Des demandeurs de visas pour études ont manifesté le 14 juillet devant l’ambassade de France à Yaoundé. A l’origine de la grogne, l’exigence du paiement de la totalité de la scolarité avant toute délivrance de visa.
Des Camerounais demandeurs de visa en vue de la poursuite de leurs études en France sont en colère. Ils ont exprimé leur courroux en organisant une manifestation pacifique le 14 juillet devant l’ambassade de France à Yaoundé. Le choix de la date ne semble pas anodin. La France célébrait sa fête nationale ce même jour.
Une mesure nouvelle
Le nombre de manifestants était estimé à plusieurs dizaines. Ils protestaient contre l’exigence du paiement de la totalité des frais de scolarité avant toute demande ou délivrance de visa. Une mesure nouvelle, communiquée le 9 juillet par Campus France Cameroun.
La mesure contestée fixe la nouvelle modalité relative à la mobilité étudiante. En effet, pour obtenir un visa d’étude dans une université privée en Hexagone, l’aspirant est désormais soumis à moult contraintes. Comme la fourniture de la preuve du versement de la totalité de ses frais de scolarité.
La scolarité à 23 millions de francs CFA
Ou alors il devrait prouver que ce montant est disponible. Or, de nombreuses familles camerounaises ne sont pas en mesure de couvrir de telles charges jugées asphyxiantes. Ces familles payaient jusqu’ici en traites.
L’exemple de l’école des Hautes études commerciales (HEC) de Paris est assez édifiant. Selon Salomon Ondoua, les frais de scolarité à eux seuls coûtent 25 000 euros dans cet établissement.
Et ce montant payable en une seule tranche ne prend pas en compte la caution encore appelée « frais de vie ». Elle s’élève à environ 10 200 euros, à en croire ce manifestant. Au final, un étudiant devra débourser plus de 35 000 euros. Soit environ 23 millions Fcfa pour apurer la totalité des frais exigibles.
Une mesure spécifique aux Camerounais
Autre pomme de discorde : la nouvelle mesure est imposée aux seules familles camerounaises. Ce qui leur fait dire qu’elle est non inclusive, voire discriminante. Salomon Ondoua, représentant du Collectif pour l’accès au projet d’études (Cap Études), suggère un dialogue inclusif autour de la nouvelle décision.
« On doit prendre en compte les répercussions de cette décision, quitte à la reporter l’année prochaine. Ou tout simplement prôner l’équité pour tous les étudiants », dit-il.
Il est cité par le journal Infos Migrants. Il déplore le fait que la même mesure ne soit pas imposée aux ressortissants d’autres pays de l’espace francophone. À l’instar de la Côte d’Ivoire. Ce qui s’apparente alors à du deux poids deux mesures.
La nouvelle modalité intervient alors que bon nombre de familles affirment avoir déjà introduit leur demande de visa. D’autres avaient même déjà inscrit leur enfant et amorcé le paiement de la scolarité en traites, conformément à l’ancienne modalité.












