Trump menace les sites énergétiques de l’Iran d’une destruction totale si aucun accord n’est conclu rapidement. Lundi 30 mars, le président américain a publié un ultimatum sur Truth Social, visant Kharg, les centrales électriques, les puits de pétrole et les usines de dessalement iraniennes.
Le conflit a démarré le 28 février par une attaque américano-israélienne sur l’Iran. Selon l’organisation HRANA, il a déjà coûté la vie à près de 3 500 personnes en Iran.
Trump menace les sites énergétiques : l’ultimatum publié lundi
Donald Trump a publié lundi un ultimatum sur Truth Social. Sa condition à l’Iran est simple : un accord rapide, ou la destruction de ses infrastructures énergétiques. Si le détroit d’Ormuz n’est pas rouvert, les États-Unis passeront à l’action. Trump n’a pas employé de formule diplomatique. Il a promis de faire « exploser et anéantir complètement » les centrales électriques, les puits de pétrole et l’île de Kharg.
Trump a précisé que les usines de dessalement pourraient également être ciblées. La veille, dimanche, il avait déjà évoqué une possible opération terrestre pour s’emparer du terminal de Kharg et « prendre le pétrole » iranien.
L’île de Kharg occupe une position centrale dans l’économie iranienne. Elle assure environ 90 % des exportations de brut du pays. Sa mise hors service paralyserait de facto les revenus pétroliers de Téhéran.
Trump menace les sites énergétiques via le levier stratégique d’Ormuz
Le détroit d’Ormuz est au cœur des exigences américaines. Par ce passage transitent ordinairement un cinquième des hydrocarbures mondiaux. Sa fermeture constitue l’un des leviers de pression les plus redoutés dans toute la région.
L’escalade militaire se confirme sur le terrain. Samedi, le commandement américain a annoncé l’arrivée d’un navire d’assaut amphibie au Moyen-Orient. Il conduit un groupe naval de « quelque 3 500 » marins et soldats du corps des Marines. Les bombardements se sont poursuivis ce weekend et lundi en Iran, dans le Golfe et au Liban.
À Téhéran, l’armée israélienne a annoncé avoir bombardé une université dirigée par les Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de la République islamique. Elle affirmait que des « activités de recherche et développement sur des armes de pointe » y étaient conduites.
Elle avait également frappé des sites militaires dans la capitale iranienne, en réponse à une attaque de missiles iraniens. Dans la soirée, l’agence iranienne Fars a rapporté de nouvelles explosions dans la ville.
Après une accalmie la semaine précédente, les bombardements sur Téhéran semblent s’être intensifiés depuis ce weekend. Des coupures temporaires d’électricité ont été observées dans la capitale, selon des journalistes de l’AFP sur place.
Contexte : un conflit déclenché le 28 février, des milliers de morts
Une attaque américano-israélienne sur l’Iran a déclenché le conflit le 28 février. Depuis lors, les frappes américano-israéliennes et les ripostes iraniennes se succèdent, faisant des milliers de morts et déstabilisant la région.
L’organisation HRANA (Human Rights Activists News Agency) a comptabilisé les victimes depuis le début des hostilités. Son bilan atteint près de 3 500 morts en Iran.
L’ONG Acled compile les données sur les conflits. Sur le premier mois de guerre, elle recense environ 2 300 bombardements américains et israéliens. Les frappes iraniennes en représailles s’élèvent à 1 160.
Le conflit s’étend au-delà des frontières iraniennes. Une frappe israélienne a tué lundi trois membres du Hezbollah près de la banlieue sud de Beyrouth. L’armée israélienne a aussi visé un barrage de l’armée dans le sud du Liban, tuant un soldat.
L’Otan a confirmé l’interception d’un missile iranien en route vers la Turquie. C’est le quatrième missile iranien intercepté depuis le début de la guerre.
Au Koweït, le gouvernement a accusé l’Iran d’avoir attaqué une usine de dessalement et d’électricité, causant la mort d’un ressortissant indien. Téhéran a nié toute responsabilité et rejeté la faute sur Israël.
Les civils iraniens vivent désormais dans l’angoisse au quotidien. « Les jours ordinaires me manquent. Une vie où je n’avais pas à penser constamment aux explosions et à la mort », confie Shahrzad, 39 ans, femme au foyer jointe par l’AFP depuis Paris.
Réactions et citations : entre menaces et « discussions sérieuses »
Dans le même message sur Truth Social, Donald Trump a adopté une double posture. Il a évoqué des « énormes progrès » dans des « discussions sérieuses avec un régime nouveau et plus raisonnable » en Iran. Trump n’a précisé l’identité d’aucun de ses interlocuteurs.
À Washington, le secrétaire d’État Marco Rubio s’est montré optimiste. Après des échanges privés qu’il juge positifs, il a déclaré croire possible de travailler avec des représentants du gouvernement iranien. Cette ouverture s’est ajoutée au signal diplomatique de Trump pour tempérer les réactions des marchés.
Les Bourses européennes ont bien tenu lundi : Francfort a progressé de 1,18 % et Paris de 0,92 % à la clôture. « Ces propos ont au moins contribué à éclaircir un peu l’humeur du marché », a estimé Andreas Lipkow, analyste pour CMC Markets.
Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a interpellé directement Donald Trump. Il l’a appelé à « stopper la guerre » et souligné les « conséquences graves » d’une poursuite du conflit.
Conséquences et suite attendue : pétrole à 100 dollars, urgence onusienne
Les marchés pétroliers restent sous haute tension. Le Brent et le WTI évoluaient lundi au-dessus de 100 dollars le baril, des niveaux considérablement supérieurs à ceux d’avant le 28 février. Les deux références mondiales ont peu réagi aux dernières menaces de Trump, leurs cours ayant déjà intégré l’escalade du conflit.
Le G7 Finances-Énergie, réuni par la France en visioconférence lundi, s’est déclaré prêt « à prendre toutes les mesures nécessaires » pour assurer la stabilité du marché de l’énergie. Cette déclaration reflète l’inquiétude des grandes économies face aux effets du conflit sur les approvisionnements mondiaux.
La situation au Liban a par ailleurs déclenché une réaction diplomatique d’urgence. Deux Casques bleus ont été tués lundi dans « une explosion d’origine inconnue » dans le sud du Liban, selon la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (Finul). Un premier Casque bleu indonésien avait déjà été tué dimanche.
Face à ces « incidents gravissimes », la France a demandé la tenue d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations unies. Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a annoncé condamner ces événements « avec la plus grande fermeté ».
L’issue du conflit reste suspendue aux négociations dont Trump affirme percevoir les « progrès ». Les contours de ces discussions demeurent inconnus. La menace d’anéantir les sites énergétiques iraniens reste, elle, pleinement explicite.
Source : Agence France-Presse












