En prélude à la Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars , une foire économique s’est tenue le 28 février 2026 à la salle des fêtes d’Akwa. Cet événement a servi de cadre d’expression aux organisations féminines engagées. Parmi elles, Women’s International League for Peace and Freedom Cameroun a porté un message fort. Aucun développement durable n’est possible sans la paix, la justice sociale et l’implication effective des femmes.
Sous les tentes dressées pour la foire économique organisée à la salle de fete d’Akwa à Douala, animation, stands d’exposition, échanges commerciaux et discussions citoyennes se sont mêlés dans une ambiance dynamique.
Au cœur de cet espace, WILPF Cameroun s’est distinguée par un message dépassant la simple promotion entrepreneuriale. Pour l’organisation, l’autonomisation économique des femmes ne saurait être dissociée de leur bien-être social et de leur sécurité.
« Il ne s’agit pas seulement d’encourager les femmes à entreprendre, mais de leur permettre de sortir des violences psychologiques et sociales qu’elles vivent au quotidien », explique la consultante Dr Kabeyene Marcelle Léger.
Selon elle, de nombreuses femmes exercent des activités génératrices de revenus tout en restant confrontées aux violences conjugales, aux pressions sociales ou à la méconnaissance de leurs droits.
À travers ses programmes, WILPF Cameroun mise sur la formation et la sensibilisation comme leviers de changement social. L’organisation accompagne les femmes dans la connaissance de leurs droits, l’accès à la justice et la participation citoyenne.
Parmi les initiatives en cours figure la mise en place d’une « École de dialogue », une plateforme réunissant hommes et femmes afin de promouvoir la résolution pacifique des conflits et lutter contre les violences basées sur le genre. L’organisation mène également des sessions sur les masculinités positives.
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Amener les hommes à repenser certaines pratiques
Ces initiatives visent à amener les hommes à repenser certaines pratiques culturelles ou sociales favorisant les discriminations. « Transformer la condition des femmes passe aussi par la transformation des mentalités masculines », souligne la consultante.
Pour la fondatrice de WILPF Cameroun, Sylvie Jacqueline Ndongmo, la participation à la foire économique répond à une logique claire : rappeler que la stabilité sociale constitue le socle de toute activité économique.
« Aucun développement n’est possible sans la paix, et une paix durable se construit avec les femmes », affirme-t-elle.
Dans un contexte marqué par des tensions sociales et politiques, l’organisation met en avant sa salle de veille et d’alerte. Cette plateforme est dédiée aux femmes et aux jeunes. Cette plateforme permet de signaler rapidement des incidents susceptibles de provoquer des violences. Le dispositif facilite ensuite l’activation de réponses avec les autorités et les partenaires.
Les responsables de Women’s International League for Peace and Freedom Cameroun ont aussi dénoncé la recrudescence des violences faites aux femmes. Selon la fondatrice, chaque cas de violence détruit une famille et fragilise l’ensemble de la société.
Elle appelle ainsi à privilégier le dialogue et la non-violence dans la gestion des conflits. Présidente nationale de l’organisation, Nathalie Foko souligne également l’importance d’une plus grande implication des femmes dans la prise de décision.
Malgré leur poids démographique majoritaire, les femmes restent sous-représentées dans les instances locales de gouvernance. L’organisation mène ainsi des actions pour encourager leur participation aux élections municipales et aux responsabilités communautaires.
« Les droits des femmes sont des droits humains… »
« Les droits des femmes sont des droits humains. Une société inclusive doit pleinement intégrer la voix des femmes dans ses décisions », affirme-t-elle.
À l’approche du 8 mars, Women’s International League for Peace and Freedom Cameroun invite les femmes à dépasser le caractère festif de la célébration. L’organisation les encourage à poser des actions concrètes en faveur de la paix, de la solidarité et du vivre-ensemble.
Selon ses responsables, la construction d’une société apaisée commence au sein des familles et des communautés. Elle s’étend également aux espaces publics, où les femmes demeurent des actrices majeures du changement social.
















