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Extrême-Nord : Plus de 300 personnes enlevées en trois mois

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Dans la région de l’Extrême-Nord, les bandes armées ont enlevé au total 308 personnes entre avril et juin 2026. Soit un peu plus que les comptes de la même période en 2025 où l’on avait compté 141 enlèvements.

En effet, en un an, le nombre de victimes a augmenté de 118 %. Ceci ressort du rapport du Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (Ocha). Il a été rendu public le 31 juillet 2026.

72 morts et 48 blessés

Selon les analyses donc, « cette progression constitue le principal signal d’aggravation sécuritaire relevé au deuxième trimestre », nous dit-on. Et au total, Ocha a recensé 207 incidents attribués à des groupes armés, qui ont aussi fait 72 morts et 48 blessés.

En effet, le contraste avec l’évolution du nombre de décès est particulièrement marquant. Dans la courbe des statistiques, les violences ont tué 72 personnes entre avril et juin 2026. Contre 77 à la même période un an avant. Tout cela va représenter un recul limité à 6,5 %. Alors même que les enlèvements ont carrément doublé.

Cette situation montre à souhait l’évolution de l’insécurité rien qu’à partir du nombre de morts. On peut se faire chacune une idée de ce qui se passe dans cette partie du pays. Et comparativement au deuxième trimestre 2025, 167 autres personnes ont été enlevées. En fait, les rapts apparaissent comme l’une des principales formes de violence subies. Par les populations civiles dans cette région du Cameroun qui partage la frontière avec le Nigeria.

Extrême-Nord : Maroua et ses environs dans le choléra

Peur et incertitude

Et à côté de la disparition des victimes. Il y a un grand climat de peur et d’incertitude entretenu par ces attaques. A la fin, l’on note la restriction des déplacements et surtout la fragilisation des moyens de subsistance des communautés. Autres conséquences, ce sont les migrations forcées. On peut avoir de nouveaux départs vers des localités considérées comme moins exposées..

Alors, dans le registre des incidents liés aux engins explosifs. Ocha signale la réapparition des engins explosifs improvisés dans le département du Logone-et-Chari. « Deux occurrences ont été enregistrées entre avril et juin 2026. Contre aucune au cours de la même période en 2025 ».

Et, « ce nombre limité ne permet pas, à lui seul, de conclure à une tendance durable. Il constitue néanmoins un facteur de risque supplémentaire pour les habitants. Et les acteurs humanitaires, notamment lors des déplacements dans les zones affectées par les violences», nous explique-t-on.

Insécurité alimentaire

Il est donc clairement établi que, la poussée des enlèvements intervient dans une région déjà confrontée à plusieurs urgences. C’est fort de ce constat que le rapport d’Ocha va faire l’état de nouveaux déplacements de populations. D’une aggravation de l’épidémie de rougeole, de l’apparition du choléra et d’une insécurité alimentaire qui persiste.

Et pour terminer, il est à retenir que le bilan du deuxième trimestre a révélé une dégradation. Moins visible à travers le nombre de morts qu’à travers l’augmentation des enlèvements. Ici, les décès sont restés presque stables sur un an. Mais, le nombre de personnes enlevées a été multiplié par 2,18. Toute chose qui confirme la persistance d’une menace élevée pour les populations, notamment les civils dans l’Extrême-Nord.

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