Devant l’Assemblée nationale, le Premier ministre sénégalais s’est inquiété mardi 08 septembre 2026 de la montée de la xénophobie dans le pays. S’il condamne fermement ces discours. Le chef du gouvernement a toutefois rappelé l’exigence d’un strict respect des règles de séjour pour la population étrangère.
« Il faut que ça cesse. Nous ne pouvons pas être ce pays ouvert et qui a des ressortissants partout ailleurs (…) et qu’un discours de xénophobie (y) prospère », a exhorté Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô.
Le 18 août, trois ONG dont Amnesty International Sénégal ont exhorté les autorités sénégalaises à « prendre des mesures » contre une « montée du discours xénophobe » dans les médias et sur les réseaux sociaux, visant des « communautés » établies au Sénégal.
Plusieurs organisations de la société civile ont dénoncé ces dernières semaines des menaces et intimidations, relayées par les réseaux sociaux, à la rencontre de la communauté guinéenne, installée et travaillant au Sénégal depuis des décennies.
Le Premier ministre sénégalais présentait mardi devant le Parlement à Dakar son programme de gouvernement, après sa nomination fin mai par le président Bassirou Diomaye Faye.
Selon lui, ces discours « xénophobes » sont contraires aux valeurs et « coutumes » du Sénégal. « Nous sommes tous métissés. Nous avons tous des parents dans la sous-région. Cessons cette stigmatisation qui ne nous grandit pas », a-t-il martelé.
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M. Lô a toutefois souligné l' »urgence » pour les étrangers présents sur le territoire sénégalais de respecter les règles édictant leur séjour.
Il a annoncé un renforcement des contrôles aux frontières en améliorant le dispositif électronique en place.
Le ministre de l’Intérieur, Mouhamadou Makhtar Cissé, avait déclaré le 25 août ces propositions xénophobes en hausse dans le pays.
Le 17 août, lors d’une intervention dans un débat à l’Assemblée nationale, le député nationaliste Tahirou Sarr avait de son côté interpellé le ministre de la Justice à propos, selon lui, d’une « injustice vécue par des Sénégalais » dans plusieurs quartiers de Dakar en raison « à un envahissement par des mendiants étrangers ».
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Il a également accusé « des étrangers » de pratiquer la mendicité, le banditisme et la prostitution.
Une tendance inquiétante à l’échelle du continent
Les discours xénophobes se multiplient sur le continent africain ces derniers mois.
En Afrique du Sud, des manifestations antimigrants, parfois meurtrières, ont poussé à l’exode depuis des mois des dizaines de milliers de travailleurs étrangers.
Au Kenya, les récentes propositions du président William Ruto appelant les « étrangers gérants des petits commerces à fermer » ont provoqué un mouvement de panique au sein de certaines communautés étrangères. Mardi, les autorités du pays ont donné 90 jours aux commerçants étrangers pour se mettre en règle.












