiques. Et la nécessité d’une vigilance permanente ».
En somme, « cette affaire surgit comme un révélateur des tensions politiques et médiatiques au Cameroun. Elle met en lumière la nécessité de renforcer la sécurité institutionnelle. Tout en ouvrant un débat sur la liberté et la responsabilité des médias », va réagir Valentin Mjoh Poupa, acteur politique.















