La collecte des ordures à Yaoundé continue de susciter la polémique. La Communauté urbaine de Yaoundé (CUY) réclame 8,2 milliards Fcfa au ministère des Finances.
En effet, ce versement correspond à sa quote-part du droit d’accises spécial. Lequel est destiné au financement de l’enlèvement et du traitement des ordures. Selon nos informations, lesdites ressources ont été collectées et centralisées au Trésor public.
8,2 milliards Fcfa
Aussi, elles font l’objet de titres encore en attente de paiement. Les explications sont contenues dans la correspondance adressée le 7 août 2026. Par le maire de la ville, Luc Messi Atangana, au ministre des Finances, Louis Paul Motazé.
En effet, « la Communauté urbaine de Yaoundé rencontre des difficultés à bénéficier de ses ressources propres. Qui sont logées au Trésor. Notamment les droits d’accises destinés à l’enlèvement des ordures ménagères. Et dont le recouvrement s’opère au Trésor, qui s’élèvent à date à 8,2 milliards Fcfa », écrit le maire.
En principe, Luc Messi Atangana demande au ministre des Finances de donner des instructions. Pour « la mise à la disposition du receveur municipal de la Communauté urbaine de Yaoundé des droits d’accises. dont les titres sont en attente de paiement au ministère de la Décentralisation et du Développement local ».
Yaoundé Des investisseurs introuvables pour la collecte des ordures
Le droit d’accises spécial
Également, la même correspondance a été copiée à plusieurs autres administrations publiques. On peut citer la présidence de la République et les services du Premier ministre. Seulement, on ne sait quelle suite va être réservée à la requête du maire de la ville de Yaoundé.
Pour revenir sur le droit d’accises spécial, il a été institué par la loi de finances 2019. Et c’est au profit des collectivités territoriales décentralisées (CTD). Pour financer l’enlèvement et le traitement des ordures. Le taux fixé est de 0,5 % de la valeur imposable des marchandises importées.
Sauf des importations en franchise prévues par l’article 276 du Code des douanes de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac). Plus précisément, le Cameroun, le Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale, le Tchad et la Rca. Et depuis 2022, son taux a doublé à 1 %.
En effet, l’obstruction soulevée par la CUY avait longtemps été identifiée par le gouvernement. Lors des états généraux sur la gestion des ressources en déchets urbains, organisés les 6 et 7 mai 2025 à Yaoundé.
Une grosse lacune
Et le gouvernement avait relevé l’absence d’un système statistique permettant de connaître précisément les volumes. Et les catégories de déchets produits. Une grosse lacune qui complique l’évaluation des besoins financiers et la maîtrise du coût des contrats d’enlèvement.
Enfin, pour garantir les reversements aux CTD, les états généraux avaient recommandé au gouvernement la création d’un compte d’affectation spéciale. Ce dernier est destiné à cantonner le produit du droit d’accises et les subventions directes de l’État. Il est question d’assurer des paiements réguliers aux opérateurs de collecte.
La feuille de route prévoyait aussi la constitution, dans un délai de trois mois, d’un groupe de travail Alors, plus d’un an après ces recommandations, la sortie de la CUY montre que les problèmes restent entiers. Les quotes-parts du droit d’accises destiné au ramassage et au traitement des ordures ne sont aucune préoccupation.











