Malgré l’interdiction officielle, le lait infantile Nursie reste largement disponible dans les marchés et supermarchés de Douala, au mépris des consignes sanitaires.
À Douala, la mesure d’interdiction peine visiblement à produire ses effets. Dans plusieurs points de vente, le lait infantile Nursie continue d’être proposé aux clients. Au China Mall, situé à proximité de Ndokoti, les boîtes sont bien visibles en rayon. Les clients s’arrêtent puis achètent, sans se douter de la polémique. Sur place, Annette, jeune mère, découvre la situation avec étonnement. « Je ne suis pas au courant. Je l’utilise pour mon bébé sans problème », confie-t-elle, visiblement surprise.
Pourtant, les autorités sanitaires ont tiré la sonnette d’alarme. En cause, la présence suspectée de céréulide, une toxine produite par la bactérie Bacillus cereus. Cette substance résiste à la chaleur et peut provoquer des vomissements peu après ingestion. Face au risque, le retrait immédiat des produits du marché a été exigé.
Laits infantiles Nursie : alerte sanitaire et retrait préventif au Cameroun
Logique économique Vs consignes sanitaires
Les commerçants, eux, semblent peu disposés à appliquer la décision. En effet, au marché Mboppi, le constat est tout aussi frappant. Dans plusieurs boutiques, les boîtes de Nursie s’empilent encore sur les étagères. Les vendeurs reconnaissent vendre le produit sans hésitation. « On a déjà acheté la marchandise. On ne peut pas perdre notre argent comme ça », lance une commerçante, d’un ton ferme. Ici, la logique économique prend clairement le dessus sur les consignes sanitaires.
Du côté des consommateurs, l’information circule mal. Mireille Nguidjol, mère de jumeaux, affirme ne rien savoir de l’interdiction. « Mes enfants consomment ce lait et je n’ai rien remarqué d’anormal », explique-t-elle calmement. À ses côtés, une autre cliente venue s’approvisionner partage le même constat. « Si c’était dangereux, on ne vendrait pas encore ça ici », estime-t-elle, confiante.
À Ndokoti, la situation reste préoccupante. Certains commerçants disent simplement ignorer l’existence de la mesure. « Personne ne nous a informés officiellement, donc nous vendons », assure une vendeuse, visiblement surprise par les questions.
Entre méconnaissance et refus d’appliquer les règles, le produit continue de circuler librement. Ainsi, malgré l’alerte sanitaire, le lait Nursie reste bien ancré dans les habitudes de consommation. Une réalité qui interroge sur l’effectivité des contrôles de normes et qualité sur le terrain.
















