Iran a son camp de base confirmé à Tijuana, ville frontalière du Mexique proche de San Diego : la FIFA a approuvé ce changement, qui remplace la ville américaine de Tucson initialement prévue. Ce déménagement de dernière minute règle en grande partie les problèmes de visas d’entrée aux États-Unis qui pesaient sur la participation iranienne au Mondial-2026.
Iran a son camp de base : Tijuana remplace Tucson à la demande de Téhéran
Le président de la Fédération iranienne de football, Mehdi Taj, a annoncé samedi la nouvelle dans une vidéo diffusée par l’agence de presse Fars. La Team Melli ne s’installera pas à Tucson, en Arizona, comme initialement prévu. C’est Tijuana, ville frontalière mexicaine proche de San Diego, qui accueillera la délégation pour toute la durée du tournoi.
« Grâce aux réunions que nous avons eues avec les responsables de la Fifa, notre demande a été acceptée. Nous serons basés à Tijuana, près de l’océan Pacifique », a déclaré Mehdi Taj.
La FIFA a validé ce transfert. Les responsables locaux de Tucson, interrogés par l’AFP, ont indiqué n’avoir reçu aucune confirmation officielle de la part de l’instance internationale sur ce changement. L’équipe devait initialement arriver en Arizona le 5 juin. La FIFA, sollicitée par l’AFP, n’avait pas immédiatement réagi au moment de la publication.
Un déménagement qui résout un problème de visas
Le déplacement de l’Iran du camp de base vers le Mexique n’est pas anodin. Il répond directement à la crise des visas qui menaçait la participation de l’équipe.
« Grâce à cette mesure, le problème des visas sera en grande partie résolu », a affirmé Mehdi Taj. L’équipe entrera au Mexique, pays qui ne pose pas les mêmes contraintes d’entrée que les États-Unis pour les ressortissants iraniens.
Des problèmes subsistent concernant « notamment le nombre de visas disponibles », a précisé le dirigeant. Il s’est néanmoins montré confiant sur une résolution rapide. Des vols privés avec Iran Air sont envisagés pour les trajets vers les villes américaines.
La délégation iranienne effectue en ce moment son stage de préparation en Turquie. Elle y a engagé cette semaine les démarches nécessaires à l’obtention des visas américains. Mardi, Mehdi Mohammad Nabi a affiché ses doutes. Le vice-président de la Fédération a reconnu « ne pas avoir la certitude que l’ensemble des joueurs et du personnel recevront leurs visas pour les États-Unis ».
Un contexte diplomatique sous haute tension
Des incertitudes pèsent sur la participation de l’Iran à la Coupe du monde 2026 depuis le début de l’année. Le tournoi se tient du 11 juin au 19 juillet aux États-Unis, au Mexique et au Canada.
L’offensive américano-israélienne lancée fin février contre la République islamique a durci le cadre politique.
L’Iran n’entretient plus de relations diplomatiques avec les États-Unis depuis 1980. La rupture remonte à la crise des otages à l’ambassade américaine de Téhéran. Sur le plan juridique, les États-Unis et le Canada ont classé les Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique iranienne, comme organisation terroriste. Les États-Unis interdisent d’entrer sur leur sol tout membre actuel ou ancien des Gardiens de la Révolution.
Cette classification frappe directement plusieurs membres de la délégation. Mehdi Taj lui-même est un ancien membre des Gardiens de la Révolution. Fin avril, il avait annulé sa participation au Congrès de la FIFA à Vancouver, évoquant « un comportement insultant de la police de l’immigration » à son arrivée à l’aéroport de Toronto.
Réactions et citations : Infantino et Trump ont donné leur feu vert
Malgré ces obstacles, les assurances ont été données au plus haut niveau. Gianni Infantino n’a jamais varié. Le président de la FIFA l’a répété : l’Iran disputera ses matches aux États-Unis. Le calendrier prévu reste en vigueur.
Le président américain Donald Trump a également accordé son « OK » à la participation iranienne. Cette position tranche avec ses déclarations de mars, lorsqu’il avait estimé que l’équipe d’Iran ne devrait pas participer pour sa propre « sécurité ».
Les dirigeants iraniens ont entretenu des discussions intenses avec la FIFA pour parvenir à ce résultat. Le transfert du iran camp de base vers Tijuana en est le fruit direct. « Le trajet pour nos deux matches à Los Angeles ne prend que 55 minutes en avion, ce qui est très court comparé à Tucson. C’est un avantage considérable », a souligné Mehdi Taj.
À Tijuana, la délégation bénéficiera de piscines, d’une salle de musculation et de restaurants privés, avec « des standards très bons et modernes », selon le dirigeant. Mehdi Taj juge les infrastructures adaptées aux exigences d’une préparation de haut niveau.
Iran a son camp de base à Tijuana : un calendrier serré en groupe G
La Team Melli, qualifiée pour sa quatrième phase finale consécutive, disputera tous ses matches de poule aux États-Unis. Le groupe G l’oppose à la Nouvelle-Zélande, à la Belgique et à l’Égypte.
L’Iran entre en lice le 15 juin à Los Angeles face à la Nouvelle-Zélande. Elle retrouve la Cité des anges le 21 juin contre la Belgique. La phase de groupes s’achève le 26 juin à Seattle, contre l’Égypte.
La proximité de Tijuana avec Los Angeles est un atout concret. Les deux premiers matches se joueront à 55 minutes de vol du camp de base. Le troisième, à Seattle, nécessitera un déplacement plus long, mais la question du visa pour ce trajet reste en cours de traitement.
Mehdi Taj a levé l’incertitude logistique à moins de trois semaines du coup d’envoi. La Team Melli sait désormais où elle s’installe : à Tijuana, hors du territoire américain. Sur les visas, des zones d’ombre subsistent. L’Iran camp de base mexicain donne néanmoins à la délégation une base stable pour préparer sa campagne.
Source : Agence France-Presse
















