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Travaux champêtres : Le temps de l’agriculture sur brûlis

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Mangamba, Mbonjo, Melong, Dibombari, dans le Moungo, région du Littoral où les travaux champêtres ont commencé. Les hommes et les femmes apprêtent déjà les espaces pour les cultures. Et les méthodes sont pratiquement les mêmes. On défriche, on abat les arbres et on brule.

Tores Ngoubo est ingénieur agronome. Il nous explique : « L’agriculture sur brûlis est une méthode traditionnelle extensive. Consistant à défricher une parcelle forestière, abattre la végétation, la faire sécher. puis la brûler pour fertiliser le sol avec les cendres avant de la cultiver.

« Principalement utilisée dans les zones tropicales. Notamment dans plusieurs villages au Cameroun, cette pratique est souvent itinérante. Et les cultivateurs  abandonnant la parcelle après quelques récoltes pour permettre la régénération forestière », dit l’agronome.

La seule option viable dans certaines zones

Dans les pratiques usuelles, Paulin Eboua, jeune cultivateur établi à N’lohe nous apprend ceci : « La forêt est coupée. Ce qu’on appelle abattis. Puis brûlée. Le feu agit comme un engrais naturel, libérant des éléments minéraux comme le phosphore et le potassium. Elle est la seule option viable dans certaines zones comme ici où on fait la petite agriculture, faute de moyens pour une agriculture mécanisée.

Et « les cendres augmentent la fertilité en permettant de nettoyer la parcelle des parasites (insectes, larves et autres) et des graines indésirables. Ce qui va faciliter le travail. En y allant alors, la parcelle est cultivée pendant une période entre 1 ou 3 ans. Puis laissée en friche pour reconstituer la fertilité du sol », nous explique-t-il.

Biodiversité, climat, santé… : les crises liées entre elles, alertent des experts mandatés par l’ONU

La destruction de la biodiversité

Pour M. Embolla, cette façon de faire a des conséquences que l’on n’imagine même pas. Pour lui donc,  « bien qu’elle soit rapide, peu coûteuse et adaptée à de faibles densités de population. Elle entraîne la déforestation, l’érosion des sols et l’émission de gaz à effet de serre. « Les feux contribuent aux émissions de carbone et à la destruction de la biodiversité », dit le géographe.

Ce dernier table sur les impacts environnementaux qu’il met en quatre points fondamentaux. D’abord la déforestation, qui est la cause majeure de la disparition de la forêt dense tropicale. Notamment en Afrique centrale, et au Cameroun précisément.

Ensuite, la dégradation des sols avec principalement, l’érosion qui augmente après le brûlis. Et l’épuisement des nutriments qui est rapide si la jachère est trop courte. Il y a le changement climatique qui résulte des feux qui contribuent aux émissions de carbone. Et à la destruction de la biodiversité. Enfin, les feux incontrôlés avec le risque élevé de propagation des incendies. Qui vont détruire d’autres types de plantations (maniocs, bananiers, cacao, café, palmiers à huile).

Bananeraie complètement décimée 

On peut ajouter à cette liste, la destruction des câbles électriques qui traversent les champs.  Et la destruction des maisons d’habitations en matériaux provisoires qui sont à proximité des champs exploités. « Nous avions vécu cette situation. Le voisin a donné son espace à quelqu’un pour exploitation agricole ».

Alors « comme c’était touffu, le monsieur a mis le feu, qui s’est propagé. Les flammes sont venues derrière notre maison en brulant les feuilles mortes du prunier au sol. Nous avons passé des heures entières à circonscrire le feu. La mobilisation était de taille pour éviter le pire. Imaginez un peu, une maison en planches. C’est tout le village qui est presque sorti pour combattre le feu », M. Ewang à Dibomnari.

Edmond Tassing a vu sa bananeraie complètement décimée. : « Tout est parti d’un feu allumé par un monsieur qui voulait aussi faire son champ de manioc à côté de moi. Sans mesurer les conséquences, il a mis le feu, qui s’est propagé rapidement. Ce sont mes enfants qui m’ont appelé. Je suis arrivé pour constater les dégâts. Sur les 200 pieds, 10 seulement ont été épargnés », raconte ce planteur à Mangamba. Dans l’arrondissement de Fiko, dans le Moungo.

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