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L’absence prolongée de Paul Biya réveille le débat politique

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Alors que le chef de l’État Paul Biya demeure hors du territoire national. L’opposition et les acteurs de la société civil, multiplient les prises de parole. Entre exigences de transparence et interrogations constitutionnelles. La séquence met à l’épreuve la communication de l’exécutif.

L’absence du président camerounais Paul Biya, qui n’est plus apparu publiquement. Depuis plusieurs semaines après son départ  de la capitale le 07 juin 2026. Continue d’alimenter les discussions. Au sein de la classe politique et de l’opinion publique.

Face à la prolifération des spéculations sur les réseaux sociaux. Et dans certains médias internationaux. Les autorités ont entrepris de cadrer la communication officielle.

Le Cabinet civil de la Présidence de la République. Ainsi que le ministère de la Communication sont intervenus à travers des communiqués formels. Pour démentir les rumeurs alarmistes assurant que le chef de l’État se porte bien. Et poursuit ses activités depuis l’Europe.

Ces assurances institutionnelles n’ont toutefois pas tari les réactions au sein de l’échiquier politique. Du côté de l’opposition, plusieurs leaders de formations politiques majeures. A l’instar des responsables du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC).  Ou du Parti Camerounais pour la Réconciliation Nationale (PCRN). Estiment que la communication par voie de presse ne suffit plus.

Le président du PCRN Cabral Libii dénonce un « vide juridique » dans la Constitution camerounaise. Lequel, ne fixe aucune limite à la durée d’absence d’un président hors du territoire. Et n’oblige pas le gouvernement à justifier un tel séjour. Ce qui de son avis, « expose le pays à une crise de légitimité ».

Ils appellent à davantage de clarté sur l’agenda et la présence effective du premier personnage de l’État. Érigeant l’accès à une information précise en enjeu de gouvernance.

Le terrain constitutionnel en filigrane

Cameroun : Polémique autour des décrets du chef de l’Etat Biya

Au-delà de la bataille d’opinions. La situation réactive le débat sur le fonctionnement des institutions. Des juristes, des figures de la société civile et des acteurs politiques. Evoquent désormais de manière ouverte les dispositions de la loi fondamentale.

Notamment l’article 6 de la Constitution camerounaise. Lequel encadre les modalités d’un éventuel constat d’empêchement ou de vacance du pouvoir.

Sans franchir le pas d’une saisine formelle. Plusieurs voix suggèrent qu’il revient au Conseil constitutionnel de veiller à la régularité du fonctionnement des pouvoirs publics. En cas de doute prolongé.

Pour bon nombre, Cette période met en lumière la très forte centralisation des décisions au sommet de l’appareil d’État.  Où l’arbitrage présidentiel reste central dans la conduite des affaires publiques.

Un pouvoir qui réaffirme la continuité de l’État

Face à ces offensives médiatiques et juridiques. Les tenors du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) se sont mobilisés. Pour recadrer le débat et rassurer l’opinion.

Cameroun : Débat autour de la vacance du pouvoir

Jacques Fame Ndongo, secrétaire à la communication du parti au pouvoir, est monté au créneau. Pour affirmer fermement que le chef de l’État reste aux commandes. Et que les institutions républicaines fonctionnent en toute régularité.

De son côté, Grégoire Owona, secrétaire général adjoint du comité central du RDPC et ministre du Travail. A fermement condamné les spéculations en ligne. Appelant au respect de la dignité de la fonction présidentielle. Et dénonçant les tentatives d’instrumentalisation de cette absence.

L’argumentaire officiel rappelle ainsi que le travail gouvernemental se poursuit sans heurt. Sous la coordination du Premier ministre et du Secrétaire général de la Présidence de la République. Ce conformément aux textes en vigueur.

La majorité dénonce ce qu’elle qualifie de surenchère politique. Et de tentative de déstabilisation orchestrée par des acteurs en quête de visibilité.

Alors que la gestion des apparitions publiques du chef de l’État reste un sujet hautement sensible. Cet épisode illustre la difficulté pour le pouvoir central de maintenir son récit traditionnel. Face aux exigences accrues de transparence et à la rapidité de la circulation de l’information.

 

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