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Détroit d’Ormuz sous ultimatum : Trump menace de frapper les centrales iraniennes

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Détroit d’Ormuz sous ultimatum : Donald Trump somme l’Iran de rouvrir le passage avant lundi soir, sous peine de frappes contre les centrales électriques du pays. Téhéran menace en retour de fermer complètement ce couloir maritime, par lequel transitent en temps normal près de 20% des hydrocarbures mondiaux. Israël, lui, se prépare à « encore plusieurs semaines de combats ».

Détroit d’Ormuz sous ultimatum : Washington fixe une échéance

Donald Trump a fixé un délai clair à l’Iran. Le président américain exige la réouverture du détroit d’Ormuz, passage stratégique pour l’approvisionnement mondial en hydrocarbures. Son ultimatum arrive à échéance lundi, au 24e jour de la guerre contre l’Iran.

La guerre embrase le Moyen-Orient depuis bientôt un mois. Le détroit reste presque paralysé, et Washington fait de sa réouverture la condition d’un répit militaire.

Faute de réouverture d’ici lundi soir, le président américain menace de « frapper et anéantir » les centrales électriques iraniennes, « EN COMMENÇANT PAR LA PLUS GRANDE! ». Il a publié ce message samedi sur sa plateforme Truth Social.

Si l’on se fie à l’heure de publication, le délai expire lundi à 23h44 GMT. Cette échéance tombe dans la soirée à Washington. Elle correspond au tout début de la matinée de mardi en Iran.

Un couloir maritime déjà paralysé

Téhéran a répliqué par une contre-menace. L’Iran promet de fermer complètement le détroit si Washington exécute ses menaces. En temps normal, près de 20% des hydrocarbures mondiaux transitent par ce point de passage maritime crucial.

Sur le terrain, le blocage est déjà presque total. Le transit de marchandises s’est effondré de 95% depuis le début de la guerre, selon la société d’analyse Kpler. Seul un petit nombre de cargos et de pétroliers ont réussi à franchir le détroit.

Le ministre américain des Finances, Scott Bessent, a défendu dimanche la ligne dure de l’administration. « Parfois vous devez avoir une escalade pour désescalader », a-t-il estimé.

Cette formule résume la stratégie américaine du moment. Washington mise sur la pression maximale pour arracher la réouverture du passage.

Détroit d’Ormuz sous ultimatum : Israël prépare des semaines de combats

Washington entretient le flou sur la fin de ses opérations militaires, entrées dans leur quatrième semaine. Israël, lui, affiche un calendrier plus long. L’armée israélienne s’est dit prête dimanche à « encore plusieurs semaines de combats contre l’Iran et le Hezbollah » pro-iranien au Liban.

Le chef d’état-major israélien, le lieutenant-général Eyal Zamir, a détaillé la manœuvre. Ses troupes comptent « intensifier les opérations terrestres ciblées et les frappes » au Liban. Objectif affiché : repousser la menace du Hezbollah « loin de la frontière ».

L’armée israélienne combat sur deux fronts, contre l’Iran et contre son allié libanais. Cette double pression s’inscrit dans un conflit ouvert depuis le 28 février.

Le Liban dénonce une violation de souveraineté

Un peu plus tôt, l’armée israélienne avait détruit un pont stratégique dans le sud du Liban, utilisé selon elle par le Hezbollah. Des images de l’AFP ont montré de la fumée s’élever après l’attaque contre le pont de Qasmiyeh. Cet ouvrage se situe sur la principale route côtière reliant la région de Tyr au reste du pays.

Le président libanais Joseph Aoun a réagi sans détour. Il y voit un « prélude à une invasion terrestre » et dénonce « une escalade dangereuse et une violation flagrante de la souveraineté du Liban ».

Deux premiers ponts enjambant le Litani avaient déjà été ciblés mercredi. Ce fleuve traverse le Liban à une trentaine de kilomètres de la frontière avec Israël.

Les sites nucléaires au cœur des inquiétudes

Israël et les États-Unis affirment avoir fortement affaibli le pouvoir iranien depuis le lancement de leur offensive, le 28 février. Téhéran poursuit pourtant ses attaques et ses menaces. Les frappes visant des sites nucléaires nourrissent désormais la préoccupation la plus vive.

Le directeur de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, s’est alarmé sur X d’une « phase périlleuse ». Il appelle « urgemment toutes les parties à faire preuve de la plus grande retenue militaire et à éviter toute action susceptible de déclencher des incidents nucléaires ».

Samedi soir, deux frappes iraniennes particulièrement destructrices ont fait plus d’une centaine de blessés dans le sud d’Israël. Un des missiles a touché une zone résidentielle à quelques kilomètres de Dimona. Ce site ultra-secret abrite un centre stratégique de recherche nucléaire.

La proximité de l’impact a nourri les craintes d’un incident nucléaire. Elle place aussi les installations sensibles au centre de la trajectoire des missiles.

Dimona et Natanz, deux frappes qui se répondent

Israël passe pour le seul pays doté de l’arme nucléaire au Moyen-Orient. L’État hébreu maintient toutefois une politique « d’ambiguïté stratégique » sur ce dossier.

À Dimona, l’attaque a brisé un sentiment de sécurité. « Nous pensions que nous étions en sécurité. Nous ne nous attendions pas à ça », a déclaré à l’AFP Galit Amir, soignant de la ville, âgé de 50 ans.

Téhéran présente cette frappe comme une riposte. L’Iran affirme répondre à une attaque « ennemie » contre son complexe nucléaire de Natanz, au sud de la capitale. L’armée israélienne assure ne « pas être au courant » de cette frappe, tandis que la télévision publique Kan l’attribue aux Américains.

L’Organisation iranienne de l’énergie atomique se veut rassurante sur les conséquences. Selon elle, « aucune fuite de matières radioactives n’a été signalée » sur ce site, déjà bombardé début mars. Après chacune de ces frappes, le directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, a exhorté « à la retenue militaire maximale ».

Réactions : Téhéran vise l’énergie comme « cible légitime »

En attaquant Téhéran fin février, Israël et les États-Unis ont déclenché une guerre qui a provoqué une flambée des prix des hydrocarbures. Leurs frappes ont visé en particulier des installations pétrolières et gazières.

Après l’ultimatum de Donald Trump sur Ormuz, l’Iran a durci le ton. Le pouvoir iranien menace de s’en prendre aux infrastructures énergétiques, aux centrales électriques et aux usines de dessalement d’eau de la région aspirée par la guerre. Il qualifie ces installations de « cibles légitimes » et cite aussi les entreprises implantées localement avec des actionnaires américains.

Détroit d’Ormuz sous ultimatum : le pétrole franchit les 100 dollars

Les marchés ont réagi sans attendre. Les cours du pétrole ont ouvert en hausse lundi. Le baril de WTI, référence américaine, dépassait 100,10 dollars quelques minutes après l’ouverture du marché à la Bourse de Chicago (CME).

Le PDG du géant pétrolier français TotalEnergies, Patrick Pouyanné, redoute un choc durable. Si le conflit dure « plus de six mois », « toutes les économies du monde en souffriront », a-t-il averti. À l’heure actuelle, « ce sont 10 millions de barils de pétrole par jour qui ne peuvent pas sortir du Golfe arabo-persique », a-t-il précisé.

Une vingtaine de pays se disent « prêts à contribuer aux efforts » nécessaires à la réouverture du détroit d’Ormuz. Les Émirats, le Royaume-Uni, la France et le Japon figurent parmi eux.

Conséquences : un compte à rebours à haut risque

L’échéance de lundi soir enferme les deux camps dans une alternative étroite. Une réouverture du détroit écarterait les frappes annoncées contre les centrales électriques iraniennes. Un refus exposerait ces installations aux bombardements américains et provoquerait, selon Téhéran, la fermeture totale du passage.

Le calendrier militaire, lui, dépasse déjà cette date. Israël prévoit encore plusieurs semaines d’opérations contre l’Iran et le Hezbollah. Le Liban redoute pour sa part une offensive terrestre après la destruction des ponts sur le Litani.

Sur le plan énergétique, la facture s’alourdit à chaque jour de blocage. Les dix millions de barils quotidiens bloqués dans le Golfe arabo-persique pèsent déjà sur les cours mondiaux.

Dans la capitale iranienne, le nombre de frappes israélo-américaines s’est réduit ces derniers jours. Les marchés y ont retrouvé une certaine effervescence. Mais l’angoisse domine.

« La seule chose commune que nous ressentons dans cette période est l’incertitude sur l’issue » de cette guerre, décrit Shiva, Téhéranaise de 31 ans.

Source : Agence France-Presse

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