Après les violences survenues en marge des célébrations de la victoire du PSG en Ligue des champions, Laurent Nuñez est vivement critiqué par les oppositions et les syndicats de policiers. Malgré un important dispositif de sécurité, le bilan fait état de centaines d’interpellations, de blessés et de nombreux débordements en France.
Laurent Nunez s’est attiré les foudres dimanche de l’ensemble des oppositions et des syndicats de policiers, qui lui reprochent un décalage entre les violences survenues après la victoire du PSG en Ligue des Champions et les constats qu’il en a tirés. « La situation était globalement sous contrôle », a assuré le ministre de l’Intérieur lors d’un point de presse à Beauvau, dimanche matin.
Les forces de l’ordre, a-t-il salué, « ont permis de contenir les troubles à l’ordre public et surtout d’y mettre un terme ». Or, le bilan de la soirée est lourd malgré un déploiement hors norme de policiers et de gendarmes. Ils étaient 22.000 en France dont 8.000 à Paris et son agglomération. L’an dernier, en pareille configuration, ils étaient 5.400 à Paris.
Des chiffres tous en hausse à l’an dernier
Laurent Nuñez a égrené des chiffres, tous en hausse par rapport à ceux de l’an dernier lorsque le club parisien avait remporté pour la première fois le trophée de la Ligue des champions. Il était alors préfet de police de Paris et Bruno Retailleau ministre de l’Intérieur. Au total, il y a eu 780 interpellations sur tout le territoire, en hausse de 32% par rapport à l’an dernier.
Quelque « 57 policiers et gendarmes ont été blessés », ainsi que « 219 participants dont 8 graves ». Un homme à moto de cross s’est tué lors d’un accident sur le périphérique parisien et une personne blessée à l’arme blanche est entre la vie et la mort, selon le parquet de Paris. En outre, des pillages de commerces ont été recensés un peu partout en France . Ce décalage entre les chiffres et le discours du ministre a alimenté la colère.
L’échiquier politique de Marine Le Pen s’est insurgé
« A partir du moment où il y a ces débordements, on ne peut pas être satisfait de la gestion de la soirée d’hier telle qu’elle a été organisée par le gouvernement », a déclaré sur France 3 le porte-parole de LFI Manuel Bompard.
Plaidant pour des fan-zones, il a estimé qu’on « devrait essayer d’organiser cette fête, de l’encadrer, de lui proposer des lieux pour qu’elle puisse s’exprimer, pour éviter précisément ce type de débordements ».
A l’opposé de l’échiquier politique, le RN, par la voix de Marine Le Pen, s’est insurgé contre les violences, une particularité française à ses yeux. « Il n’y a qu’en France où la victoire d’un club de foot provoque des émeutes », a-t-elle écrit sur X.
La présidente LR de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, a dénoncé sur X « les racailles décérébrées qui se permettent de tout casser, ternissent l’image de Paris et de la France ! », réclamant « des sanctions exemplaires pour leur faire passer l’envie de recommencer ».
« La France n’a pas à subir cette violence à chaque trophée. L’ordre, ça se décide », a assené sur X le président LR et candidat à la présidentielle Bruno Retailleau. Pour Raphaël Glucksman (Place publique), « c’est proprement insupportable ». « La France vit sous tension, on le voit partout, on est une cocotte-minute prête à exploser », a-t-il déploré lors du Grand Jury RTL/M6/Public Sénat.
« Cette nuit, Paris a basculé »
« Cette nuit, Paris a basculé », s’est émue sur X l’opposition de droite parisienne, en demandant de « sortir les grands rassemblements des Champs (Elysées) vers un site dédié, capable de les accueillir ». « Fausse bonne idée », a répondu Laurent Nuñez, car cela « mobiliserait quasiment la moitié du dispositif ».
Le maire PS de Paris, Emmanuel Grégoire, a lui relativisé en partie ces débordements, soulignant sur BFM TV que « ça fait des siècles que ça existe » et souligné que « dans l’immense majorité des cas, les gens ont vécu ça en famille, avec des amis ».
De leur côté, les principaux syndicats de policiers ont exprimé leur colère contre le ministre. « Nous refusons le décalage grandissant entre le discours officiel et la réalité vécue par nos collègues sur le terrain », a écrit dans un communiqué Alliance, dénonçant « une véritable chasse aux forces de l’ordre! ». Un1té police s’en est pris sur X aux instructions données.
« Pendant que les boutiques de luxe étaient protégées par les camions des forces mobiles, nos collègues étaient pris en étau entre la guerre, le feu dans les rues, et des instructions timorées et dépassées ! ».
















