La trêve pascale violée en Ukraine s’est effondrée dès ses premières heures. L’état-major ukrainien a recensé 469 violations russes à partir de 16h00 le samedi 11 avril. Zelensky a promis de répliquer coup pour coup et soumis à Moscou une proposition de prolongation du cessez-le-feu.
La trêve pascale violée en Ukraine dès le premier coup de feu
Le Kremlin avait annoncé jeudi la mise en place d’une trêve de 32 heures sur l’ensemble du front ukrainien, à l’occasion de la Pâque orthodoxe. Ce cessez-le-feu devait entrer en vigueur le samedi 11 avril à 16h00 (13h00 GMT) et courir jusqu’à la fin du dimanche. Volodymyr Zelensky avait accepté cette initiative formulée par son homologue Vladimir Poutine.
L’entrée en vigueur de la trêve n’a pas arrêté les hostilités. Dès les premières heures, les violations ont déferlé sur l’ensemble des lignes de contact. L’état-major ukrainien a publié un rapport sur Facebook pour documenter 469 incidents survenus avant la fin de la soirée du samedi.
469 violations documentées : assauts, bombardements et drones
Le bilan de l’état-major ukrainien détaillait 22 assauts ennemis, 153 bombardements, 19 frappes de drones d’attaque des types Lancet et Molniya, et 275 frappes de drones FPV. Ces drones de première personne, utilisés massivement sur le front, représentaient la catégorie de violation la plus fréquente. Kiev a rendu ces données publiques sans attendre la fin de la fenêtre de cessez-le-feu.
Alexandre Khinchteïn, gouverneur de la région russe de Koursk, frontalière de l’Ukraine, a accusé Kiev d’une violation symétrique. Selon lui, un drone ukrainien a frappé une station-service dans la localité de Lgov. L’attaque a blessé trois personnes, dont un bébé.
La trêve pascale violée en Ukraine sur fond de journée meurtrière
Dans les heures précédant le cessez-le-feu, les frappes meurtrières ont continué des deux côtés. En Ukraine, quatre personnes ont trouvé la mort dans des attaques dans l’est et le sud du pays. Deux d’entre elles se trouvaient dans la région d’Odessa.
Du côté des territoires sous contrôle russe, deux personnes ont péri dans une frappe de drone ukrainien dans la région de Donetsk, selon les autorités installées par Moscou. Pour l’ensemble de la journée du samedi, l’armée ukrainienne a comptabilisé 57 frappes aériennes russes et 182 bombes aériennes guidées larguées. La Russie a également déployé 3 928 drones et effectué 2 454 tirs d’artillerie sur des zones peuplées et des positions des troupes ukrainiennes.
Cette accumulation de chiffres illustre le niveau d’intensité maintenu sur le front, indépendamment des annonces de trêve. L’ampleur des incidents répertoriés par Kiev dépasse largement le cadre de violations isolées.
Zelensky avertit et propose une prolongation du cessez-le-feu
Avant même le début de la trêve, Zelensky avait fixé la doctrine de réponse de Kiev. L’Ukraine riposterait « coup pour coup » à toute violation russe, avait-il déclaré publiquement. Cette mise en garde traduisait la méfiance persistante de Kiev envers les initiatives russes de désescalade.
Dans son allocution quotidienne, le président ukrainien a estimé qu’il serait « correct » de prolonger ce cessez-le-feu au-delà de la période initiale de 32 heures. Il a précisé avoir transmis cette « proposition » directement à Moscou. Aucune réponse russe officielle n’était disponible dans l’immédiat.
Des positions irréconciliables sur la trêve pascale violée en Ukraine
Ce scénario n’est pas inédit dans le conflit. L’an dernier, une trêve similaire avait été décrétée pour la Pâque orthodoxe. Les deux camps s’étaient alors mutuellement accusés de violations répétées, sans qu’aucun résultat concret n’en découle.
La position structurelle des deux parties reste figée. Kiev exige un cessez-le-feu prolongé comme préalable à des négociations sur un hypothétique accord de paix. Moscou rejette cette demande, estimant qu’une pause étendue permettrait à l’armée ukrainienne de reconstituer ses forces. Cette divergence fondamentale paralyse toute avancée diplomatique.
Ce blocage dure depuis le début de l’invasion russe à grande échelle, il y a plus de quatre ans. Aucun cycle de pourparlers n’a permis de rapprocher les deux camps sur les questions essentielles. Chaque initiative de trêve sectorielle ou temporaire a débouché sur les mêmes accusations mutuelles de violations.
Des négociations en panne malgré la pression américaine
Ces derniers mois, plusieurs cycles de négociations sous l’égide des États-Unis n’ont pas réussi à rapprocher les deux parties. Le processus s’est enlisé à mesure que Washington déplaçait son attention vers le dossier iranien. Les discussions ont par ailleurs subi les effets de la guerre au Moyen-Orient, qui ont suspendu les pourparlers sur le conflit ukrainien ces dernières semaines.
Le Kremlin maintient des exigences fixes : des concessions territoriales et politiques importantes de la part de Kiev. Zelensky a rejeté ces demandes sans appel, les assimilant à une capitulation. Aucun médiateur n’a jusqu’ici réussi à combler ce fossé.
Le conflit a causé la mort de centaines de milliers de personnes depuis le déclenchement de l’invasion russe à grande échelle. Des millions d’autres ont dû fuir leurs foyers. Ce bilan humain fait de cette guerre le conflit le plus meurtrier en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale.
350 prisonniers échangés en marge des combats
En marge des hostilités, Kiev et Moscou ont procédé samedi à un échange de 350 prisonniers de guerre, 175 soldats de chaque camp. L’armée russe a annoncé l’opération en premier. Zelensky l’a ensuite confirmée publiquement.
Quatorze civils détenus ont également retrouvé la liberté, sept par camp. Parmi les soldats ukrainiens rentrés au pays, Maksym s’est confié directement à l’AFP après quatre ans de captivité. « Je n’ai pas encore vraiment réalisé que je suis enfin là, que maintenant je peux faire de mes rêves une réalité, et que je suis enfin libre », a-t-il déclaré.
Cet échange intervient sur fond de conflit qui a déplacé des millions de personnes et endeuillé des centaines de milliers de familles en Europe depuis plus de quatre ans.
Source : Agence France-Presse
















