Le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) tient sa convention extraordinaire élective du 17 octobre prochain. En vue de désigner le successeur à Maurice Kamto à la tête de ce parti politique2 de l’opposition. Alors que la polémique enflait sur le caractère légal de cette manifestation, le Minat Paul Atanga Nji vient de l’autoriser.
Plus de doute, le Mouvement pour la renaissance du Cameroun tiendra bel et bien sa convention le 17 octobre prochain. En effet, le ministère de l’Administration territoriale (Minat) vient de marquer son accord pour la tenue de l’événement public.
Le récépissé 000332 délivré
Et c’est via le récépissé 000332 délivré ce 28 septembre 2026 par le sous-préfet de Yaoundé IV. Les travaux de ladite convention extraordinaire se tiendront au siège du parti au quartier Odza. De 8 heures à 20 heures. C’est du moins ce que mentionne le document administratif délivré par l’autorité territoriale compétente.
Dans le récépissé, l’autorité administrative affirme prendre acte du dépôt d’une déclaration de réunion publique. La déclaration a été effectuée dans ses services en date du 23 septembre par Roger Justin Noah. Qui fait office de secrétaire général adjoint N°1 du Mrc.
Une convention conforme à la loi de 1990
Ce dernier agissait alors pour le compte de la formation politique dénommée « Mouvement pour la renaissance du Cameroun ». Le récépissé précise que sieur Noah sera tenu responsable de tout incident qui surviendrait pendant la convention extraordinaire.
De même que deux autres cadres du Mrc, Sindze Deffo épse Kouam Clémence et Siaka Nestor. En effet au Cameroun, les réunions et manifestations publiques sont régies par la loi n°90/055 du 19 décembre 1990. Dans le principe, leur tenue ne pose aucun problème tant que les déclarants s’engagent à respecter l’ordre public.
Et d’ailleurs, ces événements sont censés bénéficier d’un encadrement par les forces du maintien de l’ordre. Lesquels, d’une part, veillent à la sécurité des personnes et des biens. Et, d’autre part, s’assurent que les organisateurs respectent les lieux, date et heures déclarés.
Interdictions systématiques des manifestations du Mrc
Au regard de ce qui précède, la délivrance du récépissé d’autorisation d’une manifestation publique peut paraître un fait banal. Mais seulement, dans la réalité camerounaise, les choses ne sont pas si simples.
En effet, les partis politiques incarnant l’opposition historique au Cameroun ont toujours peiné à obtenir l’autorisation de leurs manifestations publiques. Il y a encore quelques années, c’étaient les militants du Social Democratic Front (SDF) qui avalaient cette pilule amère. Ou encore ceux des factions de l’Union des populations du Cameroun (Upc) jugées hostiles par le régime.
Et depuis près de 15 ans, ce sont les partisans de Maurice Kamto qui en ont fait les frais. En effet, les interdictions de manifestations de ce parti politique ont toujours été quasi systématiques. Ce parti ayant été jugé de radical et d’hostile par des caciques du régime au pouvoir.
Le départ de Kamto et la décrispation ?
Or, depuis le 9 septembre dernier, Maurice Kamto a démissionné de ses fonctions de président national du Mrc. Dans la foulée, le premier vice-président du parti, Mamadou Mota a jeté l’éponge.
Dès lors, faut-il voir un lien entre ces démissions et l’assouplissement du régime et de l’administration à l’égard du Mrc ? Rien n’est moins sûr.
L’autorisation de la convention extraordinaire du 17 septembre s’apparente à une décrispation du parti politique au lendemain de ce départ stratégique de Kamto.
La débâcle des partisans du boycott
Mais toujours est-il que l’autorisation de la convention extraordinaire prend à revers certains ex-cadres du parti. Qu’il s’agisse de Willy Mengue, de Laure Kamtchueng ou de Joseph Thierry Okala Ebode, exclu du Mrc depuis novembre 2025. Pour des raisons disciplinaires.
Ces trois anciens militants, aujourd’hui hostiles à la formation politique, ont récemment milité pour l’interdiction de sa convention. Ils contestent notamment la légitimité de leurs camarades à convoquer et organiser cet événement.
Or, le juge des référés d’heure à heure du tribunal administratif du Mfoundi a rejeté leur requête comme non fondée.
A cette débâcle s’ajoute celle à eux infligée par Atanga Nji le 18 août 2026 relativement à la convention extraordinaire du Mrc du 21 décembre 2025. Dans une lettre Le Minat répondait à une requête formulée par Okala Ebode. Le ministre déclarait alors n’avoir pas « jugé opportun de prendre acte.












