La dette publique du Cameroun est en perpétuelle croissance alors que le pays envisage près de 7700 milliards d’emprunt d’ici 2028.
La dette publique correspond à l’ensemble des engagements financiers pris sous forme d’emprunts par l’État, les collectivités publiques. Et les organismes qui en dépendent directement. Selon les experts des questions liées à la finance, elle évolue constamment au rythme des remboursements d’emprunts effectués. Par l’État et les administrations publiques et des nouveaux emprunts qu’ils contractent pour financer leurs déficits.
Gestion de la dette
Au Cameroun, l’encours de la dette du secteur public camerounais s’est établi à 15 416 milliards Fcfa. Environ 27,3 milliards de dollars au 31 mars 2026, représentant 44,3 % du produit intérieur brut (PIB). Selon les données publiées vendredi par la Caisse autonome d’amortissement (CAA).
L’organisme public chargé de la gestion de la dette du Cameroun, souligne que ce niveau d’endettement reste bien inférieur. Au plafond de 50 % du PIB fixé par la Stratégie d’endettement à moyen terme 2025-2027 du Cameroun.
Ainsi qu’au seuil communautaire de 70 %. Retenu dans les critères de convergence de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). Pour la Caa, la dette publique a enregistré une progression. Avec une hausse de 0,2 % en glissement mensuel, de 4,1 % en glissement trimestriel et de 6 % en glissement annuel.
Cependant, dans sa dernière note de conjoncture, l’institution met un accent sur l’ampleur des besoins de financement de l’État camerounais. Pour les prochaines années. Selon ladite note en notre possession, le Cameroun devra mobiliser 7 689 milliards Fcfa d’emprunts entre 2026 et 2028. Afin de couvrir ses besoins de financement. « Ce montant représente à lui seul 87,2 % du budget de l’État pour l’exercice 2026 », souligne la Caa.
Fluctuations des taux de change
A y regarder de près, pas moins de 3 197 milliards de Fcfa devraient être mobilisés dès cette année. Conformément à la loi du ministère des Finances camerounais. « Les 4 500 milliards de Fcfa restants sont attendus en 2027 et 2028. Avec notamment un emprunt international de 1 000 milliards Fcfa prévu en 2027. Contracté en devises étrangères, cet emprunt sera exposé aux fluctuations des taux de change. Notamment du dollar américain et de l’euro ».
En fin mars 2026, l’encours de la dette publique du Cameroun s’élevait à 15 416 milliards Fcfa. Soit une hausse de 6 % sur un an.
Même si pour l’instant le ratio dette/PIB atteint désormais 44,3 %, un niveau qui demeure, inférieur aux plafonds fixés. Par les autorités nationales et communautaires, force est de noter que des indicateurs appellent à la vigilance. « Le service de la dette devrait passer de 7 % à 8,8 % du PIB entre 2025 et 2026. Tandis que les arriérés de paiement dépassent désormais 1000 milliards Fcfa », avons-nous appris.
Au regard de la situation, il y a, selon des experts financiers, lieu de craindre tant le Fonds monétaire international (FMI). Et la Banque africaine de développement (BAD) classent le Cameroun parmi les pays qui présentent un risque élevé de surendettement.
A en croire des analystes, une partie importante des nouveaux emprunts serait destinée au refinancement des dettes existantes. Plutôt qu’au financement de nouveaux investissements susceptibles de soutenir durablement la croissance économique.












