Les tensions remontent entre le gouvernement éthiopien et les autorités du Tigré. Le TPLF accuse Olusegun Obasanjo, envoyé spécial de l’Union africaine, de manquer d’impartialité dans sa médiation. Cette contestation intervient alors que la crainte d’un nouveau conflit grandit dans le nord de l’Éthiopie.
L’envoyé spécial de l’Union africaine (UA) Olusegun Obasanjo, qui tente d’apaiser les tensions entre le gouvernement fédéral éthiopien et les autorités rebelles de l’Etat régional du Tigré, n’est pas « impartial », ont accusé ces dernières, l’accusant implicitement d’oeuvrer pour le compte d’Addis Abeba.
Les tensions croissantes ces derniers mois entre le gouvernement du Premier ministre Abiy Ahmed et les autorités du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) – parti banni par Addis Abeba mais qui dirige de fait l’Etat régional le plus septentrional de l’Ethiopie – font craindre un nouveau conflit.
« Nous n’avons pas trouvé » en Olusegun Obasanjo »
Olusegun Obasanjo, ancien président du Nigeria fut l’un des parrains de l’accord de Pretoria qui a mis fin en 2022 à deux ans de guerre sanglante à grande échelle ayant opposé le gouvernement fédéral au TPLF qui ont récemment tous deux massé des troupes de chaque côté de la frontière du Tigré.
Envoyé spécial de l’UA pour la Corne de l’Afrique, M. Obasanjo a, selon un diplomate de l’organisation panafricaine, reçu récemment mandat de celle-ci pour mener des efforts en vue de ranimer l’accord de Pretoria, dont des points-clés sont restés lettre morte.
« Bien que nous restions fermement attachés à la paix et à un dialogue crédible, nous n’avons pas trouvé » en Olusegun Obasanjo « le médiateur impartial et proactif que requiert la gravité de la crise actuelle », affirment les autorités du TPLF dans un communiqué publié tard dimanche et reçu lundi par l’AFP.
« Son comportement (…) suscite des questions de plus en plus sérieuses quant à savoir s’il agit de manière indépendante ou à la demande du gouvernement fédéral », poursuivent-elles.
Le gouvernement ne s’est pas exprimé publiquement
En juin et août derniers, M. Obasanjo a rencontré au Tigré les autorités tigréennes lesquelles ont déploré l’absence d’avancées. Le gouvernement fédéral ne s’est pas exprimé publiquement jusqu’ici sur la réactivation de la médiation de M. Obasanjo. Interrogée par l’AFP sur le communiqué du TPLF, l’UA n’a pour l’heure pas répondu.
Le TPLF a pris le pouvoir en Ethiopie en 1991 et en a dirigé l’Etat fédéral jusqu’à la nomination en 2018 de l’actuel Premier ministre Abiy Ahmed, avant d’être progressivement marginalisé par ce dernier. Le Tigré, qui comptait avant la guerre environ six millions d’habitants, est exsangue économiquement et plusieurs centaines de milliers de personnes sont toujours déplacées.
Les autorités fédérales ont procédé à plusieurs frappes de drone dans la région en août, touchant des cibles militaires, selon les données d’Acled, une ONG compilant des données sur des zones de conflit. Une frappe sur la capitale régionale Mekelle a également blessé plus d’une dizaine de civils.
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