Une vingtaine d’entreprises de sous-traitance camerounaises ont été formées mercredi à la maîtrise de la chaîne d’approvisionnement. À l’initiative de la Bourse de sous-traitance et de partenariat du Cameroun (Bstp).
De nombreuses entreprises locales de petite taille, Pme et Pmi confondues, peinent toujours à maîtriser la chaîne d’approvisionnement. Un mécanisme connu sous l’acronyme anglais de supply chain. Cette lacune met souvent à mal leurs relations avec les donneurs d’ordre.
De la mauvaise gestion de stocks aux pertes financières
Notamment dans le cadre de l’exécution des prestations relevant de la sous-traitance locale. Elle porte aussi un lourd préjudice à certaines parties prenantes au contrat. Tel est le diagnostic réalisé par le directeur exécutif de la Bstp, Evariste Yameni. «Les Pme camerounaises se retrouvent souvent prises en étau. Elles sont sous-traitantes pour des multinationales, mais doivent elles-mêmes gérer leurs propres fournisseurs et sous-traitants de second rang. »
En effet, « une mauvaise gestion des flux, des ruptures de stock ou des contrats mal ficelés entraîne des retards. Et des pertes financières. » Or, ces « retards en cascade » ne manquent pas d’impacter le contrat de sous-traitance.
Jabea Massoma Ekolo est responsable de la communication chez Romac Distribution. Pour elle, les mauvaises pratiques de gestion de flux sont d’abord préjudiciables aux Pme elles-mêmes en termes de pertes. « Je fais dans la distribution et puis, la plupart du temps, quand on essaie de faire les mauvaises transactions, c’est nous qui sommes en perte », reconnaît-elle.
Difficile arrimage aux standards
Jean Defo est opérateur dans le secteur du génie civil et directeur général de Wad&Def. Il reconnaît, lui aussi, que les entreprises locales ne répondent pas toujours aux attentes de leurs partenaires. Ceux-ci sont la plupart du temps les grandes entreprises, multinationales comprises.
Evariste Yameni : « Une gestion efficace des contrats évite les conflits »
«Généralement, avec les donneurs d’ordre, les grandes entreprises, nous avons toujours les problèmes. Parce qu’ils ont des standards que nous ne parvenons pas à respecter », affirme-t-il. En effet, ajoute l’opérateur, l’une des pratiques courantes, c’est le non-respect par la Pme du cahier des charges. Celui initialement écrit et convenu d’accord parties.
Ces constats justifient l’atelier de formation de deux jours que la Bstp a organisé à Douala. A l’intention des responsables Achats et Logistique, des Supply Chain Managers, des directeurs des Opérations et chefs de Projet.
Professionnaliser la fonction « Achats et Supply Chain » des Pme
Un casting fait à dessein. La gestion des contrats de sous-traitance et de la chaîne d’approvisionnement concernant tant les grandes entreprises que les Pme. La formation de 48 heures s’est clôturée mercredi.
Elle visait, selon Evariste Yameni, à professionnaliser la fonction « Achats et Supply Chain » des Pme. Pour fluidifier leurs opérations et sécuriser leurs partenariats. »
« Il s’agissait de doter les participants des compétences stratégiques et opérationnelles pour structurer leur chaîne d’approvisionnement. Sourcer efficacement et sécuriser leurs contrats de sous-traitance », explique Evariste Yameni.
Selon le directeur exécutif de la Bstp, « cela passe par la maîtrise des fondamentaux de la Supply Chain. En l’occurrence la gestion des stocks, flux logistiques, approvisionnements. La mise en place d’une stratégie de sourcing pour identifier les meilleures approches de distribution à chaque fois qu’on a des opportunités de partenariat ».
S’arrimer aux standards internationaux
« La rédaction et la négociation des contrats de sous-traitance équilibrés, incluant des accords de niveau de service (SLA). Et enfin par la capacité à cartographier les risques de la chaîne d’approvisionnement. Et de définir des mécanismes de résolution des litiges. »
Romac Distribution sous-traite avec des partenaires tels que Globelec et le Parc à bois. L’entreprise envisage à terme de décrocher des contrats avec de gros clients tels Mtn ou les Nations-Unies.
Responsable Communication, Jabea Massoma Ekolo sait qu’il est dans leur intérêt de s’arrimer aux standards internationaux. Pour atteindre cet objectif. « On doit par exemple arrêter les transactions informelles que nous faisons souvent. Parce que ça ne nous aide pas à évoluer dans notre domaine spécifique ».












