Quatre jours après son limogeage du poste de Premier ministre, Ousmane Sonko a été élu président de l’Assemblée nationale du Sénégal ce mardi 26 mai. Une désignation soutenue par la majorité du Pastef, mais boycottée par l’opposition, qui dénonce une entorse aux règles parlementaires.
Ousmane Sonko retrouve le devant de la scène politique sénégalaise. L’ancien Premier ministre a été élu ce 26 mai, président de l’Assemblée nationale. Ceci, à l’issue d’une séance marquée par le boycott des députés de l’opposition. Soutenu par les élus du Pastef, majoritaire au Parlement avec 130 sièges sur 165, le leader politique succède à El Malick Ndiaye, démissionnaire depuis le 24 mai dernier.
Longuement applaudi par les députés de son camp, Ousmane Sonko s’impose ainsi à la tête de l’institution parlementaire quelques jours seulement après avoir été écarté du gouvernement par le président Bassirou Diomaye Faye. Cette élection confirme l’influence intacte du chef du Pastef au sein de la majorité, malgré les tensions apparues ces derniers mois avec le chef de l’État, Diomaye Faye.
Sénégal: le président Faye nomme Premier ministre Ousmane Sonko, figure-clé de son élection
Séance sous tension
L’élection du nouveau président de l’Assemblée s’est déroulée dans un climat tendu. Dès l’ouverture de la séance, les députés de la principale coalition de l’opposition ont quitté l’hémicycle pour dénoncer ce qu’ils qualifient de « mascarade ». Selon eux, Ousmane Sonko ne pouvait pas retrouver son mandat de député après l’avoir perdu lors de sa nomination à la Primature.
« Nous avons décidé de ne pas participer à cette mascarade », a déclaré le député Abdou Mbow devant la presse. L’opposition accuse également le pouvoir de violer le règlement intérieur de l’Assemblée nationale et évoque un « coup d’État constitutionnel ».
Divergences au sommet
Cette nouvelle étape politique intervient dans un contexte de relations de plus en plus compliquées entre Ousmane Sonko et le président Bassirou Diomaye Faye. Depuis plusieurs mois, les deux hommes affichent des divergences sur la gestion du pouvoir et le fonctionnement du parti présidentiel.
Les premières tensions étaient apparues en juillet 2025, lorsque l’ancien Premier ministre avait publiquement évoqué un « problème d’autorité » dans le pays. Plus récemment, le chef de l’État avait dénoncé une « personnalisation excessive » du pouvoir autour de son Premier ministre.
Quelques heures avant son limogeage, Ousmane Sonko avait encore critiqué le président à l’Assemblée nationale, notamment sur la gestion des fonds politiques et la lenteur des poursuites contre d’anciens responsables du régime de Macky Sall.
Selon l’AFP, cette élection marque un nouveau tournant dans les rapports de force au sommet de l’État sénégalais.















