Un an après l’arrêt de justice rendu en faveur de Malabo. Le Gabon et la Guinée équatoriale ont scellé mardi 28 juillet 2026 un accord historique au siège de l’Union africaine. Réunis à Addis-Abeba, les deux pays mettent ainsi fin à un litige territorial. Qui durait depuis un demi-siècle.
Depuis le début des années 1970, les deux voisins d’Afrique centrale se disputent Mbanié, une île d’une trentaine d’hectares, et deux îlots plus petits, Cocotiers et Conga, trois territoires situés dans des eaux présentent des richesses en pétrole.
En mai 2025, la Cour internationale de justice (CIJ), plus haute juridiction de l’ONU, avait donné raison à la Guinée équatoriale dans ce litige.
L’épilogue diplomatique à Addis-Abeba
Lors d’une cérémonie au siège de l’UA, le ministre équato-guinéen des Affaires étrangères, Simeón Oyono Esono Angue, et le président du Conseil constitutionnel gabonais, Dieudonné Aba’a Owono, ont signé un accord dans lequel les deux pays s’engagent à respecter la décision de la CIJ.
« Cette affaire est réglée de manière définitive », a affirmé le ministre équato-guinéen, ajoutant que les deux pays devaient désormais « aller de l’avant ».
Cet accord ouvre « une nouvelle ère de coopération avec la Guinée équatoriale », une valeur de son côté M. Aba’a Owono.
Le texte a également été signé par Mahamoud Ali Youssouf, président de la Commission de l’UA, qui s’est félicité que soit résolu « un différend frontalier qui n’a que trop duré ».
En 1900, la France et l’Espagne, alors puissances coloniales, avaient signé à Paris un traité établissant les frontières entre leurs possessions voisines, celles de la côte du Sahara (futurs Mauritanie et Sahara occidental) et celles du golfe de Guinée (futurs Gabon et Guinée équatoriale).
Des traités contradictoires et du pétrole
Cet accord attribuait à l’Espagne la souveraineté notamment sur les îlots Mbanié, Cocotiers et Conga. Mais Libreville soutient qu’un traité ultérieur, la convention de Bata, signée en 1974 entre le Gabon et la Guinée équatoriale indépendantes lui confère la souveraineté sur les îles.
Les deux pays avaient demandé à la CIJ de se prononcer sur la validité de divers textes et accords, pas de déterminer quelle nation possède la souveraineté sur ces îles.
La CIJ a souligné que le titre légal sur les îles était détenu par l’Espagne qui l’a ensuite transmis à la Guinée équatoriale lorsque celle-ci est devenue indépendante en 1968.
Les îlots sont minuscules et pratiquement habités, mais se trouvent dans une zone potentiellement riche en pétrole et en gaz, à une dizaine de kilomètres de la terre équato-guinéenne la plus proche et à une vingtaine de kilomètres des côtes du Gabon.












