Après l’interdiction annoncée contre les whisky en sachets fabriqués clandestinement, les réactions se multiplient dans les quartiers. Si certains approuvent cette décision pour protéger la santé des populations, d’autres craignent la perte d’un produit peu coûteux et d’une activité génératrice de revenus.
Le whisky en sachet continue de faire débat au Cameroun. Malgré son interdiction annoncée en 2014, cette boisson alcoolisée, conditionnée dans de petits emballages plastiques, reste présente sur plusieurs marchés et dans des quartiers populaires.
Face à la persistance du phénomène et aux risques sanitaires associés, le gouvernement veut passer à une nouvelle étape. Lors d’une descente effectuée dans une unité clandestine de production à Douala, Fuh Calistus Gentry, ministre intérimaire des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique, a donné un ultimatum aux fabricants illégaux.
Ces derniers ont jusqu’au 18 décembre 2026 pour se conformer aux exigences réglementaires ou mettre fin à leurs activités. Cette décision intervient après plusieurs alertes liées aux conséquences de la consommation de ces liqueurs produites dans des conditions non contrôlées, notamment les drames enregistrés à Nkongsamba et Bangangté, ayant entraîné plusieurs décès.
Deux usines clandestines de production d’eau en sachets démantelées à Bafoussam
L’annonce du gouvernement suscite des réactions
Sur les marchés et dans certains petits commerces, l’annonce du gouvernement suscite des réactions contrastées.
Pour certains citoyens, cette interdiction représente une mesure nécessaire. Ils estiment que les risques liés à ces boissons sont devenus trop importants et que la protection de la santé publique doit rester prioritaire.
« Il faut penser à la santé. Beaucoup de personnes consomment ces boissons sans connaître les produits utilisés dans leur fabrication », explique Mariline, interrogée sur le sujet.
Mais pour d’autres, la disparition annoncée du whisky en sachet pourrait créer des difficultés. Son prix très accessible explique en partie son succès auprès d’une partie de la population.
« On achète parce qu’il coûte moins cher »
« C’est un produit qu’on achète parce qu’il coûte moins cher. S’il disparaît, il faut aussi proposer autre chose pour remplacer, moins cher aussi », estime un consommateur rencontré au quartier Nyalla, à Douala.
Au-delà de la question sanitaire, le whisky en sachet représente également une source de revenus pour plusieurs personnes impliquées dans sa distribution.
Derrière les sachets vendus généralement à 100 FCFA l’unité, on retrouve des vendeurs et des détaillants qui tirent une partie de leurs revenus de cette activité.
Certains reconnaissent les risques liés à ces boissons, mais demandent qu’une solution soit trouvée pour ceux qui en tirent leurs revenus.
« Il faut protéger la population, mais il faut aussi penser aux personnes comme nous qui vivons des petits commerces », explique Bernadette, « call-boxeuse » à Douala.
Le gouvernement devra donc trouver un équilibre entre la protection de la santé publique et les inquiétudes économiques liées à cette mesure.
Alors que l’échéance du 18 décembre 2026 approche, les regards sont désormais tournés vers les actions concrètes qui seront menées sur le terrain.











