Après la diffusion d’images montrant l’exécution de soldats maliens capturés dans une embuscade. Amnesty International monte au créneau. L’ONG demande l’ouverture immédiate d’une enquête pour « crimes de guerre ».
Le 18 juillet, au moins 50 militaires sont morts dans le nord du Mali à Tabrichat. C’était lorsque le convoi de l’armée a été attaqué par la coalition des jihadistes du JNIM. Laquelle est affilié à Al Qaïda, et des indépendantistes touareg du Front de Libération de l’Azawad (FLA).
C’est l’une des attaques les plus meurtrières subies par l’armée. Ceci depuis le début du conflit au Mali.
Des preuves d’exécutions et de maltraitances sur des prisonniers
Amnesty a analysé 12 vidéos sur lesquelles on voit, entre autres. Des soldats maliens « les mains derrières la tête en signe évident de reddition ». Ou sur une autre « un groupe d’hommes à terre et cinq hommes armés tirant sur eux ».
Ces images montrent également des « hommes armés infligeant des mauvais traitements aux prisonniers, en les malmenant et en les frappants ».
« Nous appelons les autorités maliennes à mener une enquête indépendante et impartiale. Sur ces crimes de guerre commis par le FLA et le JNIM. Qui ont revendiqué l’attaque », indique le communiqué d’Amnesty.
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« Il apparaît clairement que les soldats étaient hors de combat avant d’être victimes de mauvais traitements et d’être exécutés », a déclaré Ousmane Diallo, chercheur senior sur le Sahel au Bureau régional d’Amnesty International, cité dans le communiqué.
Pression internationale pour l’ouverture d’une enquête
« Toute personne hors de combat, y compris les soldats faits prisonniers ou qui se sont rendus, doit bénéficier de la protection prévue par le droit international humanitaire. Ces preuves de crimes de guerre sont irréfutables », poursuit le chercheur.
Le 23 juillet, les Nations unies avaient déjà exigé une enquête sur « les actes de torture et les meurtres » commis lors de cette même attaque.
Le convoi, qui quittait la ville d’Anéfis, théâtre les semaines précédentes d’âpres combats pour son contrôle, était parti rejoindre la grande ville du nord de Gao lorsqu’il est tombé dans une embuscade.
L’attaque avait été revendiquée par le JNIM et le FLA.
Un pays englué dans une crise multidimensionnelle
Le Mali est en proie depuis 2012 à une profonde crise sécuritaire infantile notamment par les violences de groupes affiliés aux organisations jihadistes Al-Qaïda et Etat islamique, ainsi que de groupes criminels communautaires et de mouvements touaregs indépendantistes. Elle s’ajoute à une grave crise économique.
Depuis deux coups d’État successifs en 2020 et 2021, le pays est dirigé par des militaires arrivés au pouvoir sur la promesse de rétablir la sécurité et de conserver son intégrité territoriale.












