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Détroit d’Ormuz restera iranien : Téhéran répond frontalement à Donald Trump

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Détroit d’Ormuz restera iranien : Téhéran a répliqué samedi à Donald Trump, qui promet de faire de ce passage un territoire américain. Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères affirme que l’Iran seul décide de son ouverture et de sa fermeture. Le conflit, déclenché fin février, a déjà fait des milliers de morts.

Détroit d’Ormuz restera iranien : la réplique immédiate de Téhéran

L’Iran a répondu samedi au président des Etats-Unis. Kazem Gharibabadi, vice-ministre iranien des Affaires étrangères, a affirmé que le détroit d’Ormuz « restera iranien ». Sa déclaration a suivi de quelques heures les propos du dirigeant américain.

Donald Trump avait annoncé vendredi son intention de placer ce passage sous souveraineté américaine. Le président américain plaçait cette étape après la défaite de l’Iran. Téhéran a rejeté la perspective sans délai.

Le détroit concentre désormais l’essentiel d’un conflit entamé il y a plus de cinq mois. Cette guerre a fait des milliers de morts. Elle se joue autour d’une voie maritime décisive pour le transport des hydrocarbures mondiaux.

Chaque camp campe sur une lecture opposée du droit et des rapports de force. Washington revendique le contrôle du passage. Téhéran y voit une revendication sans fondement.

La séquence illustre la place prise par Ormuz dans la guerre. Les déclarations américaines et iraniennes portent désormais sur ce seul corridor. Le reste du dossier passe au second plan.

Trump promet d’annexer le passage stratégique

Le président américain s’exprimait vendredi lors d’un meeting à Garden City, près de New York. « Une fois que nous aurons fini de battre l’Iran (…), bientôt je déclarerai le détroit d’Ormuz comme étant un territoire des Etats-Unis », a-t-il lancé, avec un petit sourire.

Cette formule prolonge un discours répété depuis des semaines. Trump assure que les Etats-Unis exercent le « contrôle » du détroit. Téhéran qualifie cette affirmation de « mensonge ».

La Maison Blanche a nuancé la portée de la déclaration. Brian Schwartz, journaliste du Wall Street Journal, a cité sur X un haut responsable de l’exécutif américain. Selon cette source, le président « plaisantait » en évoquant un « territoire américain ».

Le dirigeant américain a par ailleurs fermé la porte au nucléaire militaire iranien. Il a promis que la République islamique n’obtiendrait « jamais » cette arme. Les autorités iraniennes démentent une telle ambition et défendent leur droit au nucléaire civil.

Trump a également assumé le coût énergétique de sa stratégie. « Si vous devez payer un peu plus » pour l’essence, « c’est ok. (…) Je ne m’excuserai jamais. J’ai pris la bonne décision », a-t-il déclaré vendredi.

Cette phrase répond à une contestation intérieure bien installée. Le président revendique son choix initial. Il refuse toute remise en cause de la décision prise fin février.

Cinq mois de guerre autour d’une voie maritime

La guerre a commencé fin février, après une attaque américano-israélienne contre la République islamique. Cette offensive a embrasé le Moyen-Orient. Washington invoquait notamment la crainte de voir Téhéran se doter de l’arme nucléaire.

L’Iran a riposté en frappant les pays voisins alliés de Washington. Téhéran a également verrouillé le détroit d’Ormuz. Les cours du pétrole se sont aussitôt envolés.

Les Etats-Unis ont répliqué par un blocus des ports iraniens. Chaque belligérant a ainsi transformé le commerce maritime en levier de guerre. Le passage stratégique est devenu l’enjeu central du conflit.

Cette mécanique explique la flambée des prix. Le verrouillage du détroit a frappé une artère majeure des hydrocarbures mondiaux. Le blocus américain a resserré l’étau sur l’économie iranienne.

Un accord détruit en quelques semaines

Un protocole d’accord conclu en juin devait mettre fin durablement aux hostilités. Ce texte a volé en éclats début juillet. Les différends sur Ormuz ont pesé lourd dans cet échec, suivi d’une reprise des frappes de part et d’autre.

Les chiffres traduisent le choc économique. Le prix de l’essence aux Etats-Unis dépassait vendredi de plus de 35% son niveau d’avant-guerre. D’autres régions du monde ont subi de fortes hausses.

Ce coût de la vie nourrit un mécontentement croissant chez les ménages américains. Le conflit reste impopulaire. La cote de popularité de Donald Trump a fortement baissé.

Détroit d’Ormuz restera iranien : les mots de Kazem Gharibabadi

Le vice-ministre iranien a publié sa réponse samedi matin sur X. « Le détroit d’Ormuz a été iranien, est iranien et restera iranien. Ce détroit ne sera ouvert et fermé que sur ordre de l’Iran », a-t-il martelé.

Gharibabadi a ensuite écarté toute prise de contrôle extérieure. Le détroit « ne peut pas être pris d’assaut avec un tweet ou un porte-avions, ni par un décret présidentiel, ni par un discours de campagne électorale », a-t-il ajouté.

Ces mots posent une ligne claire. Ils placent la souveraineté iranienne au centre du bras de fer. Aucune ouverture diplomatique n’accompagne cette prise de position.

Le vocabulaire employé vise directement les outils du président américain. Le message écarte le tweet, le porte-avions, le décret et le discours de campagne. Téhéran réduit ainsi la déclaration de Trump à un exercice de communication.

Les deux discours se répondent sans se rencontrer. Trump promet une victoire militaire puis une annexion. Gharibabadi rappelle une souveraineté qu’il présente comme historique et non négociable.

Aucune des deux capitales n’a annoncé de nouvelle rencontre. Le désaccord sur Ormuz bloque le processus depuis l’été.

Pression économique et attaques maritimes : la suite du bras de fer

Trump a longtemps menacé de frapper durement l’Iran faute d’accord sur Ormuz. Le président semble désormais privilégier une approche plus attentiste. Il mise sur la pression économique.

Scott Bessent, secrétaire américain au Trésor, a formulé cette menace jeudi. Il a promis à l’Iran un isolement économique « comme le monde n’en a jamais vu ».

Ces derniers jours, les hostilités ont baissé en intensité. Les négociations entre les belligérants restent pourtant dans l’impasse. Aucune perspective de règlement ne se dessine.

Le changement de méthode américain reste toutefois réversible. Trump a répété ses menaces militaires pendant des semaines. Son administration privilégie aujourd’hui l’arme financière.

Le front maritime reste actif

Sur le terrain, des attaques attribuées à l’Iran visent régulièrement les navires qui empruntent le détroit. Ces opérations entretiennent la tension sur la route des hydrocarbures.

Les Emirats arabes unis ont accusé vendredi l’Iran d’avoir attaqué deux de leurs navires. Ces bâtiments, affiliés à la compagnie pétrolière publique Adnoc, franchissaient le passage.

La confrontation dépasse le Golfe. En mer Rouge, les rebelles yéménites Houthis, alliés de Téhéran, visent des navires saoudiens. Ils ciblent aussi des infrastructures pétrolières en Arabie saoudite, alliée des Etats-Unis.

Le détroit d’Ormuz reste donc le point de blocage central. Les deux capitales maintiennent leurs positions. Le bras de fer se poursuit sans calendrier de sortie.

Téhéran conditionne l’ouverture et la fermeture du passage à sa seule décision. Washington conteste ce principe et annonce un isolement économique inédit. Les navires marchands continuent, entre-temps, de traverser une zone sous tension.

Source : Agence France-Presse

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