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Désarmement du Hamas supervisé : Kushner vise un début sous 30 jours

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Désarmement du Hamas supervisé par un général américain : Israël et les États-Unis ont scellé lundi ce principe. L’émissaire Jared Kushner espère un premier retrait d’armes d’ici 30 jours, après quatre heures d’entretien avec Benjamin Netanyahu.

Désarmement du Hamas supervisé : Kushner fixe un cap de 30 jours

Jared Kushner a livré lundi un calendrier précis. L’émissaire américain espère voir le Hamas commencer à rendre ses armes dans un délai d’un mois.

Il s’exprimait depuis Tel-Aviv sur la chaîne américaine Fox News. Sa déclaration est intervenue après une longue rencontre avec Benjamin Netanyahu.

« Nous pourrions constater des progrès d’ici à peine 30 jours, avec, espérons-le, le début du retrait d’une partie des armes, et, espérons-le également, le comblement de certains tunnels au cours des 60 à 90 prochains jours », a-t-il déclaré.

Le gendre de Donald Trump a aussitôt tempéré cette perspective. « Des progrès pourraient donc intervenir assez rapidement, mais cela nécessite la coopération des deux parties, et nous espérons bien sûr surmonter cette épreuve », a-t-il ajouté.

L’émissaire américain avait rencontré la veille des responsables du Hamas. Son passage par Jérusalem enchaîne donc les deux volets du même dossier.

Un responsable israélien confirme l’existence d’un accord conclu le même jour. Israël et les États-Unis chargeraient un général américain de superviser le désarmement du mouvement islamiste.

Un désarmement du Hamas supervisé par un général américain

Un haut responsable israélien a détaillé cet accord à l’AFP. Netanyahu et Kushner « sont convenus qu’aucun redéploiement ni aucune reconstruction n’auraient lieu dans la bande de Gaza avant que le Hamas ne soit désarmé dans l’ensemble » du territoire.

La même source décrit ensuite la première étape du processus. « Il a également été convenu que la première étape vers la démilitarisation de Gaza consisterait à demander au Hamas de remettre ses armes afin qu’elles soient mises hors service sous la supervision d’un général américain », a-t-elle ajouté.

La supervision américaine porterait donc d’abord sur la remise des armes. Leur neutralisation suivrait, sous l’autorité de ce même officier.

Des membres du « Conseil de paix » de Donald Trump accompagnaient l’émissaire américain. L’ancien Premier ministre britannique Tony Blair figurait dans la délégation.

Un responsable de cet organe n’a pas confirmé l’implication d’un général américain. Il assure en revanche que « chaque arme collectée sera entièrement mise hors service ».

Washington avance déjà sur le volet militaire du dossier. L’administration Trump a nommé le général américain Jasper Jeffers à la tête de la Force internationale de stabilisation (ISF).

Cette force doit se déployer à Gaza aux termes du plan du président américain. L’ONU a avalisé ce plan, qui a conduit à un cessez-le-feu précaire en octobre 2025.

Gaza : un plan de sortie de guerre fragilisé par Netanyahu

Le « Conseil de paix » a rendu publique sa feuille de route en juillet. Le texte lie le désarmement du Hamas au retrait israélien de la bande de Gaza.

Il confie par ailleurs la supervision de ce processus au Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG). Cet organe de technocrates palestiniens doit gérer provisoirement le territoire.

Netanyahu a rejeté publiquement ce dernier volet du plan américain de sortie de guerre. Le Premier ministre israélien exige un désarmement « véritable » du mouvement islamiste.

L’accord conclu lundi vise précisément à satisfaire Israël. Le chef du gouvernement aborde par ailleurs une campagne de réélection difficile.

Le Hamas dirige le territoire palestinien depuis 2007. Son attaque sans précédent du 7 octobre 2023 en Israël a déclenché la guerre à Gaza.

Fin juillet, le mouvement islamiste a pourtant accepté le plan américain. Ce texte prévoit son désarmement et le retrait israélien d’un territoire occupé à plus de 60% par Israël.

Le rejet israélien a suspendu cette mécanique en cours de route. Ces deux volets devaient pourtant avancer de pair, selon la feuille de route.

Le Hamas a aussi annoncé en juillet la dissolution de son administration civile. Il souhaite transférer ses responsabilités au NCAG.

Réactions : Kushner affiche sa méfiance envers le Hamas

Kushner a rencontré dimanche des membres de la direction du Hamas. Des sources proches des négociations rapportent qu’il a insisté sur le désarmement et réclamé des mesures « vérifiables ».

L’émissaire est ressorti méfiant de cet échange. « Ils ont dit tout ce qu’il fallait mais, à l’évidence, il est très très difficile de leur faire confiance », a-t-il confié à Fox News.

Son bilan de la réunion israélienne apparaît nettement plus chaleureux. « On a eu une très, très bonne réunion aujourd’hui. On a passé près de quatre heures avec lui et son équipe à passer en revue tous les détails (…) et à dissiper certains malentendus », a-t-il affirmé.

Le gendre du président américain écarte tout avenir politique pour le mouvement islamiste. Il a insisté dimanche sur l’absence de tout rôle futur du Hamas dans la gouvernance de Gaza, selon les mêmes sources.

Le mouvement palestinien défend une lecture inverse des blocages. Un responsable du Hamas a indiqué à l’AFP que son camp appelait à exercer des pressions sur Netanyahu pour débloquer la feuille de route.

Les demandes américaines portent sur des gestes mesurables. Kushner a réclamé dimanche des mesures « vérifiables », selon les sources proches des négociations.

Ces contacts marquent une rupture diplomatique nette. Pendant des années, les États-Unis ont refusé tout contact avec le Hamas, qu’ils classent comme terroriste.

Conséquences : une trêve fragile et un calendrier sous tension

La séquence engage désormais deux calendriers distincts. Kushner évoque 30 jours pour un premier retrait d’armes, puis 60 à 90 jours pour le comblement de certains tunnels.

Le dispositif conditionne aussi l’avenir immédiat du territoire. Aucun redéploiement ni aucune reconstruction ne débutera avant le désarmement complet du Hamas, selon le haut responsable israélien.

Sur le terrain, la trêve reste fragile. Le Hamas et Israël s’accusent mutuellement de violer le cessez-le-feu dans un territoire dévasté et en demande d’aide humanitaire.

Sur le plan humain, le bilan continue de s’alourdir. Le ministère de la Santé du territoire recense au moins 1.265 Palestiniens tués depuis le début de la trêve, et l’ONU juge ces chiffres fiables.

Israël avance de son côté un bilan bien plus limité. L’État hébreu a recensé cinq soldats et un contractuel du ministère de la Défense tués sur la même période.

La Force internationale de stabilisation attend toujours son déploiement. Le général Jasper Jeffers en assure le commandement depuis sa nomination.

L’issue dépend maintenant du comportement des deux parties. L’émissaire américain conditionne tout progrès rapide à leur coopération.

Source : Agence France-Presse

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