pixel

RDC : Félix Tshisekedi manœuvre pour se maintenir au pouvoir

Date:

Pages jaunes
Trans Afrique

En République démocratique du Congo (RDC), Félix Tshisekedi est accusé de préparer le terrain à son maintien au pouvoir. Notamment à travers une loi en cours de promulgation. Qui, pourrait ouvrir la voie à un troisième mandat via une révision constitutionnelle. Une initiative qui ne semble devoir faire face, à ce stade, qu’au risque d’une contestation populaire.

M. Tshisekedi, 63 ans, arrive au terme de son deuxième  et théoriquement dernier  mandat en décembre 2028. La Constitution congolaise de 2006 stipule que la limite de deux mandats et la durée de chacun de ceux-ci, fixée à cinq ans, « ne peuvent faire l’objet d’aucune révision constitutionnelle ».

Or depuis des mois, le chef de l’État et ses partisans préparent l’opinion à l’idée que M. Tshisekedi puisse prolonger son séjour dans l’imposant Palais de la Nation, qui abrite les bureaux présidentiels dans la capitale congolaise Kinshasa.

Le leader congolais utilise une recette éprouvée par de nombreux chefs d’États africains par le passé : modifier la Constitution, opportunément jugée « opposée aux attentes de la population » depuis quelque temps par le camp Tshisekedi, pour se maintenir au pouvoir.

La récente adoption par le Parlement, sans grand suspense puisque l’union présidentielle y détient début une large majorité, d’une proposition de loi posant un cadre à l’organisation d’un référendum sur le sujet, est la première étape d’un plan clairement exposé mai.

« Je n’ai pas répondu de troisième mandat mais je vous le dis: si le peuple souhaite que j’aie un troisième mandat, j’accepteai », avait alors déclaré Félix Tshisekedi lors d’une rare conférence de presse à Kinshasa.

Et si une révision de la Constitution s’imposait, « ce ne sera jamais sans consulter la population, le peuple congolais, c’est-à-dire par référendum », avait-il poursuivi.

Un mois plus tard, l’Assemblée adoptait un projet de loi référendaire soumis par un député de la majorité, suivi la semaine dernière d’une validation par le Sénat à l’unanimité.

Le texte est déjà sur le bureau de Félix Tshisekedi, qui décidera prochainement de le promulguer ou non.

Xénophobie en Afrique du Sud : Plus de 200 Nigérians rentrent

« Sans une pression suffisante, le pouvoir n’a pas l’intention de s’arrêter dans son projet de changement de la Constitution », avertit Ithiel Batumike, analyste politique au centre de recherches congolais Ebuteli.

 Le basculement 

Le 12 juin, un rassemblement de l’opposition à Kinshasa pour protester contre le projet présidentiel a été réprimé, alors que l’attention est concentrée sur une épidémie d’Ebola qui fait des ravages dans le nord-est du pays.

Plusieurs opposants ont été blessés, notamment par des jets de pierres, lors d’affrontements avec des militants pro-gouvernement et la police, selon des journalistes de l’AFP sur place.

Des associations locales de défense des droits humains ont évoqué deux morts. Le Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a condamné la mort d' »au moins un manifestant ». Le gouvernement a seulement fait état de 25 blessés, dont 15 policiers.

« Tshisekedi a trahi le serment qu’il fait de respecter et de défendre la Constitution », a fustigé Martin Fayulu, candidat malheureux à la dernière présidentielle, la semaine dernière devant la puissante Conférence des évêques catholiques.

Kenya : 16 morts et 79 blessés dans un pensionnat de filles

« Mettre en cause la Constitution actuelle revient à mettre en cause la paix et la stabilité » dans le pays, a de son côté mis en garde un autre opposant, Delly Sesanga.

L’opposition, affaiblie depuis la présidentielle de 2023, a appelé à une nouvelle marche le 8 juillet pour réclamer la démission de Félix Tshisekedi.

Parallèlement au projet de révision constitutionnelle, le pouvoir martèle qu’aussi longtemps que perdurera le conflit dans la partie orientale de la RDC, où le groupe armé antigouvernemental M23, soutenu par le Rwanda et son armée, s’est emparé des grandes villes de Goma et Bukavu début 2025, les conditions ne seront pas réunies pour la tenue d’une élection présidentielle.

Dans un pays qui a déjà vécu un scénario similaire, le rapport d’un examen pour tenter de se maintenir au pouvoir à un nom : « Le +glissement+ est une stratégie qui se substitue souvent à l’échec de modifier la Constitution en vue d’un troisième mandat », explique Ithiel Batumike.

L’ex-président Joseph Kabila (2001-2019) avait tenté de conserver le pouvoir au-delà de deux mandats en modifiant la loi électorale en 2015. Des manifestations réprimées dans le sang et la pression internationale l’avaient finalement contraint à renoncer.

Opposant à l’époque, Félix Tshisekedi s’était élevé, au nom de la démocratie, contre le projet de son précédent.

- Pub -
Pages jaunes

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Partager :

spot_imgspot_img

Populaires

Dans la même catégorie
Associé

Crise au Soudan du Sud : Des enfants affamés et orphelins piégés

Le Soudan du Sud est au cœur d’une nouvelle...

Kenya :Scandale sur l’enrôlement forcé d’Africains en Russie

Fin juin 2025, Erastus Mundia quitte le Kenya pour...

Afrique du Sud : 150 scorpions dans ses bagages

Un homme de 28 ans a été arrêté à...

Xénophobie en Afrique du Sud : Plus de 200 Nigérians rentrent

Face à la montée des violences et des discours...