Le tabac continue de faire des victimes au Cameroun. Et le pays envisage une taxe spécifique pour faire 40 000 fumeurs de moins en 2027.
Selon les sources au ministère de la Santé publique, le pays pourrait compter environ 47 000 fumeurs de moins en 2027. Si la taxe spécifique appliquée aux cigarettes était doublée, passant de 5 000 à 10 000 Fcfa pour mille tiges. Ainsi donc, le nombre de fumeurs en moins pourrait être jusqu’à 65 000 en 2028. surtout, dans l’hypothèse d’un nouveau relèvement de cette taxe à 15 000 Fcfa.
15 000 Fcfa pour mille tiges
En effet, ces projections sont le résultat des simulations réalisées avec TaXSiM. Un outil de modélisation de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Et les résultats ont été présentés lors d’un atelier organisé du 22 au 24 juillet 2026 à Mbankomo par le Minsanté. Ceci devant des représentants du ministère des Finances, des Douanes, des Impôts. Du Comité national de lutte contre la drogue, de la société civile et des experts internationaux.
En revenant sur le scénario étudié, il a clairement été démontré les résultats concrets. Aussi, il a été prouvé que le relèvement de la taxe spécifique à 10 000 Fcfa. Va faire passer la part des taxes dans le prix des cigarettes d’environ 40 % en 2026 à 52 % en 2027. Et avec une taxe portée à 15 000 Fcfa pour mille tiges l’année suivante, cette proportion atteindrait 65 %.
Certes, les chiffres présentés ne correspondent pas encore à une réforme adoptée. Aussi, la communication du Minsanté ne précise ni la forme juridique envisagée. Ni l’existence d’un arbitrage gouvernemental. Encore moins, une éventuelle inscription de la mesure dans les lois de finances 2027 et 2028.
L’intérêt économique de la réforme
Également, cette communication ne chiffre pas assez l’effet du relèvement sur le prix de vente d’un paquet. Sur la consommation totale, les ventes déclarées ou les recettes fiscales. Pourtant, ces données restent déterminantes pour mesurer l’intérêt économique de la réforme. Et ses conséquences pour les producteurs, les importateurs et les consommateurs.
A dire vrai, TaXSiM permet de simuler l’incidence d’une modification fiscale sur les prix, les volumes vendus. Le nombre de fumeurs et les recettes publiques. Toutefois, les résultats dépendent des informations introduites dans le modèle, surtout les prix et les ventes par marque.
La structure du marché et les hypothèses retenues sur la réaction des consommateurs. L’OMS a fait comprendre aux autorités camerounaises que, plus ces données sont détaillées, plus les simulations sont précises. Pour les experts, « les 47 000 et 65 000 fumeurs annoncés doivent donc être lus comme les résultats d’un scénario économique et sanitaire. Et non comme des diminutions déjà acquises ».
Décourager l’introduction des jeunes dans le tabagisme
Au Minsanté, on estime à 38,4 % la part actuelle des taxes dans le prix des cigarettes au Cameroun. Et donc, le niveau de 40 % retenu comme point de départ de la simulation pour 2026 semble correspondre à un arrondi. Sans explications de l’écart entre les deux données.
Pourtant, la fiscalité applicable comprend notamment les droits d’accise, la taxe sur la valeur ajoutée, la vignette fiscale. Et le prélèvement spécifique de 5 000 Fcfa pour mille cigarettes. Au terme des travaux de Mbankomo, il a été conclu qu’une taxe uniforme appliquée aux produits fabriqués localement. Et aux produits importés serait davantage conforme aux bonnes pratiques internationales.
Alors, au-delà de la réduction du nombre de fumeurs, les autorités camerounaises veulent utiliser la fiscalité. Pour décourager l’introduction des jeunes dans le tabagisme. L’on a révélé que les adolescents et jeunes adultes sont sensibles aux augmentations de prix que les consommateurs plus âgés. L’Oms considère la hausse régulière des taxes et des prix comme l’un des principaux instruments de réduction de la consommation.
De nouvelles simulations sont annoncées dans les jours à venir. Afin d’adapter la fiscalité à l’évolution des modes de consommation












