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Décès de Henry Fossung : L’État sollicité pour l’inhumation

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Décédé aux États-Unis, Henry Fossung, ancien ambassadeur du Cameroun et figure du mouvement sécessionniste anglophone, est au centre d’une nouvelle polémique. Selon le journaliste Bruno François Bidjang, sa famille solliciterait l’aide de l’État camerounais pour le rapatriement de sa dépouille et l’organisation de ses obsèques.

Dans une récente publication, Bruno François Bidjang affirme que la famille de Henry Fossung, ancien diplomate camerounais et figure du mouvement séparatiste anglophone, sollicite l’aide de l’État camerounais pour rapatrier son corps et organiser ses obsèques.

Il écrit :

« C’est une affaire qui fait actuellement des vagues dans les salons feutrés du pouvoir à Yaoundé. La famille de l’ancien ambassadeur camerounais Henry Fossung, devenu au fil des années l’une des figures du mouvement sécessionniste anglophone, souhaite rapatrier sa dépouille au Cameroun pour son inhumation à Buéa.

Mais derrière cette demande se cache une polémique à forte charge politique. Dans une correspondance adressée à la Présidence de la République, l’épouse du défunt sollicite une assistance financière estimée à près de 50 millions de FCFA afin d’organiser les obsèques et le transfert du corps depuis les États-Unis vers le Cameroun.

« Une question profondément sensible »

Une requête qui remet brutalement sur la table une question profondément sensible dans l’histoire contemporaine du Cameroun : celle de la responsabilité morale et politique des pionniers du mouvement séparatiste anglophone dans la crise qui a ensanglanté les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest pendant plusieurs années.

Présenté par certains comme un militant engagé pour la défense des populations anglophones, Henry Fossung fut également l’un des visages emblématiques du Southern Cameroons National Council, SCNC, organisation ayant longtemps porté le discours sécessionniste avant que la crise anglophone ne dégénère progressivement en conflit armé.

Au fil des années, cette crise a coûté la vie à des milliers de Camerounais, provoqué des déplacements massifs de populations, détruit des villages entiers et plongé d’innombrables familles dans le deuil, la peur et la précarité. Pour de nombreux observateurs, les leaders historiques du séparatisme portent une part importante de responsabilité dans l’enracinement d’un discours radical qui a fini par nourrir la violence armée.

« Une vague d’incompréhension »

Aujourd’hui, la demande d’assistance adressée à l’État camerounais suscite une vague d’incompréhension dans une partie de l’opinion publique. Beaucoup s’interrogent sur ce qu’ils considèrent comme une contradiction politique et morale.

Comment peut-on combattre pendant des décennies les institutions d’un pays, remettre en cause son unité, soutenir un projet de séparation et, au moment du décès, solliciter la solidarité financière et institutionnelle du même État ? La question divise, choque parfois, mais mérite d’être posée.

Plusieurs accusations ont également circulé au fil des années dans certains milieux politiques et sécuritaires concernant l’existence de réseaux ayant facilité le départ de militants séparatistes vers les États-Unis sous couvert de demandes d’asile politique. Des témoignages évoquent des montages photographiques et des mises en scène destinées à fabriquer des dossiers de persécution afin d’obtenir plus facilement l’asile.

« Des conséquences humaines dramatiques »

Au-delà de la disparition d’un homme, l’héritage politique du SCNC revient dans le débat public camerounais. Cette organisation a marqué l’histoire du mouvement séparatiste anglophone. La crise anglophone reste aussi l’une des blessures les plus douloureuses du Cameroun récent.

Elle a été marquée par des revendications identitaires, des discours séparatistes et de lourdes conséquences humaines. Dans la mémoire collective, les morts, les déplacés et les traumatismes restent encore présents. Une question continue donc de traverser les esprits. Peut-on combattre un État pendant des années, puis solliciter son aide au moment du décès ? Peut-on fragiliser son unité nationale, puis demander ses honneurs et sa solidarité ? »

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