La prison centrale de New-Bell à Douala, a accueilli le plus jeune pensionnaire de l’année. Il s’agit d’un bébé âgé seulement de 9 jours. Le petit enfant s’y trouve avec sa mère condamnée à 5 mois d’emprisonnement ferme pour vol.
Comme dans un film, Jessika Ndongo, alors ménagère, travaille chez un particulier à la cité des Palmiers. Dans l’arrondissement de Douala 5ᵉ. Elle garde la progéniture d’un couple qui a même exigé qu’elle habite. Tout se passe bien jusqu’au jour où un problème de vol d’argent survient.
5 mois d’emprisonnement ferme
Selon nos sources, « le couple dit avoir perdu 250 000 Fcfa gardés soigneusement dans la chambre. Et les soupçons pèsent sur Jessika qui nie les faits. Elle a juré par tous les dieux n’avoir jamais eu à toucher le moindre sou. Entre-temps elle est enceinte. Le couple va porter plainte contre elle à la police. Et contre toute attente, elle va se retrouver devant le procureur et mise en détention pour jugement », nous raconte Emily.
Un autre voisin du quartier nous fait sa part de récit : « Cette affaire est allée trop vite. On l’a jugée coupable et elle a été condamnée à 5 mois d’emprisonnement ferme. Et directement en prison à New-Bell. Tout le monde se demandait comment elle allait faire dans cet état. Puisqu’on voyait qu’elle était enceinte. « Cela ne se cachait pas dans tous les cas », raconte Ernest. T.
Alors que Jessica Ndongo purge sa peine, elle est conduite en urgence à l’Hôpital Laquintinie de Douala. Admise en salle d’accouchement le samedi 2 juillet 2026, où elle va mettre au monde une fille. Et le jeudi 6 août 2026 dans l’après-midi, elle va regagner sa cellule à la prison centrale de New-Bell. Dans ses bras, son bébé. La petite qui n’avait pas encore de nom a vu les portes de la prison se refermer sur elle et sa mère.
Ce que dit la loi
en principe, en droit camerounais, un nourrisson ne peut pas faire l’objet d’une incarcération au sens judiciaire du terme. La législation encadre néanmoins la présence des bébés en milieu carcéral lorsque la mère est détenue. Ainsi que les aménagements de peine pour les femmes enceintes et ayant récemment accouché », nous explique Alain Eboua, juriste.
Et parlant de la responsabilité pénale et du statut de l’enfant, il est clairement établi que « l’âge de la responsabilité pénale est fixé à 12 ans. Un nourrisson ou un enfant de moins de 12 ans ne peut en aucun cas être poursuivi ou condamné. Seulement, on peut parler de sa présence aux côtés de sa mère ».
Ainsi donc, « les nourrissons ne se trouvent en prison qu’en qualité d’enfants accompagnant leur mère incarcérée. Dans la pratique au Cameroun, les bébés restent auprès de leur mère en détention jusqu’à l’âge de 18 mois environ. Avant d’être confiés au père, à la famille élargie ou aux services sociaux ».
Et « Le Code pénal camerounais, en son article 27, prévoit des dispositions protectrices. Pour préserver la santé de la mère et du nouveau-né. Ainsi donc, une femme condamnée à une peine privative de liberté qui est enceinte. Ou qui vient d’accoucher ne subit sa peine que six semaines après son accouchement », nous situe Edmond Edubé, juriste.
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Peine alternative
Alors, pour plusieurs observateurs, les premiers jours de vie d’un enfant nécessitent une attention médicale, nutritionnelle. Et psychologique particulière difficile à garantir dans un environnement carcéral marqué par la promiscuité. Et parfois par l’insuffisance des infrastructures sanitaires, comme c’est le cas à la prison centrale de New-Bell.
D’ailleurs, cette dernière est citée parmi les établissements confrontés au problème de la surpopulation carcérale. Jessica Ndongo est en prison avec son bébé et rien n’y fait. Dans les rues de la métropole économique, cette affaire continue de susciter l’émotion.
En effet, « Il faut que le législateur revoie cette situation. Un enfant va rester en prison pour quoi en faire. On peut automatiquement commuer cette peine en peine alternative. Elle peut travailler chez son patron qui va défalquer une partie de son salaire jusqu’à la fin. Si la culpabilité est établie », va déclarer Claire Njoh.












