L’achat des verres médicaux est désormais encadré par des tarifs fixes. Pour lutter contre la contrefaçon et l’anarchie des prix, l’Ordre national des opticiens du Cameroun (ONOC), avec l’aval du ministère de la Santé publique, applique depuis peu un nouveau référentiel tarifaire strict.
Ce n’est donc pas un secret. Se faire prescrire et fabriquer des lunettes de vue au Cameroun a toujours ressemblé à un parcours du combattant financier. Les citoyens sont pris entre la multiplication des cabinets d’optique clandestins. L’absence de lisibilité sur les prix et la prolifération de verres de contrefaçon.
Plus de dix ans sans révision du barème
Et personne pour venir en aide aux patients camerounais tout le temps, livrés à eux-mêmes. Et c’est donc pour mettre fin à cette situation que l’Ordre national des opticiens du Cameroun a franchi un pas.
En effet, avec l’accompagnement du ministère de la Santé publique, un nouveau référentiel de prix est entré en vigueur. Il est applicable depuis le 1ᵉʳ juillet 2026. Et encadre de manière stricte les tarifs des verres ophtalmiques sur l’ensemble du territoire national.
Ceci intervient après plus de dix ans sans révision du barème. Il est donc question de stabiliser le marché et de protéger le consommateur. Ainsi donc, le nouveau dispositif s’articule principalement autour de deux grands paliers pour les verres blancs montés.
Ce que prévoit le nouveau référentiel tarifaire
Type de verre médical (monté) Tarif réglementé (plafond) Public cible
Verres unifocaux blancs 25 000 Fcfa maximum Myopie, hypermétropie,
astigmatisme simple
Verres progressifs blancs 50 000 Fcfa maximum Presbytie (correction de près et de loin)
En principe, ces montants ont été calculés pour tenir compte de la réalité économique des cabinets d’optique. Notamment la hausse des coûts de production. Les technologies de taillage tout en restant accessibles à la classe moyenne camerounaise.
Alors la mise en place de ces tarifs fixes répond à trois défis majeurs de santé publique au Cameroun. On peut citer en première place, la lutte contre la contrefaçon et le trafic des verres. Pour les professionnels, « le marché camerounais était inondé de verres de qualité douteuse importés hors des circuits officiels », dit un opticien sous cap.
Aussi, « le nouveau référentiel exige que chaque verre vendu réponde à des critères stricts de fiabilité et de traçabilité. Désormais donc, le verre médical acquiert pleinement le statut de dispositif médical. Soumis au processus d’homologation rigoureux du Minsanté», nous apprend-on au Ministère.
Contre l’exercice illégal de la profession
En 2è position, il y a le démantèlement des réseaux clandestins. Et ici, l’encadrement de ces prix s’accompagne d’une vaste opération d’assainissement du secteur. A l’Onoc il est clairement établi que, « pour que ces tarifs soient respectés. Il faut une lutte active contre l’exercice illégal de la profession d’opticien », nous a-t-on soufflé.
Si l’on s’en tient aux chiffres en début du mois de juillet 2026. L’Onoc a ordonné la fermeture de 80 établissements d’optique clandestins dans les villes de Yaoundé et de Douala.
Optique médicale : vers un accès à des soins visuels de qualité
Il y a pour terminer, la fin de l’anarchie des prix. Il faut préciser qu’avant cette réforme, un patient pouvait payer le triple du prix réel. Pour un équipement identique d’une boutique à une autre. Et donc, l’harmonisation des tarifs permet aux Camerounais d’acheter leurs verres en toute confiance, sans craindre d’être surfacturés
Autre objectif poursuivi, la mise en scène des assurances et mutuelles de santé privées implantées au Cameroun. Celles-ci disposent maintenant d’une base tarifaire claire pour ajuster leurs plafonds de remboursement. Toute chose qui qui devrait réduire le reste à charge pour les salariés affiliés.
Et pour ce qui est de la garantie, l’Onoc décline toute responsabilité pour les verres achetés en dehors des structures agréées.











