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Dette fédérale américaine record : les États-Unis franchissent les 40.000 milliards de dollars

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Dette fédérale américaine record : les États-Unis ont dépassé pour la première fois les 40 000 milliards de dollars d’endettement, selon des données publiées mercredi par le ministère des Finances. L’encours du Trésor atteint 40 047 milliards, porté par les emprunts liés à la santé, à la sécurité sociale et par la charge des intérêts. Les taux longs, eux, culminent à leur plus haut niveau depuis 2007.

Dette fédérale américaine record : le seuil des 40.000 milliards tombe

Le ministère des Finances a publié mercredi des chiffres sans ambiguïté. L’encours de la dette du Trésor américain atteint 40,047 milliards de dollars. Les États-Unis franchissent, pour la première fois, la barre symbolique des 40 000 milliards.

La dernière émission de bons, mardi, a fait basculer le compteur. Deux moteurs expliquent cette progression. Les emprunts liés à la santé et à la sécurité sociale augmentent, et les intérêts payés par l’État suivent la même pente.

Ce franchissement intervient dans un climat financier tendu. Les coûts d’emprunt montent. Washington paie donc sa dette plus cher au moment même où elle enfle.

Le compteur affiche 47 milliards de dollars au-dessus de la barre. La marge paraît mince à cette échelle. Elle suffit pourtant à faire tomber un repère jamais atteint.

Le seuil reste symbolique sur le plan comptable. Il pèse en revanche sur la perception des marchés. Les investisseurs y voient un repère, davantage qu’un simple chiffre.

Une hausse plus rapide que les prévisions du CBO

Le Bureau du Congrès pour le budget tablait sur une tout autre trajectoire. Le CBO anticipait jusqu’ici un endettement de l’État fédéral de l’ordre de 39 400 milliards de dollars d’ici la fin de l’année. La réalité a pris de l’avance sur cette projection.

Plus de 600 milliards de dollars séparent le chiffre publié mercredi de cette prévision de fin d’année. Le calendrier accentue encore le décalage. Le seuil tombe en août, et non en décembre.

Deux postes tirent la dynamique. Les programmes de santé et de sécurité sociale mobilisent des emprunts croissants. La charge d’intérêts, elle, augmente avec les taux.

Cette mécanique se referme sur elle-même. Chaque dollar emprunté produit des intérêts. Ces intérêts alimentent à leur tour de nouveaux emprunts.

L’écart avec la projection du CBO porte sur quelques mois seulement. Il donne la mesure de la vitesse d’accumulation des engagements fédéraux.

Des taux longs au plus haut depuis 2007

Les inquiétudes liées à l’inflation dominent le marché obligataire. Le conflit au Moyen-Orient nourrit ces craintes. La flambée des prix de l’énergie les amplifie.

Ces tensions ont emporté les coûts d’emprunt à des niveaux jamais vus depuis des années. Le rendement des bons du Trésor à long terme, à la maturité de 30 ans, a atteint mardi son plus haut niveau depuis 2007.

Le marché obligataire fixe le prix de cette dette. Un rendement plus élevé impose un financement plus coûteux à l’État. Le marché n’avait plus connu de tels rendements depuis dix-neuf ans.

La conséquence tombe immédiatement sur les comptes publics. L’État doit dépenser toujours plus pour se refinancer. Ce surcoût aggrave, par la même occasion, son endettement.

Le ministère des Finances a réagi dès mercredi. Il a annoncé de plus larges rachats d’obligations à long terme à compter de septembre. L’annonce a rassuré les investisseurs et détendu les taux.

Ce geste technique a calmé la séance. Il ne modifie pas la trajectoire de fond. Le stock de dette, lui, continue de grossir.

Dette fédérale américaine record : un ratio proche de 125 % du PIB

La dette du pays a plus que doublé depuis la crise financière de 2008. Elle représente désormais un ratio de près de 125 % du produit intérieur brut américain.

Les repères budgétaires ont changé d’échelle en quelques années. Des déficits compris entre 3% et 4% du PIB avaient autrefois de quoi inquiéter les marchés financiers. Ces niveaux avoisinent désormais 6% à 7% du PIB, souligne Jessica Riedl, spécialiste du budget pour la Brookings Institution.

Le doublement du ratio raconte deux décennies de chocs. Les emprunts fédéraux ont bondi pendant la crise financière de 2007-2009. Ils ont encore fortement augmenté lors de la récession provoquée par le Covid-19, rappelle à l’AFP Caleb Quakenbush, directeur de la politique budgétaire au Bipartisan Policy Center.

Les promesses politiques face aux comptes

Donald Trump a promis, lors de ses deux mandats, de couper dans les dépenses gouvernementales. Il visait aussi une réduction du déficit annuel.

Le ministre des Finances Scott Bessent avait fixé un cap chiffré. Son objectif : ramener le déficit américain à 3% du PIB.

Le déficit s’est pourtant creusé ces derniers mois. Le remboursement aux entreprises des droits de douane, que la Cour suprême a annulés en février, pèse sur les comptes fédéraux. Les réductions d’impôts et les dépenses militaires, en particulier liées au conflit avec l’Iran, ont englouti de nombreux milliards de dollars.

Trois forces jouent donc dans le même sens. La fiscalité rapporte moins, tandis que la défense coûte plus. Les remboursements consécutifs à la décision de la Cour suprême ponctionnent la trésorerie.

Les engagements politiques se heurtent ainsi aux chiffres publiés mercredi. L’écart entre la cible de 3% et les niveaux constatés reste large.

Réactions : des marchés « plus nerveux »

Les spécialistes du budget décrivent une situation connue de longue date. « Il est bien connu que l’État fédéral a un rythme de déficit qui n’est pas soutenable », a souligné Jessica Riedl.

La spécialiste décrit un rythme de déficit installé, pas un accident de parcours. Le constat circule depuis longtemps parmi les experts du budget.

L’ampleur des déficits actuels change la lecture des marchés. « Cela a rendu les marchés plus nerveux », a-t-elle ajouté.

Les analystes appellent malgré tout à la prudence sur l’interprétation des seuils. Aucun niveau d’endettement rapporté au PIB ne déclenche automatiquement une crise, soulignent-ils.

Ils rappellent également une distinction technique importante. La dette détenue par le public, qui exclut les créances d’une administration fédérale sur une autre, constitue généralement un indicateur plus suivi que la dette totale.

Le chiffre brut garde pourtant une force particulière. « Mais d’un point de vue psychologique, ce sont ces repères qui alertent les marchés financiers sur la nécessité de se pencher à nouveau sur la hausse de la dette », estime Mme Riedl.

Dette fédérale américaine record : les conséquences attendues

La première conséquence touche le coût de l’argent. Des taux longs au plus haut depuis 2007 renchérissent chaque refinancement. L’État emprunte davantage pour payer ce qu’il doit déjà.

Le Trésor dispose d’outils à court terme. Les rachats élargis d’obligations longues, prévus dès septembre, en font partie. Leur effet s’est fait sentir sur les taux dès mercredi.

Le débat de fond reste entier au Congrès. Ni les parlementaires ni les administrations américaines n’ont abordé la trajectoire des dépenses budgétaires de manière « significative ou durable », selon Caleb Quakenbush.

Cette inaction pose de sérieux défis en cas de nouvelle crise, avertit le responsable du Bipartisan Policy Center. L’histoire récente donne la mesure du risque. Deux chocs ont déjà fait bondir les emprunts fédéraux en moins de vingt ans.

Deux chiffres résument désormais l’état des finances fédérales. Le stock de dette dépasse 40,047 milliards de dollars. Le ratio d’endettement approche 125% du PIB.

Les prochaines semaines diront si la détente obtenue mercredi tient. Le calendrier des émissions, lui, ne s’arrête pas. Chaque adjudication rapprochera un peu plus la dette du prochain seuil symbolique.

Source : Agence France-Presse

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