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Attaques coordonnées au Mali : le JNIM et le FLA frappent Bamako et le nord dans une offensive inédite

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Des attaques coordonnées au Mali ont frappé samedi des cibles militaires et institutionnelles dans la capitale et dans plusieurs villes du pays. Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, et le Front de libération de l’Azawad (FLA) ont revendiqué une offensive conjointe. Aucun conflit de cette ampleur n’avait secoué le Mali depuis 2012.

Des attaques coordonnées au Mali d’une ampleur inédite

Les combats ont débuté à l’aube ce samedi. Bamako, Kidal, Kati, Gao et Sévaré ont été visées simultanément. Aucune offensive de cette envergure n’avait frappé le Mali depuis 2012, date à laquelle le gouvernement avait perdu le contrôle de la moitié du territoire national.

Dans la capitale, des hélicoptères de l’armée ont mené des frappes aériennes dès les premières heures du matin. Dans l’après-midi, ils tournaient encore au-dessus de Bamako, aux abords de l’aéroport international, a constaté un journaliste de l’AFP. Les rues de la capitale sont restées désertes une grande partie de la journée. Des passants ont commencé à sortir peu à peu en milieu d’après-midi.

Les forces de sécurité ont bouclé plusieurs artères menant aux infrastructures militaires, à l’aéroport et au palais présidentiel de Koulouba. Des tirs ont également retenti à Kati, ville voisine de Bamako. Cette localité abrite la résidence du général Assimi Goïta, chef de la junte malienne.

Une attaque a par ailleurs frappé Sévaré, dans le centre du pays, selon un journaliste de l’AFP et des résidents. Le FLA a revendiqué en parallèle sur les réseaux sociaux plusieurs positions dans la région de Gao.

Les attaques coordonnées au Mali : cibles, bilan et revendications

Le JNIM a publié un communiqué samedi soir. Il y revendique les attaques contre « le siège du président malien Assimi Goïta, le siège du ministre malien de la Défense Sadio Camara, l’aéroport international » de Bamako et « les sites militaires dans la ville de Kati ». Le groupe proclame une « victoire », fruit selon lui d’un « travail acharné » et de « la participation active » du Front de libération de l’Azawad.

La résidence du ministre de la Défense a subi une forte explosion. Des habitants affirment qu’une forte déflagration l’a en grande partie détruite. L’entourage de Sadio Camara a démenti des allégations le donnant blessé. Des incertitudes persistent néanmoins sur son sort, sur celui du patron du renseignement malien et sur celui du général Assimi Goïta.

Le Front de libération de l’Azawad a annoncé contrôler Kidal et plusieurs positions dans la région de Gao. Son porte-parole, Mohamed Elmaouloud Ramadane, a déclaré sur X que « plusieurs positions sont déjà passées sous le contrôle des forces de l’Azawad ». Le FLA réclame le territoire de l’Azawad, dans le nord du Mali.

Le gouvernement malien a communiqué un bilan officiel samedi soir : 16 blessés civils et militaires, « dégâts matériels limités ». Il affirme que « la situation est totalement sous contrôle dans l’ensemble des localités » attaquées. L’armée malienne a indiqué pour sa part que « plusieurs terroristes ont été neutralisés et des équipements détruits ».

Un pays en crise profonde depuis plus d’une décennie

Le Mali affronte une crise sécuritaire continue depuis 2012. Des groupes jihadistes affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique, des organisations criminelles communautaires et des mouvements indépendantistes opèrent sur l’ensemble du territoire. La junte militaire a saisi le pouvoir en 2020. Depuis lors, les violences conjointes de jihadistes et de rebelles touareg ont atteint un niveau sans précédent.

En septembre 2024, le JNIM avait mené une double attaque d’une rare ampleur. Il avait ciblé l’aéroport militaire de Bamako et l’école de gendarmerie. Ce raid avait causé plus de 70 morts et 200 blessés, selon des sources sécuritaires. L’offensive de ce samedi dépasse ce précédent par son étendue géographique.

Kidal cristallise l’instabilité persistante du nord malien. La ville était restée sous le contrôle de groupes rebelles pendant plus d’une décennie. En novembre 2023, l’armée malienne, appuyée par des combattants du groupe paramilitaire russe Wagner, en avait repris le contrôle. Ce samedi, le FLA a annoncé en reprendre possession.

Réactions et condamnations internationales

« Nous faisons face à une vaste offensive coordonnée dans tout le pays à un niveau inédit depuis 2012, lorsque le gouvernement a perdu la moitié du pays », a déclaré à l’AFP Charlie Werb, analyste du cabinet Aldebaran Threat Consultants. Il pointe de « graves défaillances de sécurité à Bamako ».

Hasret Kargın, chercheur Afrique au cabinet d’intelligence Mintel World, a précisé que « de nombreuses positions de l’armée et de l’Africa Corps continuent d’être prises pour cible à Kati, Kidal, Sévaré et Gao ». Il estime que « les chances de reprendre des villes comme Kidal et Gao sans appui aérien militaire sont très faibles » et que « le soutien aérien sera le facteur décisif pour les deux camps ».

Le Bureau des affaires africaines des États-Unis a condamné « fermement l’attaque terroriste d’aujourd’hui au Mali » et présenté ses « condoléances les plus sincères aux victimes et à leurs familles ». L’Union africaine a également « condamné fermement » ces attaques, estimant qu’elles « risquent d’exposer les populations civiles à des dangers importants ».

Un message inédit adressé à la Russie

Le JNIM a franchi une étape inhabituelle dans son communiqué de samedi soir. Le groupe s’adresse directement à la Russie et annonce vouloir « neutraliser la partie russe du conflit, en échange de la non-prise de cible de cette dernière et d’une coordination visant à construire une relation future équilibrée et efficace ». La proposition est explicite : les jihadistes offrent de ne pas attaquer les forces russes déployées au Mali, contre la neutralité de Moscou.

Cette démarche intervient alors que des positions de l’Africa Corps, anciennement connu sous le nom de Wagner, ont été visées à Kati selon Hasret Kargın. La présence russe constitue depuis plusieurs années un soutien central à la junte malienne. Les deux groupes coalisés l’interpellent désormais directement.

La situation reste ouverte en fin de journée. Le sort des plus hauts responsables maliens n’est pas confirmé. Les combats se poursuivaient dans plusieurs villes en milieu d’après-midi. La junte fait face à l’offensive la plus coordonnée et la plus étendue géographiquement depuis son arrivée au pouvoir en 2020.

Source : Agence France-Presse

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