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Frappes russes sur Dnipro : huit morts et 49 blessés après plus de vingt heures de bombardements

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Les frappes russes sur Dnipro ont duré plus de vingt heures consécutives samedi. L’armée russe a tué au moins huit personnes et en a blessé 49 autres dans la ville industrielle ukrainienne. Les autorités locales accusent la Russie de cibler délibérément des quartiers résidentiels.

Frappes russes sur Dnipro : vingt heures d’attaques sans répit

Les frappes russes sur Dnipro se succèdent samedi en vagues ininterrompues. L’armée russe combine missiles et drones pour frapper la ville pendant plus de vingt heures d’affilée. La ville industrielle du centre-est de l’Ukraine subit l’un des bombardements les plus intenses de l’année.

« Pendant plus de 20 heures atroces, les Russes ont attaqué Dnipro par vagues », déclare Oleksandr Ganja, chef de l’administration militaire régionale de Dnipropetrovsk, sur Telegram. Dnipro se trouve à plus de cent kilomètres de la ligne de front. Cette distance ne protège pas ses habitants.

La ville concentre des industries stratégiques dans le centre-est du pays. Moscou la frappe régulièrement depuis le début de l’invasion à grande échelle, en février 2022. Samedi, l’intensité des attaques marque un nouveau palier. Des photos diffusées par les secours montrent l’ampleur des destructions. Des quartiers entiers portent les traces d’impacts de missiles et de drones.

Huit morts et des immeubles résidentiels éventrés

Le bilan humain s’alourdit au fil de la journée. Le maire Boris Filatov confirme huit morts et 49 blessés. Un bilan précédent faisait état de six tués.

Oleksandr Ganja décrit les frappes sur Telegram : « Ils ont frappé avec des missiles et des drones. Ils ont frappé délibérément. Ils ont visé des quartiers résidentiels. »

Les services de secours ukrainiens diffusent des images après l’attaque. Les photos montrent un immeuble d’habitation en grande partie démoli. Des secouristes casqués réconfortent des habitants visiblement abasourdis. Une résidente évacue sa cage à oiseaux parmi les décombres.

Boris Filatov durcit ses accusations. Les Russes « ciblent délibérément des sites civils », écrit-il sur Telegram. « Une fois les secours, les équipes techniques, la police et les soignants arrivés sur place, ils frappent de nouveau. » Un de ses adjoints a échappé de peu à la mort alors qu’il évaluait les dégâts sur le terrain.

Le maire qualifie l’offensive de « la plus vaste attaque contre Dnipro ».

Des enfants blessés dans la région, un drone en Roumanie

Les frappes débordent au-delà de la ville. La région environnante essuie des tirs de drones et d’artillerie russes. Ces attaques y ont blessé six personnes supplémentaires, dont un bébé d’un an et un garçon de quatre ans, selon Oleksandr Ganja.

L’incident franchit également la frontière ukrainienne. Un drone russe s’écrase samedi sur le territoire roumain, près de la frontière avec l’Ukraine. Les autorités évacuent plus de 200 habitants par mesure de précaution. La ministre des Affaires étrangères roumaine, Oana Țoiu, convoque l’ambassadeur de Russie à Bucarest.

Frappes russes sur Dnipro : Moscou justifie, Kiev documente

La Russie avance sa propre version des faits. Moscou affirme avoir mené une « frappe massive » contre « des installations du complexe militaro-industriel et du secteur énergétique, ainsi que des infrastructures portuaires ». Cette justification invoque des attaques ukrainiennes préalables contre des infrastructures civiles russes.

Les images des secours ukrainiens contredisent cette version. Oleksandr Ganja et Boris Filatov documentent des immeubles d’habitation éventrés, des familles en état de choc, des intervenants pris pour cibles en pleine intervention.

Des civils ukrainiens meurent presque chaque jour depuis le début de l’invasion à grande échelle, en février 2022. Kiev riposte en frappant le territoire russe ou les zones occupées par Moscou. Dans la région de Lougansk, sous contrôle russe, Léonid Passetchnik a affirmé que des drones ukrainiens ont tué trois personnes et blessé deux autres dans des habitations, dans la nuit de vendredi à samedi. Ce cycle d’attaques et de représailles dure depuis plus de trois ans, sans aucun mécanisme de protection des populations civiles activé.

Zelensky : maintenir la pression sans aucune pause

Volodymyr Zelensky prend la parole sur les réseaux sociaux dans la foulée des frappes. « Il est important que le monde ne reste pas silencieux face à ce qui se passe », écrit-il. Le président ukrainien soulève un risque précis.

« Cette guerre russe en Europe ne doit pas être éclipsée par la guerre en Iran », insiste-t-il. Sur les sanctions, sa position est tranchée. « Il est vital que la pression sur la Russie en lien avec cette guerre ne s’interrompe pas un seul jour », affirme-t-il. Il réclame « aucune pause dans les sanctions contre la Russie pour chacune de ces frappes ».

Le contexte diplomatique pèse sur cette demande. Les efforts pour mettre fin au conflit le plus meurtrier en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale restent au point mort. Le rôle de médiation des États-Unis — qui avait permis plusieurs cycles de négociations entre Kiev et Moscou — a été suspendu depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, fin février. Les pourparlers entre les deux belligérants n’ont pas repris. Aucune date de négociation n’est fixée.

L’Europe valide un prêt de 90 milliards et un vingtième paquet de sanctions

Les frappes russes sur Dnipro surviennent dans un calendrier diplomatique chargé côté européen. Réunis à Chypre, les dirigeants de l’UE approuvent jeudi un vingtième paquet de sanctions contre la Russie. Ce train de mesures cible le secteur bancaire. Il renforce également les restrictions aux exportations de pétrole russe.

Les Européens franchissent aussi un cap financier. Ils valident un prêt de 90 milliards d’euros à l’Ukraine. Cette enveloppe doit permettre à Kiev de renforcer ses capacités de défense et d’assurer les dépenses de l’État sur la période 2026-2027.

Ce financement était bloqué depuis plusieurs mois. La Hongrie s’y opposait. Son accord lève un obstacle majeur dans le soutien financier européen à l’Ukraine.

Sur le terrain, la situation reste critique. Des frappes russes atteignent des populations civiles presque chaque jour à travers le pays. Samedi à Dnipro, le bilan — passé de six à huit morts dans la journée — illustre la brutalité d’une offensive que les autorités ukrainiennes qualifient de délibérée et de systématique.

Quatre ans de conflit, aucune perspective de cessez-le-feu

Le conflit ukrainien entre dans sa quatrième année sans issue visible. Les négociations restent suspendues. Aucun cadre de règlement n’est en place.

L’invasion russe à grande échelle a commencé en février 2022. Depuis, des civils tombent presque chaque jour dans des bombardements. Des villes comme Dnipro, pourtant distantes du front, continuent d’absorber des frappes répétées.

Zelensky maintient sa pression sur la communauté internationale. Les alliés européens de l’Ukraine renforcent leur soutien par les sanctions et les prêts. Les bombes, elles, continuent de tomber.

Source : Agence France-Presse

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