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Réforme des institutions :Le dernier baroud d’honneur de Biya

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Trans Afrique

Le projet sur la réforme des institutions. Avec notamment la création d’un poste de vice-président au Cameroun, bouleverse l’architecture institutionnelle. Et relance le débat sur la succession présidentielle. Entre consolidation de la stabilité et contrôle du pouvoir. Une réforme qui soulève des interrogations sur la légitimité démocratique de ce choix stratégique.

Paul Biya n’est pas resté insensible aux critiques. Pour preuve, le report des discussions en plénière du texte sur la prorogation du mandat des conseillers municipaux. Suite aux critiques des députés et de l’opinion, la convocation des deux chambres en congrès. Autant de signaux qui le démontrent à suffisance.   Le chef de l’État prépare d’ores et déjà son retrait de la scène.

Architecture institutionnelle

Selon des mandarins du parti au pouvoir, sa réforme des institutions va au-delà des conjectures. Pour le député Nourane Foster, il est indéniable que cette journée marque un tournant historique pour le Cameroun.

En effet, avance-t-elle, depuis la révision institutionnelle de 1984, qui avait supprimé le poste de vice-président au profit de Premier ministre. Notre architecture institutionnelle n’avait pas intégré cette fonction au sommet de l’État.

« Aujourd’hui, avec ce nouveau projet de loi, c’est donc un retour majeur. Qui s’opère dans l’organisation du pouvoir exécutif », se dit-elle. Le Pr Félicite Owona Mfegue, dit que ce projet de loi va faire du Cameroun un « régime de bâtard ».

Interrogations subliminales

« Il faut regretter, avec une gravité mélancolique, le glissement progressif du système politique camerounais depuis la Constitution de 1996. Ouvre à laquelle Joseph Owona avait insufflé une ambition d’équilibre et de mesure », écrit-elle.

Poursuivant, elle signale que le projet de révision de 2026 suscite à son tour des interrogations subliminales. Autour de la figure perverse et bicéphale d’un vice-président aux côtés d’un Premier ministre déjà en place.

Pour sa part, « ce Janus à double visage ne clarifie rien. Il trouble ! Il juxtapose. Il confond ! L’emprunt à des modèles étrangers, notamment présidentiels, se fait sans leurs contrepoids, sans leur logique interne. Le rôle autrefois attribué au président du Sénat dans l’ordre de succession se trouve superposé et fait double emploi ».

Dès lors, certains observateurs évoquent l’émergence d’un modèle hybride, incertain, presque insaisissable. Non, pas nécessairement problématique en soi. Mais qui appelle à une vigilance accrue quant à sa cohérence interne et à son efficacité réelle.

Réactions

Abdouraman Hamadou Babba

Abdouraman Hamadou Babba : « Ce projet de loi est anticonstitutionnel. »

Réaction du président national du Rassemblement pour le développement et la défense de la République du Cameroun (RDDRC)

« La Constitution actuelle du Cameroun interdit aux députés et aux sénateurs, réunis en congrès. D’adopter le projet de loi qui leur a été soumis. Le projet de loi Nº 2094/PJL/P portant modification de la Constitution du Cameroun a été soumis au Parlement le 2 avril 2026. Est anticonstitutionnel et son adoption ne peut être que nulle et non avenue.

Assassiner la démocratie camerounaise

Selon l’article 64 de la Constitution du Cameroun actuellement en vigueur. «Aucune procédure de révision ne peut être retenue si elle porte atteinte à la forme républicaine. A l’unité et à l’intégrité territoriale de l’Etat. Et aux principes démocratiques qui régissent la République ».

Le suffrage universel est le principal garant de la démocratie. Donner le pouvoir à une seule personne de nommer le Président de la République du Cameroun. Revient à assassiner cette démocratie camerounaise qui n’en est pourtant qu’à ses balbutiements.

Les dispositions de l’article 6 alinéa 6 de ce projet de loi constitutionnelle. Qui permet à M. Paul Biya de se substituer au Peuple camerounais. Et de nommer de manière discrétionnaire le prochain président de la République. Porte gravement atteinte aux principes démocratiques qui régissent notre République.

En outre, les dispositions de cet article 6 alinéa 6 viennent en totale contradiction avec celles de l’article 5 (2). Du même projet de loi qui dispose : « le président de la République est élu de la nation toute entière ».

Nommer les députés

En cas de vacance de la présidence, le vice-président qui deviendra le président de la République ne sera élu que par M. Biya… Il n’aura même jamais fait acte de candidature et n’aura signé aucun contrat avec le Peuple camerounais souverain.

En quelques petites semaines, le président Paul Biya s’est donc arrogé le pouvoir de nommer les députés, les conseillers municipaux et le président de la République. Il est plus qu’évident que le respect de la Constitution n’a jamais été une des préoccupations. Du président Paul Biya qui est étonnamment présenté comme « légaliste » par ses affidés.

Il est également plus qu’évident que, contrairement à son souhait exprimé en 1990, l’histoire ne retiendra pas du président Paul Biya l’image de celui qui a apporté la démocratie et la prospérité au Cameroun.

Il est donc plus qu’impératif pour le Peuple du changement de se mobiliser davantage. Et de rester vigilant pour agir le moment venu. Car, contrairement à ce que pensent certains, il y a encore des solutions. Pour empêcher une nouvelle confiscation de notre pays pour les cinquante prochaines années. Nous devons donc travailler pour être prêts ! »

Michel ange Angouing

Michel ange Angouing : Un Cameroun nouveau est-il encore possible ?

L’analyse de l’ancien ministre et ponte du régime.

« Le président de la République, Son Excellence Paul Biya, a dit que l’on n’a plus besoin de prendre le maquis ou de s’exiler pour exprimer ses opinions.

Moi je crois fermement à la sincérité de cette déclaration faite solennellement au peuple camerounais On pourrait aujourd’hui en faire le bilan pour voir qu’est-ce qui n’a pas marché.

Ce bilan-là, fait par des citoyens de tous bords, réputés pour leur expertise et leur patriotisme, dans un cadre à définir, me semble important pour un nouveau départ.

Le Conseil constitutionnel a déclaré, pour clore le débat, le candidat du Rdpc, Paul Biya, vainqueur de l’élection présidentielle.  Il est donc question pour tous et davantage pour ses militants, de l’aider à dérouler sereinement son programme.

UN BON CASTING

Le respect du débat démocratique, l’instauration de l’état de droit, la promotion du vivre ensemble, la répartition équitable des fruits de la croissance, le patriotisme , le pardon et…le respect des libertés individuelles et la vie me semblent être les bons ingrédients pour un Cameroun stable, apaisé et résolument tourné vers son développement et son avenir.

Je ne fais aucune révélation si j’ajoute que pour cela, UN BON CASTING est nécessaire pour la renaissance de notre pays Le bon vin dans quelques vieilles outres bien identifiées pour leur expertise et leur amour pour la République qu’accompagneraient prioritairement et majoritairement de nouvelles outres. Des femmes et des jeunes, réputés pour leur compétence, leur intégrité et leur attachement au service de l’intérêt général.

Le président de la République a l’expérience et l’expertise nécessaires pour faire les bons dosages. Nous devons cependant à la vérité de dire que le président de la République. Bien qu’il nous connaisse tous et bien, il a besoin d’être assisté. Pour détecter les bonnes personnes. Mais comme je l’ai dit dans une précédente sortie, nos jugements ont la faiblesse de nos faiblesses.

L’intérêt général

Il est tout à fait légitime d’orienter un choix pour des raisons que l’on peut imaginer. Mais il est plus utile et indiqué d’avoir présent à l’esprit le souci de l’intérêt général.  Notre pays regorge de ressources humaines de qualité.  J’ai beaucoup d’estime et de respect pour ceux qui se taisent devant des situations dont ils ont pourtant la bonne solution. C’est une grande force.

Mais choisir le silence alors qu’on est champion des messes de minuit où l’on calomnie, trahit ou neutralise le frère. L’ami ou le camarade dont le seul fait d’exister fait trembler, n’aide pas le président de la République et la République.

Détruire la sœur

Dans la journée, on ne dit rien, on ne voit rien, on n’entend rien. On chante Paul Biya en journée et la nuit on rend gloire à Satan pour détruire la sœur, le frère. L’ami ou le camarade pour espérer se maintenir ou arriver au pouvoir.

Ces pratiques-là méritent d’être dénoncées et condamnées parce qu’elles ne favorisent pas l’éclosion d’un Cameroun nouveau que nous voulons tous ou presque.  Sommes-nous devenus tous des  » poissons fumés « ? Non, un sursaut est encore possible en toute humilité. Aujourd’hui plus qu’hier, le président de la République a besoin de sérénité autour de lui, de tranquillité dans la nation entière, de la bonne information en temps réel, pour initier les grandes réformes que le peuple entier attend avec patience.  Oui, un Cameroun nouveau est possible. Union de prières pour la santé et pour la paix ».

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