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Trump menace l’île Kharg : ultimatum américain si les négociations avec l’Iran n’aboutissent pas

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Trump menace l’île Kharg, principal terminal d’exportation pétrolière de l’Iran, de destruction totale. Le président américain a publié lundi sur Truth Social un ultimatum direct à Téhéran : un accord doit être conclu rapidement, et le détroit d’Ormuz doit rouvrir. Faute de quoi, les États-Unis frapperont les centrales électriques, les puits de pétrole et l’île elle-même.

Un ultimatum posté avant l’ouverture des marchés

Donald Trump a choisi Truth Social pour adresser lundi 30 mars un avertissement sans ambiguïté à Téhéran. Trump a publié ce message avant l’ouverture des marchés américains. Le prix du pétrole continue de grimper depuis le début des hostilités, et chaque déclaration du président pèse sur les cours.

Trump affirme que les États-Unis sont « en discussions sérieuses avec un régime nouveau, et plus raisonnable ». Il fait état d' »énormes progrès » dans ces échanges. Mais il assortit immédiatement ce bilan d’un avertissement précis : si un accord n’intervient pas « rapidement » et si le détroit d’Ormuz n’est pas « ouvert aux affaires », les conséquences seront lourdes.

La publication intervient dans un contexte de tension extrême. Le détroit d’Ormuz reste quasi fermé, les marchés sont sous pression, et l’armée américaine continue d’envoyer des renforts dans la région. La logique du message est celle d’un ultimatum : ouverture vers une issue négociée d’un côté, liste de cibles pour une frappe massive de l’autre.

Trump menace l’île Kharg et les installations énergétiques iraniennes

Trump énumère ses cibles avec précision dans son post Truth Social. Les centrales électriques iraniennes, les puits de pétrole et l’île de Kharg figurent en tête de liste. Trump mentionne également, entre parenthèses, la possibilité de viser « toutes les usines de dessalement ».

L’île de Kharg constitue le principal point de transit du brut iranien à l’export. La quasi-totalité des ventes de pétrole de l’Iran passe par ce terminal stratégique du Golfe. Toute destruction de ce site entraînerait un effondrement immédiat de la capacité d’exportation de Téhéran et des répercussions directes sur les marchés mondiaux.

Trump souligne qu’il a « délibérément » épargné ces infrastructures jusqu’à présent. Il pose leur préservation comme un choix, non comme une contrainte. Et il peut revenir sur ce choix à tout moment.

Trump menace île Kharg depuis plusieurs jours dans ses déclarations publiques. Dimanche soir, il avait déjà évoqué la possibilité de « prendre » l’île lors d’un point presse à bord d’Air Force One. Le message de lundi va nettement plus loin. Il ne parle plus de prise, mais d' »explosion » et d' »anéantissement complet ».

Le détroit d’Ormuz, verrou stratégique du conflit

Téhéran maintient le détroit d’Ormuz quasi bloqué depuis le déclenchement de la guerre. Ce couloir maritime concentre une part majeure du trafic pétrolier mondial. Son obstruction par Téhéran pèse directement sur les prix du brut à l’échelle internationale.

Israël et les États-Unis ont déclenché la guerre il y a un mois. Depuis, Washington a envoyé des milliers de soldats dans la région. Les objectifs militaires officiellement affichés par Washington restent, selon l’AFP, « toujours flous ».

La Maison Blanche n’a pas précisé ses objectifs depuis le début du conflit. Cette ambiguïté stratégique alimente les incertitudes sur les véritables intentions de Washington. La porte-parole Karoline Leavitt a confirmé lundi que le calendrier initial — une opération d’une durée maximale de six semaines — tenait toujours.

Des déclarations contradictoires depuis le début du conflit

Donald Trump multiplie les signaux opposés depuis plusieurs jours. Il évoque à la fois une sortie négociée imminente et la possibilité d’une escalade militaire incluant l’envoi de troupes américaines sur le sol iranien.

Dimanche soir, il s’est félicité d’avoir obtenu un « changement de régime en Iran », affirmant que « le premier régime a été décimé, détruit ». Quelques heures plus tard, à bord d’Air Force One, il déclarait : « Je pense que nous allons conclure un accord avec eux, j’en suis presque sûr. »

Ces prises de position simultanées brouillent la lecture des intentions américaines. Elles compliquent la position des alliés régionaux cherchant à anticiper la suite. La pression maximale coexiste avec l’ouverture diplomatique, sans que l’une prenne clairement le dessus sur l’autre. Cette posture d’ambiguïté maintient l’adversaire dans l’incertitude tout en conservant toutes les options opérationnelles.

Leavitt répond aux « gesticulations » iraniennes

La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a pris la parole lundi pour clarifier la position américaine. Elle a d’abord nommé un obstacle concret : le gouvernement iranien est « très fragmenté » et Washington cherche encore à « comprendre exactement qui est au pouvoir ».

Des responsables iraniens affirment publiquement qu’aucune discussion substantielle n’est en cours avec les États-Unis. Leavitt a fermement contredit cette version.

« En dépit de toutes les gesticulations publiques du régime et des fausses informations, les discussions continuent et se passent bien », a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse.

Elle a tracé une ligne nette entre les déclarations publiques iraniennes et les messages transmis en coulisses : « Ce qui est dit publiquement est, évidemment, très différent de ce qu’ils nous font savoir en privé. » Cette déclaration accrédite l’existence de canaux de communication parallèles aux déclarations officielles iraniennes.

Un journaliste a aussi questionné Leavitt sur le financement du conflit. Un journaliste l’a interrogée sans détour : qui finance cette guerre, et les pays arabes vont-ils mettre la main à la poche ?

Elle a répondu sans engagement précis. « C’est quelque chose que le président serait plutôt intéressé de faire. Je ne vais pas le devancer mais je sais que c’est une idée qu’il a et un sujet dont il va certainement parler davantage », a-t-elle indiqué. Leavitt n’a rien annoncé de concret.

Trump menace l’île Kharg : quelles suites à court terme

Les prochains jours seront décisifs. Trump a posé ses conditions publiquement et nommément sur Truth Social. Trump exige un accord « rapide » et la réouverture immédiate du détroit d’Ormuz. Si Téhéran n’obtempère pas, Trump annonce des frappes directes sur les infrastructures du pays.

Le mot « rapidement » ne s’accompagne d’aucune définition temporelle précise dans le message de Trump. Ce flou maintient une pression constante sur Téhéran sans fixer d’ultimatum daté. Cette marge d’interprétation est volontaire. Washington l’entretient depuis le début du conflit.

La guerre entre dans son deuxième mois. Des milliers de soldats américains sont présents dans la région. Le calendrier de six semaines confirmé par Leavitt se resserre. Trump menace l’île de Kharg. Le détroit d’Ormuz, le financement du conflit, le statut des infrastructures iraniennes : aucune de ces questions n’a trouvé de réponse.

Source : Agence France-Presse

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