Les inondations et glissements de terrain qui ont frappé Limbe, dans la région du Sud-Ouest, ont une nouvelle fois exposé la vulnérabilité de la cité balnéaire face aux catastrophes naturelles.
Sur le terrain le 13 août 2026, le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, a apporté l’assistance du couple présidentiel aux sinistrés tout en réitérant les mêmes consignes de prévention déjà formulées après de précédents drames : éviter les zones à risque, mieux encadrer les constructions et empêcher de nouvelles pertes en vies humaines.
Accueilli dans le chef-lieu du département du Fako par le gouverneur du Sud-Ouest, Bernard Okalia Bilaï, et les autorités administratives, militaires et traditionnelles, le ministre a commencé sa visite par l’hôpital régional de Limbe. Il y a rencontré l’un des rescapés des récentes inondations et glissements de terrain, auquel il a transmis la compassion et le soutien du couple présidentiel.
Le survivant, particulièrement éprouvé, a perdu trois membres de sa famille dans la catastrophe. Mais au-delà de cette séquence de réconfort, la visite ministérielle a surtout permis de mesurer, une nouvelle fois, l’ampleur de l’exposition des populations.
Sur plusieurs sites sinistrés, le ministre a constaté les dégâts laissés par les pluies diluviennes. Dans certaines zones déjà identifiées comme dangereuses, des habitations restent occupées malgré les alertes et les projets de déguerpissement annoncés par les pouvoirs publics. Une situation qui transforme chaque épisode de fortes pluies en menace potentielle pour les populations.
Inondations : Des questions après le péril d’une famille à Limbé
Atanga Nji évalué les infrastructures endommagées
À proximité du Bota Garden Wildlife Zoo, Paul Atanga Nji a notamment évalué les infrastructures endommagées. À Clarks Quarters, certaines populations vivent encore les pieds dans l’eau.
D’autres quartiers de Limbe présentent le même visage, tandis que plusieurs artères restent inondées plusieurs jours après les pluies. Ces scènes donnent la mesure des dégâts, mais aussi de la lenteur avec laquelle certaines zones retrouvent des conditions normales de vie.
Le problème est pourtant loin d’être nouveau. À Limbe comme dans d’autres localités camerounaises frappées par des catastrophes, le scénario tend à se répéter : de fortes pluies, des victimes et des dégâts matériels, une descente des autorités sur le terrain, une assistance d’urgence, puis le rappel des mêmes mesures de prévention.
À chaque sinistre, le gouvernement insiste sur la nécessité de ne pas habiter les zones dangereuses, de contrôler les constructions et de respecter les règles d’urbanisme. Mais lorsque les pluies reviennent, certaines populations se retrouvent encore exposées. C’est précisément cette répétition que le ministre entend désormais combattre en insistant davantage sur l’anticipation.
Lors d’une réunion tenue avec les autorités locales, Paul Atanga Nji a appelé à renforcer les mesures destinées à empêcher de nouvelles pertes en vies humaines. Il a notamment insisté sur le respect des permis de bâtir avant toute construction et sur la nécessité de protéger les populations installées dans les zones identifiées comme dangereuses.
Des sites de relogement ont été identifiés
Des sites de relogement ont par ailleurs été identifiés à Bota Land et Moliwe pour accueillir certaines populations exposées, apprend-on. L’objectif affiché est de réduire durablement leur vulnérabilité plutôt que d’attendre le prochain épisode pluvieux pour intervenir.
La visite s’est achevée au City Hall Council de Limbe par la remise de l’assistance du couple présidentiel à plus de 500 familles affectées, selon le service de communication du ministère de l’Administration territoriale. Le dispositif comprend notamment des matelas, du savon, des seaux, du riz, des sardines, de l’huile de cuisson ainsi qu’un appui financier. Cette aide répond à une urgence immédiate.
Mais elle remet surtout en lumière une question devenue récurrente : combien de fois faudra-t-il encore secourir les mêmes populations avant que la prévention ne permette d’éviter les mêmes drames ?
À Limbe, où les pluies continuent de révéler la fragilité de certains quartiers, l’enjeu n’est donc plus seulement de venir en aide aux sinistrés après la catastrophe. Il est désormais de faire en sorte que les mêmes populations ne soient plus exposées au prochain sinistre.











